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Dordogne : les gorges de l’Auvézère ferment leurs sentiers, des pierres encore à 200 °C

Arnaud Houde par Arnaud Houde
Publié le 25 septembre 2026
Lecture 5 min
Sentier barré dans une gorge calcaire brûlée par un incendie en Dordogne

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Depuis mardi 22 septembre, les sentiers des gorges de l’Auvézère sont interdits au public à Saint-Mesmin, en Dordogne. En cause, l’incendie qui a ravagé 2,5 hectares de végétation quelques jours plus tôt. Pour le maire de la commune, Guy Bouchaud, la situation ne souffre aucune ambiguïté : « Pour le moment, les sentiers de randonnée sont une zone de danger. » Le détail le plus surprenant concerne les pierres, encore brûlantes par endroits, qui peuvent monter jusqu’à 200 degrés et exploser.

L’information, rapportée par Sud Ouest, rappelle une réalité souvent sous-estimée : après un incendie, le danger ne s’arrête pas à l’extinction des flammes. Pour les randonneurs, la fermeture n’est pas une contrainte administrative, c’est une mesure de sécurité.

Deux à trois semaines de fermeture minimum

La décision est entrée en vigueur le mardi 22 septembre. L’accès, la circulation et la simple présence du public sont désormais interdits sur les sentiers, espaces naturels et forestiers des gorges de l’Auvézère, sur un périmètre allant du Moulin de Saint-Mesmin à la passerelle du Saut-Ruban.

La levée de cette interdiction n’est pas encore programmée. Selon le maire, la fermeture devrait durer deux à trois semaines, le temps que le secteur soit sécurisé et que les pompiers valident une réouverture. Aucune date ferme n’est donc annoncée, et elle dépendra de l’état réel du terrain.

Pour les randonneurs qui avaient prévu une sortie dans le secteur, la consigne est claire : reporter, et ne pas tenter de passer par des accès secondaires. Le périmètre fermé couvre l’ensemble des espaces naturels et forestiers concernés, pas seulement le sentier principal.

Pourquoi des pierres peuvent encore exploser

C’est le point le plus contre-intuitif de cette affaire, et probablement le plus important à comprendre. Dans les zones touchées par les flammes, certaines pierres sont encore très chaudes plusieurs jours après l’extinction. Elles peuvent atteindre jusqu’à 200 degrés et éclater.

Le phénomène s’explique par la nature du sol calcaire et par la manière dont la chaleur s’accumule dans la roche. Une pierre chauffée en surface peut conserver une température élevée à cœur pendant longtemps, surtout lorsqu’elle est enfouie ou protégée par des cendres. Le choc thermique, par exemple lors d’une averse ou au contact d’un appui, peut provoquer un éclatement brutal.

Pour un randonneur, cela implique plusieurs risques concrets :

  • une brûlure au contact d’une pierre ou d’un sol encore chaud ;
  • des projections en cas d’éclatement, potentiellement au visage ;
  • un sol instable, fragilisé par la disparition de la végétation et des racines ;
  • des chutes de branches et d’arbres morts, dont les racines ont été endommagées.

Ces risques justifient à eux seuls de respecter strictement la fermeture, même si le paysage semble calme et que la fumée a disparu.

L’origine du feu : un feu de campeurs mal éteint

L’enquête de la gendarmerie a confirmé le caractère accidentel de l’incendie. Selon le maire, deux campeurs auraient allumé un feu entre 18 heures et 19 heures avant de mal l’éteindre.

Le sinistre s’était déclaré le dimanche 20 septembre, aux alentours de 21 h 30, au lieu-dit Les Fontanelles, au bord de l’Auvézère. Il aura donc fallu plusieurs heures entre l’allumage du feu et le départ des flammes, ce qui illustre la lenteur avec laquelle un foyer mal éteint peut se réactiver.

