À deux heures et demie de Lille, perché sur trois pitons rocheux au-dessus de la Semois, le château de Bouillon est l’un des plus anciens vestiges féodaux de Belgique. Ses 340 mètres de fortifications se visitent, mais c’est en chaussant les baskets qu’on en tire le meilleur angle. Un belvédère, des sentiers boisés et un GR balisé rouge et blanc attendent ceux qui veulent aller plus loin que la cour intérieure.
Bouillon, 5 000 habitants et un château vieux de treize siècles
La commune wallonne de Bouillon se glisse juste au bord de la frontière française, à quelques kilomètres de Sedan. Ses premières fortifications remontent au VIIIe siècle, mais c’est à partir du XIe siècle que la forteresse s’est imposée comme une place forte majeure. Ses promoteurs la décrivent aujourd’hui comme « le plus ancien et le plus intéressant vestige de la féodalité en Belgique ». Le château culmine à 75 mètres de hauteur au-dessus de la Semois, avec une longueur de 340 mètres. Vauban lui-même est passé par là sous Louis XIV pour renforcer ses défenses. Ce sont 135 000 visiteurs qui franchissent chaque année ses portes, preuve que la réputation du site n’est plus à faire.
Bouillon se situe dans les Ardennes belges, un secteur que les amateurs de beaux paysages naturels à parcourir à pied connaissent bien pour la qualité de ses forêts et de ses rivières. La Semois longe le village sur plusieurs kilomètres et constitue l’épine dorsale de tous les itinéraires pédestres du coin.
Le belvédère d’Auclin : 40 minutes de montée pour un panorama à 385 mètres
Pour voir le château depuis le ciel sans prendre l’avion, le belvédère d’Auclin est la solution. Le départ se fait depuis le pont de Cordemois : on gare la voiture (tôt, la place manque en saison), puis on emprunte les marches qui s’enfoncent dans la forêt. Comptez environ 40 minutes de montée en lacets pour atteindre le sommet.
Depuis là-haut, le village de Bouillon apparaît en entier, cerné par les méandres de la Semois. Un effet visuel comparable, selon la source, à ce que l’on trouve 50 km au nord-ouest du côté de Monthermé, le village français lui aussi étreint par sa rivière.
Sentiers et GR au départ du belvédère : ce qu’on trouve une fois en haut
Atteindre le belvédère d’Auclin n’est pas une fin en soi. Depuis cet endroit, plusieurs circuits pédestres partent dans la forêt ardennaise. Le plus balisé est le GR rouge et blanc, clairement identifiable et bien entretenu. Sur le parcours, on aperçoit l’abbaye de Cordemois depuis une ouverture entre les arbres, un spot signalé comme idéal pour la pause pique-nique. Plus loin, le sentier mène à la passerelle de l’Épine.
Pour ceux qui préfèrent rester au fond de la vallée, des sentiers longent directement la Semois au pied du château. L’eau de la rivière accompagne les randonneurs sur tout le secteur, et des balades en canoë complètent l’offre pour les journées où les jambes méritent un peu de repos.




