Lorsqu’on se lance dans une expédition en montagne, chacun se pose la grande question : vaut-il mieux courir, marcher ou encore s’aider de bâtons pour gravir les pentes abruptes ?
Le débat continue d’animer les passionnés comme les spécialistes.
Même s’il n’existe pas de méthode universelle, les avancées récentes dans le domaine apportent un éclairage intéressant sur l’efficacité de chaque approche.
Comprendre la dynamique de la marche et de la course
Traditionnellement, on pense que la marche est moins énergivore que la course à basse vitesse, tandis que cette dernière devient plus avantageuse à mesure que la rapidité augmente grâce à l’élasticité des tendons.
L’élément distinctif entre ces deux modes de locomotion réside dans la « phase de vol » caractéristique de la course, où aucun pied ne touche le sol.
Cependant, cette phase disparaît parfois lorsque l’on court lentement.
Les chercheurs s’intéressent particulièrement à déterminer à quel point l’inclinaison du terrain peut influencer ces principes.
En milieu naturel, comme lors de courses verticales, les surfaces inégales et souples augmentent la dépense énergétique en raison des ajustements constants nécessaires pour maintenir l’équilibre et la stabilité.
L’impact des inclinaisons élevées
Dans des études portant sur des sportifs en montagne, il apparaît que lorsque la pente dépasse 15 degrés, la marche semble surpasser la course en termes d’économie d’énergie.
À ces niveaux, le mode de mouvement se transforme : même si le terme « courir » est utilisé, l’appui constant d’un pied au sol rappelle davantage la marche rapide que la course classique, limitant ainsi l’efficience des muscles comme des ressorts naturels.
En combinaison avec des taux réduits de vitesse, choisir de marcher sur ces terrains escarpés permet de gagner jusqu’à 8 % d’efficacité par rapport à la course précipitée.
Cela explique pourquoi même les athlètes avisés optent pour ce mode lorsqu’il s’agit de conserver leur énergie durant de longues étendues montagnardes.
L’utilisation des bâtons : un atout pour la randonnée ?
Les bâtons de trekking, souvent observés lors des grandes compétitions européennes, sont devenus incontournables pour beaucoup.
Leur adoption ne repose pas sur une simple tradition : ils offrent des bénéfices tangibles, notamment en ce qui concerne la réduction de l’effort perçu par l’utilisateur.
Toutefois, leur efficacité dépend aussi de la pente affrontée.
Pour des déclivités modérées jusqu’à environ 6 degrés, l’apport métabolique des bâtons reste minime et parfois contre-productif en raison du poids supplémentaire impliqué.
En revanche, au-delà de 20 degrés, les bâtons montrent leur utilité non seulement en allégeant la sensation d’effort mais également en limitant les dommages musculaires potentiels.
Bâtons et performance sur terrain difficile
Des investigations récentes ont montré que sur des pentes supérieures à 15 degrés, les athlètes progressent plus rapidement de près de 30 secondes sur un parcours défini lorsqu’ils utilisent des bâtons.
Cette différence notable suggère que l’introduction des bâtons modifie favorablement la cadence : avec des enjambées plus grandes et moins fréquentes, l’ascension gagne en fluidité sans sacrifier la puissance.
Au quotidien, leur impact sur la stabilité offre un autre avantage non négligeable. Dans les conditions naturelles imprévisibles des montagnes, évaluer constamment son équilibre devient essentiel. Les bâtons amoindrissent cette charge, concentrant ainsi mieux les ressources énergétiques sur l’avancée linéaire.
Rester agile face aux défis de la nature
L’aspect contemplatif de la montagne attire les amoureux des grands espaces, mais sa conquête nécessite préparation et stratégie.
Choisir scrupuleusement ses techniques suivant le relief et ses propres capacités physiques permet d’optimiser tous les mouvements.
D’autres facteurs influencent aussi ces choix personnels.
Parmi eux, le ressenti individuel face à l’effort – combien une activité vous paraît pénible – joue un rôle crucial. Ce constat pourrait paraître subjectif, mais il guide intuitivement vers la méthode la plus intuitive à adopter selon le type de pente et la distance à parcourir.
Une pratique adaptée et progressive
- Évaluer les types de terrains habituels et préparer un plan stratégique de montée.
- Tenir compte de la météo et des conditions actuelles qui pourraient transformer radicalement l’effort nécessaire.
- S’assurer toujours de bien comprendre ses limites et adapter le rythme en fonction : parfois une allure ralentie prévaut sur l’épuisement prématuré.
Enfin, qu’il s’agisse de ramollir ses tendons en courant sur plat ou de muscler ses résistances via des marches soutenues, l’important demeure la régularité et la cohérence personnelle. La montagne, éternelle teacher, nous murmure qu’adopter le bon rythme mène toujours plus haut.





