National Geographic a tranché : la plus belle randonnée d’Europe ne se trouve ni dans les Dolomites ni sur les sentiers pyrénéens, mais dans les Highlands écossais, sur les pentes du Mullach Coire Mhic Fhearchair.
Un sommet peu connu, dans une région où les routes se vident et où la montagne redevient vraiment sauvage. Si tu cherches un trek hors des sentiers balisés à la craie rouge, celui-là mérite une place dans ton carnet. Pour comparer avec d’autres grands itinéraires sauvages, le High Scardus Trail dans les Balkans offre une autre idée de ce que « wilderness » veut dire en Europe.
Un sommet au bout du monde, dans le Wester Ross
Le Mullach Coire Mhic Fhearchair se trouve dans le Wester Ross, une région du nord-ouest de l’Écosse que beaucoup de randonneurs européens ne savent même pas placer sur une carte. C’est justement là que réside l’essentiel de son charme. La montagne fait partie de la réserve naturelle nationale de Beinn Eighe, la plus ancienne réserve naturelle de Grande-Bretagne, classée pour ses forêts de pins anciens, ses chaos de quartzite blanc et ses zones humides intactes.
Pour y accéder, il faut déjà s’armer de patience. Les routes rétrécissent à mesure qu’on avance vers l’ouest, les villages deviennent plus rares, et le sentiment d’entrer dans quelque chose d’intact s’installe progressivement. Pas de télécabine, pas de café en haut, pas de panneau publicitaire. Juste le vent, les oiseaux et les nuages qui changent de forme toutes les dix minutes.
Le massif des Torridon Hills, qui encadre le secteur, est l’un des reliefs les plus rugueux et les plus vieux des îles Britanniques. Certaines des roches ici ont plus de 750 millions d’années. Marcher dessus, c’est littéralement fouler quelque chose de presque préhistorique.
Ce que la randonnée a de si particulier
Ce qui distingue Mullach Coire Mhic Fhearchair des autres candidats au titre de « plus belle rando d’Europe », ce n’est pas un panorama unique à 360 degrés ou un lac turquoise en fond de cirque. C’est une accumulation de sensations qui se construisent tout au long du tracé : le silence progressif à mesure qu’on monte, la météo qui joue son propre scénario, la texture du terrain qui change constamment entre landes, pierriers et crêtes de quartzite blanc.
National Geographic a justement mis en avant ce caractère « non domestiqué » du lieu. Là où de nombreux sentiers européens populaires ont été aménagés, sécurisés, jalonnés de points de ravitaillement et de belvédères aménagés, Mullach Coire Mhic Fhearchair reste brut. On y marche entouré de forêts de pins anciens, de pentes rocheuses et d’une étendue sauvage qui ne ressemble à rien d’autre en Europe de l’ouest.
Pourquoi ce classement National Geographic fait sens
Il ne manque pas de classements de randonnées en Europe, et beaucoup reviennent toujours sur les mêmes noms : GR 20 en Corse, Tour du Mont-Blanc, sentiers des Dolomites. Ces itinéraires sont magnifiques, mais ils sont aussi devenus très fréquentés. Certains tronçons du TMB, en plein été, ressemblent davantage à une procession qu’à une échappée en montagne.
Mullach Coire Mhic Fhearchair coche des cases différentes. Il propose une solitude réelle, un terrain exigeant sans être extrême, et une nature qui ne se laisse pas apprivoiser facilement. C’est exactement le genre de randonnée que les amateurs confirmés cherchent quand ils en ont assez des sentiers-autoroutes. Si tu as déjà eu envie de décrire ta randonnée idéale et qu’on te génère un itinéraire sur mesure, tu décrirais probablement quelque chose qui ressemble à ça.
Remettre la couronne de « plus belle randonnée d’Europe » à un sommet écossais méconnu du Wester Ross, c’est un choix qui dit quelque chose d’important sur ce que les randonneurs cherchent réellement : de la vraie nature, de la vraie solitude et la certitude de rentrer avec quelque chose que personne d’autre n’a photographié exactement comme toi ce jour-là.





