Pourquoi choisir la Norvège pour une croisière ?
La croisière en Norvège est la plus spectaculaire d’Europe du Nord, et pour une raison simple : le bateau ne longe pas une côte, il entre dans les fjords. Ces vallées noyées, creusées par les glaciers, font parfois plus de 1 000 mètres de profondeur et sont bordées de parois verticales. Aucune route ne permet de voir ce que le bateau montre.
Le trajet classique relie Bergen au Cap Nord, en remontant vers le cercle polaire. Les escales les plus fréquentes : Geiranger, Ålesund, Trondheim, les îles Lofoten et Tromsø.
Mais la Norvège a une particularité qui change tout pour un randonneur : partout où le bateau s’arrête, il y a un sentier balisé à moins de trente minutes à pied. Le pays a une culture de la marche ancrée, et le droit d’accès à la nature y est garanti par la loi.
Les fjords : ce que la croisière permet de voir
Trois fjords concentrent l’essentiel de l’intérêt.
Le Geirangerfjord, classé au patrimoine mondial, est le plus photographié : cascades des Sept Sœurs, fermes abandonnées accrochées à flanc de falaise, et un village de 250 habitants au fond de la vallée.
Le Nærøyfjord, plus étroit, est encore plus impressionnant depuis l’eau — c’est le bras le moins large de tout le réseau, et le bateau passe à quelques dizaines de mètres des parois.
Le Lysefjord, au sud de Bergen, abrite deux sites que tout randonneur connaît : le Preikestolen (le « rocher de la chaire ») et le Kjeragbolten, ce bloc coincé entre deux parois à 1 000 mètres au-dessus du vide.
Les randonnées à faire pendant cette croisière
C’est ici que la Norvège se distingue de tous les autres itinéraires de ce guide.
Kjeragbolten — la randonnée mythique des fjords
Point culminant absolu du voyage pour un randonneur. Le sentier part de la route 500, au fond du Lysefjord, et monte jusqu’au bloc suspendu. Comptez 5 à 6 heures aller-retour, avec un dénivelé de près de 600 mètres sur des rochers polis.
Ce n’est pas une marche facile : le terrain est glissant par temps humide et les passages équipés de chaînes obligent à se hisser. Mais l’arrivée est l’un des paysages les plus forts d’Europe.
Notre article détaillé sur Kjeragbolten décrit le sentier étape par étape.
Preikestolen — la randonnée accessible
Beaucoup plus simple : 2 heures de montée régulière pour atteindre une plateforme naturelle de 25 mètres sur 25, suspendue à 604 mètres au-dessus du fjord. Le sentier est aménagé et fréquenté — partez tôt le matin pour l’avoir presque à vous.
La vue plongeante sur le Lysefjord, depuis le haut, est exactement le paysage que la croisière vous a montré depuis le bateau. La voir d’en haut change l’échelle.
Geiranger — le sentier des fermes de Skageflå
Depuis le village de Geiranger, un sentier grimpe vers les fermes de Skageflå, abandonnées au début du XXe siècle, accrochées à 250 mètres au-dessus du fjord. Comptez 3 à 4 heures aller-retour.
C’est la randonnée la plus commode depuis une escale de croisière : le départ est dans le village même. Si votre bateau reste peu de temps, c’est celle à choisir.
Les îles Lofoten — le sentier de Reinebringen
Si votre itinéraire monte jusqu’aux Lofoten, ne manquez pas le Reinebringen. Le sentier a été refait en escaliers de pierre : 1 978 marches, 450 mètres de dénivelé, environ 2 heures aller-retour.
La vue au sommet, sur les villages de pêcheurs de Reine et le labyrinthe de fjords, est souvent citée comme la plus belle de Norvège.
Pour d’autres idées dans le pays, notre article sur les fjords norvégiens à pied complète bien ce guide.
Quand partir
La saison des croisières norvégiennes s’étend de mai à septembre. Deux périodes se détachent.
Juin : c’est le mois du soleil de minuit au nord du cercle polaire, et les sentiers sont praticables de jour comme de nuit. C’est aussi le mois le plus sec sur la côte ouest.
Septembre : moins de bateaux, des prix plus bas, et les couleurs d’automne commencent sur les versants. En contrepartie, la pluie devient plus fréquente et les jours raccourcissent.
À éviter : juillet et août sur les sites les plus connus (Preikestolen, Kjerag) où la fréquentation atteint son maximum.
Ce qu’il faut emporter
- Chaussures de randonnée montantes — indispensable sur le Kjerag et le Reinebringen, où le terrain est rocheux et glissant. Les chaussures basses ne suffisent pas.
- Veste imperméable respirante — la pluie peut tomber à n’importe quelle heure, même en juin.
- Une couche chaude — au-dessus de 600 mètres, la température chute vite, même en été.
- Bâtons de marche — utiles pour les descentes sur rocher poli.
- De l’eau en quantité — peu de points d’eau sur le Kjerag.
Inutile d’emporter une tente ou du matériel de bivouac : vous dormez à bord chaque soir.
Questions fréquentes
Peut-on faire Kjeragbolten et Preikestolen pendant la même croisière ?
Techniquement oui, mais rarement sur la même escale : les deux départs sont éloignés de plusieurs heures de route. La plupart des itinéraires proposent une escale au Lysefjord qui permet l’un des deux, pas les deux le même jour.
Les norvégiens marchent-ils vraiment partout ?
Oui, et c’est encadré par la loi : le allemannsretten (droit d’accès à la nature) autorise la marche sur les terrains non cultivés, y compris privés, à condition de respecter les cultures et de ne rien laisser derrière soi.
Quel niveau faut-il pour ces randonnées ?
Preikestolen et les fermes de Skageflå sont accessibles à toute personne qui marche régulièrement. Kjeragbolten et Reinebringen demandent en revanche une bonne condition physique et le pied sûr : ce ne sont pas des balades.
Ce qu’il faut retenir
La croisière en Norvège est, de tous les itinéraires de ce guide, celui qui offre le meilleur rapport entre ce que le bateau montre et ce que les sentiers permettent d’atteindre. Les fjords se voient depuis l’eau, mais ils se comprennent depuis les crêtes.
Les trois randonnées à ne pas manquer : Kjeragbolten pour l’intensité, Preikestolen pour la vue, Reinebringen si vous montez jusqu’aux Lofoten.





