Le Galdhøpiggen, point culminant de la Norvège et de l’Europe du Nord, domine fièrement le parc national de Jotunheimen du haut de ses 2469 mètres.
Ce géant de pierre marque le début d’une aventure unique à travers les sommets escarpés, les vallées glaciaires et les fjords majestueux qui façonnent le paysage norvégien.
Sur ces terres forgées par les glaces, les randonneurs s’élancent sur des sentiers millénaires, témoins silencieux d’une histoire géologique fascinante et d’une culture montagnarde profondément ancrée.
Entre le célèbre trek de Besseggen, avec son arête vertigineuse surplombant deux lacs aux couleurs contrastées, et les sentiers sauvages du Hardangervidda, plus grand plateau d’Europe, s’étend un réseau de 20 000 kilomètres de chemins balisés.
Ces parcours offrent une immersion totale dans une nature préservée, où le silence n’est rompu que par le cri d’un lagopède alpin ou le ruissellement d’un torrent glaciaire.
La vallée d’Aurlandsdalen : 20 kilomètres au cœur du « Grand Canyon norvégien »
Surnommée le « Grand Canyon de Norvège », la vallée d’Aurlandsdalen offre une randonnée spectaculaire de 20 kilomètres entre Østerbø et Vassbygdi.
Ce parcours, jalonné de gorges profondes et de cascades tumultueuses, traverse un paysage sculpté par des millénaires d’érosion glaciaire.
Le sentier serpente entre des parois rocheuses vertigineuses, offrant des panoramas à couper le souffle sur les sommets environnants et les eaux turquoise des fjords en contrebas.
L’itinéraire débute en douceur le long de la rivière Aurland et du lac Vetlavatnet, avant de se scinder en deux options
. Les randonneurs aguerris peuvent emprunter le célèbre passage de Bjørnstigen, une montée escarpée récompensée par des vues aériennes spectaculaires sur le Sognefjord.
Les moins téméraires opteront pour le chemin longeant la rivière, alternant zones rocheuses et sections plus faciles.
Bjørnstigen : 300 mètres de dénivelé pour une vue imprenable sur le Sognefjord
Le passage de Bjørnstigen représente le défi technique majeur de la randonnée d’Aurlandsdalen.
Cette section escarpée de 300 mètres de dénivelé positif met à l’épreuve les mollets et le sens de l’équilibre des randonneurs. Le sentier, taillé à même la roche, offre une ascension vertigineuse le long de la paroi.
Des chaînes et des marches métalliques sécurisent les passages les plus exposés, mais une bonne condition physique et l’absence de vertige restent nécessaires.
L’effort est largement récompensé par un panorama époustouflant sur le Sognefjord, le « roi des fjords ».
Du haut de Bjørnstigen, le regard embrasse l’immensité du fjord, ses eaux d’un bleu profond contrastant avec le vert des forêts et le gris des falaises.
Par temps clair, on peut apercevoir les sommets enneigés du Jotunheimen à l’horizon, rappelant la diversité des paysages norvégiens.
« La première fois que j’ai gravi Bjørnstigen, j’ai eu l’impression de marcher sur le toit du monde. Le Sognefjord s’étendait à perte de vue, comme une mer intérieure bordée de géants de pierre. C’est à ce moment-là que j’ai compris pourquoi on appelle cette région le ‘Grand Canyon norvégien’. »
Les fermes ancestrales : témoins silencieux d’un mode de vie révolu
Le long du parcours, les randonneurs croisent les vestiges de plusieurs fermes anciennes, témoignages poignants de la vie rude des montagnards norvégiens d’antan.
Ces bâtisses en pierre et en bois, parfaitement intégrées au paysage, racontent l’histoire d’une agriculture de subsistance dans un environnement hostile.
Certaines fermes, comme celle de Sinjarheim, ont été restaurées et offrent un aperçu fascinant du quotidien des familles qui vivaient ici, isolées du monde extérieur pendant de longs mois d’hiver.
