300 kilomètres. C’est la distance que parcourt le GR 736, reliant le majestueux Mont Lozère à la cité albigeoise.
Ce sentier, homologué en 2021, traverse trois départements emblématiques du sud de la France : la Lozère, l’Aveyron et le Tarn.
Dès les premiers pas, le randonneur est plongé dans un paysage où chaque pierre raconte une histoire millénaire.
Des statues-menhirs mystérieuses aux bastides médiévales, en passant par les vallées sculptées par le temps, le GR 736 offre un voyage à travers les époques, ponctué de panoramas à couper le souffle et de rencontres authentiques.
Du Mont Lozère à Millau : les prémices d’une épopée pastorale
Le GR 736 débute son parcours au pied du Mont Lozère, point culminant du Parc national des Cévennes à 1699 mètres d’altitude.
Les premiers kilomètres offrent une immersion dans les paysages granitiques et les landes d’altitude.
Le sentier serpente entre les chaos rocheux, témoins silencieux de l’ère glaciaire, avant de plonger dans les vallées verdoyantes.
Après environ 50 kilomètres, le randonneur atteint Florac, porte d’entrée des Gorges du Tarn. C’est ici que le paysage commence à changer, annonçant les reliefs calcaires des Grands Causses.
Le chemin longe ensuite la rivière Tarn, offrant des vues spectaculaires sur les falaises abruptes et les villages perchés.
Faune et flore : un écosystème préservé
Cette première partie du GR 736 traverse des zones de biodiversité exceptionnelle.
Les randonneurs attentifs pourront observer des espèces emblématiques comme le vautour fauve, réintroduit avec succès dans les années 1980.
La flore n’est pas en reste, avec des espèces endémiques comme l’Adonis des Cévennes qui fleurit au printemps.
« Chaque saison apporte son lot de surprises sur ce sentier. Au printemps, c’est une explosion de couleurs avec les orchidées sauvages. En automne, le brame du cerf résonne dans les vallées. C’est un véritable théâtre naturel qui se joue tout au long de l’année. »
– Marie Duplantier, garde-monitrice du Parc national des Cévennes
Millau et son viaduc : quand l’histoire rencontre l’innovation
Après environ 150 kilomètres de randonnée, le GR 736 atteint Millau, ville emblématique de l’Aveyron.
C’est ici que le randonneur peut admirer l’un des ouvrages d’art les plus impressionnants d’Europe : le Viaduc de Millau.
Conçu par l’architecte Norman Foster, ce pont haubané culmine à 343 mètres, faisant de lui le plus haut pont du monde.
Le sentier offre plusieurs points de vue exceptionnels sur le viaduc, notamment depuis les hauteurs du Causse du Larzac. Ces panoramas permettent d’apprécier l’intégration harmonieuse de cette structure moderne dans un paysage millénaire.
Un défi technique pour les randonneurs
La section autour de Millau présente quelques défis techniques pour les randonneurs.
Le dénivelé peut atteindre 800 mètres sur certains tronçons, notamment lors de l’ascension vers le plateau du Larzac.
Il est recommandé d’être bien équipé et de prévoir suffisamment d’eau, surtout en été où les températures peuvent dépasser les 30°C.
Roquefort-sur-Soulzon : au cœur des traditions fromagères
À environ 25 kilomètres au sud de Millau, le GR 736 passe par Roquefort-sur-Soulzon, berceau du célèbre fromage bleu.
Ce village, perché sur la falaise du Combalou, offre une plongée fascinante dans l’histoire et les traditions fromagères de la région.
Les randonneurs peuvent visiter les caves d’affinage creusées dans la roche, où le Roquefort acquiert ses saveurs uniques grâce au Penicillium roqueforti.
Ces caves, véritables cathédrales souterraines, maintiennent une température et une humidité constantes tout au long de l’année, créant les conditions idéales pour l’affinage du fromage.
La légende du Roquefort
La légende raconte qu’un jeune berger, abandonnant son repas dans une grotte pour suivre une belle bergère, retrouva quelques mois plus tard son pain et son caillé de brebis transformés en un délicieux fromage veiné de bleu.
Cette histoire, bien que romancée, illustre l’importance des caves naturelles dans la création de ce fromage d’exception.
« Le Roquefort, c’est plus qu’un fromage, c’est l’âme de notre terroir. Chaque meule raconte l’histoire de nos montagnes, de nos brebis et du savoir-faire transmis de génération en génération. »
– Jean-Pierre Laur, maître affineur depuis 40 ans
La vallée du Tarn : un écrin de nature préservée
Après Roquefort, le GR 736 plonge dans la vallée du Tarn, offrant des paysages à couper le souffle.
