35 000 randonneurs européens ont tranché : les Dolomites du Tyrol du Sud remportent le Trekking Award 2026 du magazine allemand Trekking, dans la catégorie meilleure région de randonnée en Europe.
Des sentiers pour débutants aux Alta Via multi-jours, en passant par les rifugi où l’on mange des canederli avec vue sur des parois à 3 000 mètres, le verdict est difficile à contester. Si vous aimez déjà les 3000 accessibles en rando, ce coin d’Italie va vous faire de l’effet.
Un vote de 35 000 lecteurs, pas un jury de communicants
Le magazine allemand Trekking organise chaque année ses Trekking Awards, et la crédibilité du résultat tient à sa méthode : ce sont les lecteurs qui votent, pas un comité de rédaction ni un office du tourisme. Cette année, 35 000 bulletins ont été dépouillés. Dans la catégorie « meilleure région de randonnée hors Allemagne/Autriche », les Dolomites du Tyrol du Sud ont décroché la première place. Ce n’est pas la première fois que ce massif finit en tête de classements européens, ce qui dit quelque chose sur sa régularité, pas seulement sur son marketing.
Pour mémoire, il y a quelques semaines, une randonnée écossaise avait été élue la plus belle d’Europe dans un autre palmarès. Les deux verdicts ne sont pas contradictoires : ils disent simplement que l’Europe dispose d’une diversité de terrains extraordinaire, et que les Dolomites occupent une case à part dans l’imaginaire des marcheurs du continent.
Ce qui fait vraiment la différence dans les Dolomites
Le résumé du Trekking Award cite plusieurs caractéristiques qui ont pesé dans le vote des lecteurs. Voici ce qui revient systématiquement dans les retours de randonneurs :
Les sommets et la roche
Les Dolomites ne ressemblent à aucune autre partie des Alpes. Leurs tours de calcaire pâle prennent des teintes roses au coucher du soleil, un phénomène que les locaux appellent l’enrosadira. Des massifs comme les Tre Cime di Lavaredo ou le groupe du Sella sont devenus des références absolues en randonnée européenne : parois verticales franches, éboulis immenses, arêtes longues et aériennes qui donnent une vraie sensation d’altitude même sur des itinéraires balisés.
Les alpages et les hauts plateaux
Sous les parois, le terrain change complètement. L’Alpe di Siusi (Seiser Alm) est l’un des plus grands alpages d’altitude d’Europe : prairies ouvertes, fermes en bois, vaches qui paissent, sentiers bien tracés qui n’exigent aucune compétence en alpinisme pour offrir des panoramas à 360 degrés. C’est là que beaucoup de randonneurs réalisent que les Dolomites ne sont pas réservées aux montagnards aguerris.
Les rifugi, entre culture autrichienne et italienne
Les refuges de montagne des Dolomites, les rifugi en italien ou Almhütten en allemand, font partie intégrante de l’expérience. Le Tyrol du Sud est officiellement bilingue, et les cartes des refuges le reflètent : on y mange des canederli (boulettes de pain typiques de la région), de l’apfelstrudel qui rappelle l’héritage autrichien, et l’on descend ça avec un blanc du Tyrol du Sud ou une bière locale bien fraîche. Ce mélange de culture alpine germanique et de dolce vita italienne est unique dans tout l’arc alpin.
Une amplitude de niveau sans équivalent
C’est peut-être l’argument le plus solide pour expliquer le vote. Les Dolomites proposent à la fois des circuits panoramiques circulaires bien signalisés, accessibles aux familles grâce aux télécabines, dans des vallées comme le Val Gardena ou l’Alta Badia, et des itinéraires multi-jours d’Alta Via avec des dénivelés positifs importants et des sections isolées qui testent vraiment l’endurance. Le réseau de via ferrata est par ailleurs l’un des plus étendus d’Europe pour les randonneurs équipés et formés à ce type de terrain.
Quand y aller et où se poser
La saison de randonnée principale court de fin mai/début juin à fin septembre. Juillet et août offrent la météo la plus stable, mais les sentiers populaires sont aussi les plus chargés sur cette période. La neige peut rester sur les itinéraires d’altitude, notamment sur certaines sections des Alta Via, bien après le début de l’été. La plupart des rifugi ouvrent entre mi-juin et fin septembre, et il vaut mieux vérifier les dates précises de chaque refuge avant de planifier une traversée.
Pour choisir une base, tout dépend du programme. Le Val Gardena donne accès à des décors spectaculaires avec de nombreuses remontées mécaniques. L’Alta Badia est légèrement plus calme, avec d’excellents itinéraires de hut-to-hut. La Val Pusteria (Pustertal) est idéale pour rayonner vers les Tre Cime di Lavaredo et les Dolomites orientales. Ceux qui préfèrent une ville avec de la vie le soir s’installent à Bolzano, capitale du Tyrol du Sud, à une heure des principaux massifs.




