Huit jours en Corse du Sud : 43 km sur le GR20 sans le faire en entier

Montagne granitique corse dominant la mer sous un ciel dégagé

Un trek de huit jours en Corse du Sud, une portion du GR20, des villages perchés et une croisière vers Bonifacio : c’est le programme qu’a suivi l’association Barcarès Marches et Découvertes du 19 au 28 septembre. Le récit est relayé par L’Indépendant.

Le détail des chiffres mérite d’être regardé de près, parce qu’il dit quelque chose d’utile sur ce que « faire le GR20 » signifie réellement.

Ce que le groupe a réellement parcouru

Sur un séjour de huit jours, le groupe a parcouru 43 kilomètres sur le GR20, avec un dénivelé positif total de 1 427 mètres. À titre de comparaison, le GR20 complet, qui traverse la Corse du nord au sud, s’étend sur un linéaire nettement supérieur, généralement parcouru en une quinzaine de jours par les randonneurs qui l’enchaînent intégralement.

Autrement dit, l’association a parcouru une portion du GR20, pas son intégralité. Et ce n’est pas un détail secondaire pour un lecteur qui cherche à se faire une idée de la difficulté réelle de l’itinéraire : ce sont deux projets très différents.

Le reste du séjour s’est organisé ainsi :

Le choix d’un hébergement unique, avec des déplacements quotidiens, change complètement la nature du trek. On ne porte pas son sac toute la journée, on revient dormir au même endroit, et on explore le secteur en étoile. C’est une formule accessible, mais ce n’est pas de l’itinérance. Notre dossier sur randonner en Corse détaille les différences entre les deux approches.

Les sites traversés

Le programme a fait la part belle aux sites emblématiques du sud de l’île, et la liste donne une bonne base pour construire un itinéraire similaire.

Le dernier jour, le groupe a rejoint la partie orientale de l’île par Corte, avant de gagner Bastia pour l’embarquement. C’est une organisation classique sur les séjours en Corse du Sud : on remonte vers le nord en fin de séjour, en profitant de la traversée pour découvrir l’intérieur de l’île.

Le secteur de Bavella reste le point fort du programme. C’est là que se concentre l’essentiel de l’intérêt géologique de la région, avec des aiguilles granitiques qui dominent la vallée. Nos repères pour aborder un itinéraire exposé quand on craint le vertige sont utiles sur certaines portions, où le sentier s’approche de passages aériens.

Pourquoi ce format séduit autant

Le modèle adopté par l’association repose sur trois choix qui reviennent systématiquement dans les treks organisés réussis.

Le premier est la base fixe. Louer neuf chalets au même endroit évite de démonter une tente chaque matin, et réduit drastiquement la logistique à gérer. L’inconvénient est le temps passé en déplacements, l’avantage est le confort et la prévisibilité.

Le deuxième est le mixité des activités. Une croisière au milieu du séjour casse la monotonie et repose les jambes. Ce n’est pas anodin sur une semaine complète : la journée de repos actif est souvent ce qui permet de tenir le rythme.

Le troisième est le niveau calibré. Avec 43 kilomètres et 1 427 mètres de dénivelé positif sur huit jours, on est loin des exigences du GR20 en itinérance intégrale. Le programme est accessible à des marcheurs réguliers, sans préparation extrême.

Cette progressivité est exactement ce que recommande notre dossier sur le premier trek, qui insiste sur l’erreur classique du débutant : viser trop long trop vite.

Ce qu’il faudrait anticiper pour le GR20 complet

Si le séjour corse fait naître l’envie de faire l’intégralité du GR20, quelques différences majeures doivent être prises en compte. Elles n’ont rien à voir avec la portion parcourue par le groupe.

Notre dossier sur la vie en refuge détaille les règles de réservation et de cohabitation, et notre article sur la préparation de menus de trek aide à calibrer le poids et l’apport énergétique, deux facteurs souvent sous-estimés.

La leçon utile pour un projet de trek

Le récit de ce séjour corse illustre une approche rarement explicitée : on peut découvrir un grand itinéraire sans le faire intégralement, et ce n’est pas une demi-mesure.

Trois bénéfices concrets à cette méthode :

Cette logique s’applique à beaucoup d’itinéraires mythiques. Faire une portion de la Haute Route, du Kungsleden ou du Pacific Crest Trail reste une expérience pleine, à condition d’assumer qu’il s’agit d’une portion. Notre sélection des plus beaux treks du monde et notre dossier sur les plus longs treks permettent de mesurer l’écart entre un séjour d’une semaine et une itinérance de plusieurs mois.

Et pour ceux qui envisagent un trek plus modeste avant de viser plus haut, notre article sur le trek de week-end propose un premier format réaliste, avec les mêmes questions à se poser en miniature.

L’idée à retenir

Du 19 au 28 septembre, l’association Barcarès Marches et Découvertes a passé huit jours en Corse du Sud, avec neuf chalets à Porto-Vecchio comme base, 43 kilomètres parcourus sur le GR20 et 1 427 mètres de dénivelé positif cumulé. Au programme : les Aiguilles de Bavella et le Trou de la Bombe, la vallée du Cavu, la boucle de l’Ermitage de la Trinité au Capo di Feno, la cascade de Piscia di Gallu et une croisière vers Bonifacio. Il faut le dire clairement : il s’agit d’une portion du GR20, pas de l’intégralité de l’itinéraire, dont la traversée complète demande environ quinze jours en itinérance. Et c’est précisément ce qui rend cette formule intéressante : on découvre le meilleur du secteur sans avoir à porter son sac tous les jours.

Questions fréquentes

Le GR20 complet dure combien de temps ?

La plupart des randonneurs le parcourent en une quinzaine de jours, en itinérance avec nuit en refuge ou en bivouac. Le séjour décrit ici ne concernait qu’une portion de l’itinéraire, sur 43 kilomètres.

Peut-on faire le GR20 sans expérience de la haute montagne ?

Une portion bien choisie est accessible à des marcheurs réguliers. La traversée intégrale demande en revanche une réelle expérience de l’itinérance, de bonnes capacités physiques et une préparation spécifique au dénivelé et à l’exposition.

Faut-il réserver les refuges du GR20 ?

Oui, fortement recommandé. Les places sont limitées et la demande élevée en saison. Une réservation anticipée évite de devoir improviser un bivouac dans un secteur exposé.

Quelles randonnées faire en Corse du Sud si l’on a peu de temps ?

Le secteur de Bavella, la vallée du Cavu depuis Zonza et la cascade de Piscia di Gallu constituent une base solide pour quelques jours, avec des durées variées et un patrimoine naturel remarquable.

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