Un canyon à franchir sur des échelles branlantes, une tyrolienne qui plonge dans l’obscurité d’une grotte, puis un bain glaciaire turquoise à 3 000 mètres : le Valais suisse joue dans une catégorie à part.
Si vous cherchez un terrain de jeu alpin qui va bien au-delà de la balade dominicale, c’est par ici que ça se passe.
Et si vous planifiez déjà votre équipement, nos 7 baskets de randonnée testées sur sentier pourraient bien vous éviter quelques ampoules.
Saas-Fee, point de départ idéal en altitude
Le voyage commence à Saas-Fee, village sans voitures perché dans le sud-ouest de la Suisse, à quelques kilomètres de la frontière italienne.
L’endroit est déjà un argument en lui-même : des balcons couverts de géraniums, des clochers qui percent le ciel, et derrière tout ça, un mur de sommets qui écrase tout le reste.
On pose les sacs au Walliserhof Grand-Hotel, et on passe la soirée à regarder les crêtes changer de couleur avec une bière fraîche en main.
En hiver, le Valais appartient aux skieurs experts et aux grimpeurs sur glace.
En été, les pentes inférieures s’ouvrent aux randonneurs, et c’est là que réside l’astuce : l’infrastructure des remontées mécaniques reste en service, ce qui permet de gagner rapidement de l’altitude et de s’attaquer à des itinéraires autrement inaccessibles sans plusieurs jours d’approche.
Les sentiers sont bien balisés, les refuges jalonnent les parcours, et le niveau de difficulté s’étale d’une promenade familiale à une route alpine sérieuse.
Le Saas-Fee Alpine Canyon : via ferrata et tyrolienne dans les gorges
Entre Saas-Fee et le village voisin de Saas-Grund s’ouvre une gorge profonde, le Saas-Fee Alpine Canyon, accessible uniquement avec un guide.
Le système de via ferrata installé là, avec ses échelles métalliques, ses barreaux scellés dans la roche et ses câbles de sécurité, permet de traverser ce couloir vertical en restant clipé à tout moment.
L’itinéraire a été conçu et construit par Aldo Lomatter, guide local qui connaît chaque prise et chaque pont de cette gorge.
On croise le canyon sur des passerelles qui oscillent au-dessus du torrent, on monte et descend des parois verticales sur des échelles, on s’engouffre dans des goulettes en tyrolienne.
La difficulté monte crescendo : à mi-parcours, une passerelle-échelle s’arrête net au-dessus du vide, et la seule option pour rejoindre le lit de la rivière est un rappel de 40 mètres.
Le final, lui, consiste en une tyrolienne qui atterrit au fond d’une grotte obscure. Pas d’alternative possible, il faut sauter. On ressort de là en clignant des yeux dans la lumière du hameau de Saas-Grund, avant de prendre le minibus gratuit jusqu’à Saas-Fee pour une fondue bien méritée.
La cabane Britannia à 3 030 m : deux heures de marche et une nuit au pied des glaciers
Après le canyon, direction les hauteurs. Un téléphérique puis une cabine depuis Saas-Fee déposent les randonneurs à la station Morenia, d’où part le sentier menant à la cabane Britannia, posée à 3 030 mètres d’altitude.
Construite en 1912 comme cadeau des membres britanniques du Club Alpin Suisse, elle n’est accessible qu’à pied ou par hélicoptère.
La montée depuis Morenia est douce, environ deux heures, via le col d’Egginerjoch. Même en plein été, une bonne partie du tracé passe sur neige, sans que des crampons soient nécessaires.
On passe la nuit en dortoir partagé, sans douches, à échanger les récits de la journée avec d’autres randonneurs venus de toute l’Europe. C’est exactement ce que les refuges d’altitude ont de meilleur.
La descente, le lendemain, réserve un cadeau inattendu : une étendue de glace et de boue grise-verte qui borde un lac de fonte aux reflets turquoise.
L’eau est glaciale, le fond est vaseux, et c’est pourtant là que l’on comprend pourquoi on a chargé le sac à dos. Si la baignade en haute altitude vous attire, sachez que cette pratique rejoint d’autres formes de randonnée aquatique en plein essor, comme le longe-côte qui cartonne sur le littoral atlantique.
Ce qu’il faut savoir avant de partir en Valais cet été
Le Valais se découvre idéalement de juin à septembre, quand les sentiers inférieurs sont dégagés de neige et les remontées mécaniques en service.
Pour la haute montagne, juillet et août offrent les meilleures fenêtres météo, mais les refuges se remplissent vite : une réservation en amont est fortement recommandée pour la cabane Britannia comme pour les autres huts du canton.
La via ferrata du Saas-Fee Alpine Canyon requiert une bonne condition physique et l’absence de vertige, mais pas d’expérience technique préalable : le guide s’occupe du reste.
Pour les sentiers de randonnée classiques autour de la station, le balisage suisse est exemplaire, avec des panneaux jaunes pour les chemins de promenade et des panneaux blancs-rouge-blancs pour les itinéraires alpins. Côté chaussures, une semelle rigide est indispensable dès que vous passez sur neige ou rocher humide.