Le bilan matériel et humain de l’intervention donne la mesure de l’événement :

  • 2,5 hectares de végétation brûlés ;
  • une quarantaine de pompiers mobilisés ;
  • deux citernes engagées ;
  • des drones pour la reconnaissance ;
  • deux avions bombardiers d’eau.

Le feu a été éteint le mardi matin. La végétation a payé le prix d’un geste banal, commis sans intention de nuire.

Ce que ça rappelle sur le feu en bivouac

Ce type d’accident n’est pas isolé, et il concerne directement les pratiques de bivouac. En France, le feu au sol est interdit dans la plupart des massifs, et de nombreux arrêtés locaux renforcent cette règle en période de sécheresse. Les étés successifs ont rendu la végétation plus inflammable, y compris dans des zones qu’on croyait humides.

Nos repères sur la cuisine en bivouac et l’usage du feu de camp détaillent les alternatives sûres, et notre dossier sur la réglementation du camping sauvage précise ce qui est autorisé selon les territoires. Avant de partir, mieux vaut également savoir quelles zones alpines sont interdites au bivouac, car les règles varient fortement d’un massif à l’autre.

Le feu mal éteint est la première cause d’incendie d’origine humaine en zone naturelle. Un foyer qui semble éteint peut couver sous la cendre pendant des heures et repartir au moindre souffle de vent. L’eau seule ne suffit pas toujours : il faut noyer, remuer, noyer à nouveau, puis vérifier à la main que plus rien n’est chaud.

Le contexte plus large des fermetures de sentiers

Cette fermeture s’inscrit dans une tendance plus large. De plus en plus d’itinéraires subissent des fermetures temporaires, pour des raisons variées : incendies, éboulements, crues, travaux de sécurisation, ou simplement dégradation liée à la fréquentation.

Le site des gorges de l’Auvézère est un secteur calcaire très fréquenté l’été, apprécié pour ses eaux turquoise et ses parcours de baignade. La disparition temporaire de l’accès aura un impact sur la saison locale et sur les randonneurs, mais elle est la condition d’une réouverture durable. Notre dossier sur les sentiers de randonnée dangereux revient sur ces situations où la prudence impose de renoncer à une sortie.

L’idée à retenir

Après un incendie, un sentier fermé n’est pas un sentier « à éviter par politesse ». C’est une zone où le sol peut rester brûlant, où des pierres peuvent éclater et où les arbres morts menacent. À Saint-Mesmin, la fermeture devrait durer deux à trois semaines, le temps de sécuriser le secteur. Pour les randonneurs, la bonne réaction est simple : changer de programme, et vérifier l’état des sentiers auprès de la mairie ou de l’office de tourisme avant de se déplacer. Et en bivouac, un feu mal éteint reste la cause évitable par excellence.

Questions fréquentes

Quels sentiers sont concernés par la fermeture ?

Les sentiers, espaces naturels et forestiers des gorges de l’Auvézère à Saint-Mesmin, entre le Moulin de Saint-Mesmin et la passerelle du Saut-Ruban.

Combien de temps va durer l’interdiction ?

Deux à trois semaines selon le maire, le temps de sécuriser les lieux et d’obtenir la validation des pompiers. Aucune date ferme n’a été communiquée.

Pourquoi interdire l’accès alors que le feu est éteint ?

Parce que certaines pierres atteignent encore 200 degrés et peuvent exploser, et parce que le sol ainsi que les arbres sont fragilisés. Le danger persiste bien après l’extinction.

Le feu était-il d’origine naturelle ?

Non. L’enquête de la gendarmerie a confirmé une origine accidentelle : deux campeurs auraient allumé un feu en fin de journée et l’auraient mal éteint.

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Arnaud Houde

Passionné d’activités de plein-air et d’aventures, la randonnée a été pour moi une révélation il y a quelques années, raison pour laquelle j'ai décidé de lancer mapetiterando.fr afin de partager et faire découvrir au plus grand nombre la pratique de la randonnée.

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