Ces fermes servaient également de points d’étape sur les anciennes routes de transhumance et de commerce. Les sentiers empruntés aujourd’hui par les randonneurs sont les mêmes que ceux utilisés pendant des siècles par les bergers et les marchands, transportant bétail et marchandises entre les vallées et les villages côtiers.
Chaque pierre du chemin raconte une histoire de persévérance et d’adaptation à un environnement exigeant.
La faune norvégienne : à la rencontre des seigneurs de la toundra
La randonnée dans les montagnes norvégiennes offre des opportunités uniques d’observation de la faune sauvage. Les vastes étendues du Hardangervidda abritent la plus grande population de rennes sauvages d’Europe.
Ces animaux majestueux, parfaitement adaptés au climat rude, peuvent être aperçus en troupeaux, broutant la végétation rase de la toundra. Leur présence rappelle l’importance de ces grands herbivores dans l’écosystème alpin et dans la culture sami traditionnelle.
Les randonneurs attentifs pourront également repérer le lagopède alpin, cet oiseau emblématique dont le plumage change de couleur selon les saisons pour se fondre dans le paysage.
Les plus chanceux auront peut-être la chance d’apercevoir un aigle royal planant au-dessus des crêtes, ou les traces discrètes d’un glouton, ce mustélidé rare et farouche des régions arctiques.
Les refuges DNT : confort et convivialité au cœur de la nature sauvage
Le réseau de refuges gérés par la DNT (Den Norske Turistforening) est un atout majeur pour les randonneurs en Norvège. Ces abris, stratégiquement situés le long des principaux itinéraires, offrent un confort bienvenu après une journée de marche.
Le refuge de Gjendesheim, point de départ du célèbre trek de Besseggen, est un exemple parfait de ces havres de paix en pleine nature. Équipés de dortoirs confortables, de cuisines communes et parfois même de saunas, ces refuges permettent aux randonneurs de se reposer et de se ressourcer dans une ambiance chaleureuse et conviviale.
Les gardiens de refuge, véritables encyclopédies vivantes de la montagne, partagent volontiers leurs connaissances sur la région, les conditions météorologiques et les itinéraires. Les soirées dans ces refuges sont souvent l’occasion d’échanges enrichissants entre randonneurs du monde entier, autour d’un bon repas traditionnel comme le fameux fårikål, ce ragoût de mouton et de chou qui réchauffe les corps et les cœurs.
Fårikål et myrtilles : les saveurs authentiques de la montagne norvégienne
La randonnée en Norvège est aussi une expérience gustative unique. Le fårikål, plat national norvégien, trouve ses origines dans les traditions culinaires montagnardes. Ce ragoût simple mais savoureux, préparé avec du mouton, du chou, du poivre noir et peu d’autres ingrédients, reflète parfaitement l’art de tirer le meilleur de ressources limitées.
Déguster un fårikål dans un refuge de montagne après une journée de marche est une expérience authentique qui connecte le randonneur à des siècles de tradition culinaire.
En été, les pentes des montagnes se parent de tapis de myrtilles sauvages.
La cueillette de ces petits fruits sucrés est un plaisir simple mais intense, offrant une pause rafraîchissante pendant la randonnée. Ces myrtilles, gorgées de soleil et de nutriments, sont non seulement délicieuses mais aussi riches en antioxydants, fournissant une énergie naturelle bienvenue pour affronter les dénivelés.
Météo capricieuse : quand le défi renforce l’aventure
La météo en montagne norvégienne est réputée pour son imprévisibilité. En l’espace de quelques heures, un ciel bleu azur peut laisser place à un épais brouillard ou à une averse soudaine. Cette variabilité météorologique, loin d’être un inconvénient, ajoute une dimension d’aventure et de défi à la randonnée.
Elle exige des randonneurs une préparation minutieuse et une capacité d’adaptation constante.
L’utilisation de l’application météo norvégienne yr.no est devenue un réflexe pour tous les randonneurs avisés. Ses prévisions, réputées pour leur fiabilité, permettent de planifier au mieux les étapes et d’anticiper les équipements nécessaires. La météo changeante offre aussi des spectacles naturels uniques : un arc-en-ciel surgissant après une averse, ou la lumière dorée du soleil perçant à travers les nuages, illuminant soudainement un paysage jusque-là plongé dans la pénombre.
