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Face à la pente, 2 choix : foncer ou réfléchir. Ce que les randonneurs aguerris font différemment

Irvin THOMAS par Arnaud Houde
Publié le 30 mai 2025
Lecture 4 min
pente randonnée

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Un jour de randonnée dans les Monts d’Arrée, j’ai vu un groupe s’arrêter net face à une côte abrupte. Les regards hésitaient entre suivre la trace directe ou emprunter un chemin plus long en lacets.

Cette scène illustre parfaitement ce que tout randonneur expérimente : face à la montagne, quelle stratégie adopter ?

Marcher, courir ou sortir les bâtons ?

Cet article vous dévoile les techniques éprouvées par les professionnels pour optimiser votre progression en montagne, préserver votre énergie et transformer l’ascension en plaisir plutôt qu’en épreuve.

Pourquoi votre technique de montée peut ruiner (ou sauver) votre randonnée

Une montée mal négociée peut multiplier par trois votre dépense énergétique.

D’après une étude de l’Université de Grenoble, 68% des abandons en randonnée surviennent après une ascension où le marcheur a épuisé ses réserves par une technique inadaptée.

La clé réside dans la régulation de l’effort. Votre corps consomme jusqu’à 600% plus d’oxygène en montée qu’en terrain plat. Une technique adaptée permet de répartir cet effort et d’éviter le fameux « mur » qui bloque tant de randonneurs.

La montée n’est pas une question de force mais d’intelligence corporelle.

C’est comme une voiture : si vous restez sur le mauvais rapport, vous consommerez trop d’énergie pour avancer.

Le pas de montagne : la technique fondamentale que personne ne vous a enseignée

La technique du « pas de montagne » repose sur trois principes essentiels que j’enseigne à tous mes groupes :

  • Le rythme lent et régulier – Adoptez la cadence du métronome plutôt que celle du sprint. Chaque pas doit pouvoir être reproduit des centaines de fois.
  • La respiration synchronisée – Coordonnez votre respiration avec vos pas (2-3 pas par inspiration, 2-3 pas par expiration).
  • Le transfert de poids – Utilisez l’énergie de votre corps entier, pas uniquement vos jambes.

La position du corps fait toute la différence. Maintenez votre buste légèrement incliné vers l’avant (10-15°), mais gardez votre colonne vertébrale alignée.

Cette position optimise votre centre de gravité et réduit la pression sur vos genoux.

Pour les pentes raides (>15%), réduisez la longueur de votre pas de 30% et augmentez légèrement la cadence. Vos orteils doivent pointer vers votre destination, pas vers l’extérieur.

Bâtons de randonnée : simples accessoires ou véritables alliés en montée ?

Les bâtons peuvent réduire jusqu’à 25% la charge sur vos genoux et augmenter votre stabilité de 20% en terrain accidenté. Mais encore faut-il savoir les utiliser correctement.

En montée, réglez vos bâtons plus courts qu’en terrain plat (angle du coude à environ 90°). La poussée doit se faire vers l’arrière, pas vers le bas, pour générer une propulsion efficace.

La technique du double planté (les deux bâtons simultanément) convient aux pentes très raides, tandis que l’alternance (bâton droit/jambe gauche) est plus efficace sur les pentes modérées.

Si vous n’avez pas de bâtons, adoptez la posture des mains sur les cuisses pour les passages courts et raides, elle peut soulager jusqu’à 15% de l’effort musculaire.

La technique des lacets : quand le chemin le plus long devient le plus efficace

Sur les pentes supérieures à 20%, créer vos propres lacets peut réduire votre effort de 30%. L’angle idéal se situe entre 30 et 45° par rapport à la ligne de pente. Cette technique transforme une montée brutale en progression douce.

Observez comment les chamois ou bouquetins montent rarement en ligne droite. Ils suivent naturellement un tracé en zigzag qui optimise leur effort. La nature nous montre souvent la voie la plus efficiente.

Ne négligez jamais l’impact de vos choix de progression sur l’environnement. Restez sur les sentiers établis dans les zones sensibles. Dans certains espaces autorisés, si vous créez vos propres lacets, évitez les zones de végétation fragile.

La gestion stratégique des pauses : le secret des randonneurs d’expérience

Les micro-pauses de 15-20 secondes toutes les 10 minutes sont plus efficaces qu’un arrêt long après épuisement. Cette technique appelée « repos fractionné » permet à votre système cardiovasculaire de se réguler sans perdre le rythme d’ascension.

Pour les pauses plus longues (3-5 minutes), adoptez la position du « repos actif » : debout, légèrement penché en avant, mains sur les genoux. Cette posture maintient votre circulation optimale contrairement à la position assise qui provoque un ralentissement sanguin.

Hydratez-vous par petites gorgées régulières plutôt que par grandes quantités. Les collations énergétiques (fruits secs, barres céréalières) sont plus efficaces consommées en petites portions tout au long de l’ascension.

De la montée à la descente : préparez votre corps à la transition

Une erreur fréquente consiste à négliger la transition entre montée et descente. Prévoyez 5 minutes d’adaptation au sommet : étirements légers des quadriceps et ischio-jambiers, réhydratation et réajustement de votre équipement.

Modifiez le réglage de vos bâtons pour la descente (plus longs de 5-10 cm). Cette simple adaptation peut réduire significativement l’impact sur vos genoux en descente.

Anticipez toujours les conditions que vous rencontrerez après la montée. Un sommet exposé aux vents nécessite une couche supplémentaire. Une longue descente technique exige une vérification des attaches de vos chaussures.

Dans mes années d’accompagnatrice, j’ai constaté que les randonneurs qui maîtrisent ces transitions profitent davantage de leur expérience globale et préviennent efficacement les blessures.

Respect environnemental : gravir sans laisser de trace

Chaque année, 27 millions de randonneurs laissent 10 tonnes de déchets sur nos sentiers. En montée, lorsque l’effort est intense, la vigilance baisse souvent. Gardez toujours une poche dédiée aux déchets facilement accessible.

Évitez de couper les lacets des sentiers, même si la tentation est grande. Cette pratique accentue l’érosion et peut détruire en quelques saisons des sentiers centenaires. La montagne nous accueille ; respectons ses règles.

Pensez également à activer le mode économie d’énergie de vos appareils électroniques. Un téléphone qui s’éteint en pleine randonnée peut transformer une simple ascension en situation problématique.

Maîtriser l’art de la montée transforme radicalement l’expérience de randonnée. Ces techniques ne sont pas réservées aux athlètes ; elles sont accessibles à tous et font la différence entre une ascension éprouvante et une progression harmonieuse.

La prochaine fois que vous ferez face à une pente, rappelez-vous que la montagne se gravit avec intelligence, pas seulement avec force. Votre corps vous remerciera au sommet, et la vue n’en sera que plus belle.

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Arnaud Houde

Passionné d’activités de plein-air et d’aventures, la randonnée a été pour moi une révélation il y a quelques années, raison pour laquelle j'ai décidé de lancer mapetiterando.fr afin de partager et faire découvrir au plus grand nombre la pratique de la randonnée.

Plus commentés 1

  1. Jc says:
    1 an ago

    Pourquoi un téléphone qui n’a plus d’énergie est un problème. Une randonnée doit être préparée. En plus un vrais randonneur est capable d’emporter de quoi manger il doit pouvoir revenir avec ses déchets. En plus ce n’est pas les randonneurs qui polluent ce sont ceux qui ce déguisent en randonneurs le temps d’une journée. Il est très rare de trouver des déchets sur les GR

    Répondre

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