Sur environ 70 kilomètres, le sentier longe la rivière, alternant entre berges ombragées et points de vue panoramiques sur les falaises calcaires.
Cette section du parcours est particulièrement appréciée pour sa diversité paysagère.
Les randonneurs traversent des forêts de chênes verts, des prairies fleuries et des vignobles en terrasses. Les plus chanceux pourront apercevoir des loutres ou des hérons cendrés le long des berges.
Activités nautiques et baignade
La vallée du Tarn offre également des possibilités de baignade et d’activités nautiques.
Plusieurs plages aménagées permettent aux randonneurs de se rafraîchir lors des chaudes journées d’été.
Pour ceux qui souhaitent varier les plaisirs, des locations de canoës sont disponibles dans plusieurs villages, offrant une perspective unique sur les gorges.
Les bastides albigeoises : un voyage dans le temps médiéval
Dans sa dernière partie, le GR 736 traverse plusieurs bastides médiévales, témoins de l’histoire mouvementée de la région. Ces villes fortifiées, construites entre le XIIIe et le XIVe siècle, offrent un véritable voyage dans le temps.
Parmi les plus remarquables, on peut citer Cordes-sur-Ciel, perchée sur son promontoire rocheux. Ses ruelles pavées, ses maisons gothiques et ses remparts offrent un condensé d’architecture médiévale. Plus loin, Castelnau-de-Montmiral charme les visiteurs avec sa place aux arcades et son église abritant un trésor unique : la croix reliquaire des comtes d’Armagnac.
L’art de la randonnée urbaine
La traversée de ces bastides demande une approche différente de la randonnée. Le rythme se ralentit, invitant à la contemplation et à la découverte. Chaque coin de rue, chaque place peut receler un trésor architectural ou historique. Il est recommandé de prévoir du temps pour explorer ces joyaux médiévaux, véritables musées à ciel ouvert.
« Marcher dans ces bastides, c’est comme tourner les pages d’un livre d’histoire vivant. Chaque pierre, chaque façade raconte une histoire. Pour moi, c’est le point d’orgue du GR 736, où nature et culture se mêlent intimement. »
– Sophie Mercier, guide-conférencière spécialisée en histoire médiévale
Albi : l’apothéose en terre cathare
Le GR 736 s’achève en beauté dans la cité épiscopale d’Albi, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Après 300 kilomètres de randonnée, l’arrivée dans cette ville aux briques rouges est un véritable émerveillement.
La cathédrale Sainte-Cécile, plus grande cathédrale de briques au monde, domine la ville de sa silhouette imposante.
À ses pieds, le palais de la Berbie, ancien palais épiscopal transformé en musée Toulouse-Lautrec, témoigne de la richesse artistique de la région.
Un final en douceur
Les derniers kilomètres du GR 736 offrent une transition en douceur entre nature et urbanité. Le sentier longe les berges du Tarn, offrant des vues pittoresques sur la ville médiévale.
C’est l’occasion de se remémorer le chemin parcouru, des sommets du Mont Lozère aux rives de la rivière Tarn.
Préparer son aventure sur le GR 736
Entreprendre le GR 736 dans son intégralité demande une préparation minutieuse. Avec ses 300 kilomètres, il faut compter environ 15 jours de marche pour un randonneur bien entraîné.
Il est cependant possible de ne faire qu’une partie du parcours, chaque section offrant ses propres attraits.
Équipement et saison
Un équipement de randonnée classique est suffisant : chaussures de marche, bâtons télescopiques, vêtements adaptés aux conditions météorologiques. La meilleure période pour entreprendre ce GR s’étend de mai à octobre, en évitant si possible le mois d’août où la chaleur peut être accablante, surtout dans les gorges.
Hébergement et ravitaillement
Le GR 736 traverse de nombreux villages offrant des possibilités d’hébergement variées : gîtes d’étape, chambres d’hôtes, campings. Il est recommandé de réserver à l’avance, surtout en haute saison.
Pour le ravitaillement, les villages traversés permettent de faire le plein de provisions, mais il est prudent de toujours avoir de quoi tenir une journée dans son sac.
Le GR 736 : un condensé de la France du Sud ?
Au terme de ce périple de 300 kilomètres, le randonneur aura traversé trois départements, gravi des sommets, longé des gorges vertigineuses et exploré des cités médiévales.
Le GR 736 offre ainsi un condensé saisissant de la diversité des paysages et du patrimoine du sud de la France.
Plus qu’un simple sentier de randonnée, c’est une véritable odyssée à travers l’histoire et la géographie d’une région fascinante.
Que l’on choisisse de le parcourir dans son intégralité ou par tronçons, le GR 736 promet des souvenirs impérissables et des rencontres enrichissantes. Alors, prêt à chausser vos boots pour cette aventure entre Tarn et Aveyron ?
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