« En 30 ans de randonnée dans ces montagnes, j’ai appris à ne jamais sous-estimer la météo. Un jour d’été, j’ai vu la neige tomber sur Besseggen alors que la veille, nous marchions en t-shirt. C’est ce qui rend chaque sortie unique et inoubliable. »
Besseggen : 14 kilomètres entre ciel et lacs
Le trek de Besseggen, dans le parc national de Jotunheimen, est sans conteste l’un des plus emblématiques de Norvège. Ce parcours de 14 kilomètres offre une randonnée spectaculaire entre deux lacs aux couleurs contrastées : le Gjende, d’un vert émeraude intense, et le Bessvatnet, d’un bleu profond.
Le point culminant de la randonnée est le passage sur l’arête de Besseggen, une crête étroite qui s’élève à 1743 mètres d’altitude, offrant une vue panoramique à 360 degrés sur les sommets environnants.
La randonnée débute généralement au refuge de Gjendesheim, accessible en bus depuis Oslo ou Bergen. L’ascension progressive mène les randonneurs à travers des paysages variés, des rives du lac Gjende aux plateaux rocheux balayés par les vents. Le passage de l’arête de Besseggen, bien que sécurisé, demande une certaine agilité et l’absence de vertige.
La descente vers Memurubu offre une dernière série de vues spectaculaires avant un retour possible en bateau sur le lac Gjende.
Sécurité et préparation : les clés d’une randonnée réussie
La beauté sauvage des montagnes norvégiennes s’accompagne de défis qui nécessitent une préparation minutieuse. L’équipement adapté est crucial : des chaussures de randonnée robustes, des vêtements imperméables et des couches thermiques sont indispensables, même en été. Une carte détaillée, une boussole et un GPS sont des outils essentiels pour la navigation, surtout dans les zones où le balisage peut être limité ou masqué par la neige ou le brouillard.
La connaissance des procédures de sécurité est primordiale. Le numéro d’urgence 112 doit être enregistré dans tous les téléphones, bien que la couverture réseau puisse être limitée dans certaines zones reculées. Il est fortement recommandé d’informer quelqu’un de son itinéraire et de son heure de retour prévue avant de partir en randonnée. Les randonneurs doivent également être préparés à faire face à des changements météorologiques soudains et savoir reconnaître les signes d’hypothermie ou de déshydratation.
Que nous réservent les sentiers norvégiens pour demain ?
Alors que le tourisme de randonnée en Norvège connaît un essor croissant, de nouveaux défis émergent. La préservation de ces environnements fragiles face à une fréquentation accrue devient une préoccupation majeure. Des initiatives comme le concept de « friluftsliv », qui promeut une connexion respectueuse avec la nature, gagnent en importance.
Les gestionnaires des parcs nationaux et la DNT travaillent main dans la main pour développer des pratiques de randonnée durables, alliant accessibilité et protection de l’environnement.
L’avenir des sentiers norvégiens s’annonce prometteur, avec des projets d’amélioration des infrastructures, de nouvelles technologies pour la sécurité des randonneurs, et des programmes éducatifs pour sensibiliser à la richesse et à la fragilité de ces écosystèmes uniques.
Que vous soyez un randonneur chevronné ou un novice en quête d’aventure, les montagnes norvégiennes vous attendent, prêtes à dévoiler leurs secrets à ceux qui savent les écouter et les respecter.
Pour approfondir vos connaissances sur la randonnée et vous préparer au mieux à cette aventure norvégienne, n’hésitez pas à consulter nos guides sur la randonnée en solo, le choix d’un GPS de randonnée, ou encore les spécificités de la randonnée nocturne.
Ces ressources vous aideront à affiner votre préparation et à tirer le meilleur de votre expérience dans les majestueuses montagnes de Norvège.







Peut-on avoir les tracés gpx de ces randonnées,s’il vous plaît ?