Sur 11,8 kilomètres, ce sentier dévoile 435 mètres de dénivelé positif à travers des paysages où l’histoire cathare se mêle aux panoramas pyrénéens.
Ici, les crêtes balayées par les vents racontent des siècles de transhumance, tandis que les vestiges du Maquis de Picaussel murmurent des récits de résistance.
De Belcaire au col de la Gargante : les premiers pas sur les traces cathares
Le village de Belcaire (1020 m) marque le point de départ de cette boucle au cœur du pays cathare.
Dès les premiers mètres, le GR7 s’élance vers le nord-est, offrant une vue plongeante sur les toits d’ardoise du village.
Après 1,2 km et un dénivelé de 80 m, le sentier s’enfonce dans une hêtraie centenaire, où l’ombre des arbres apporte un répit bienvenu lors des chaudes journées d’été.
À 2,5 km du départ, le col de la Gargante (1250 m) se dessine.
Ce point stratégique offre une première vue dégagée sur les crêtes à venir.
Une source aménagée permet de faire le plein d’eau fraîche avant d’attaquer la montée plus raide qui suit. Attention aux passages humides après la fonte des neiges ou de fortes pluies, les pierres peuvent être glissantes.
> Par ici la trace GPX de ce bel itinéraire !
L’ascension du pic des Sarrasis : 300 mètres de dénivelé en terres cathares
Du col de la Gargante, le sentier s’élève plus franchement vers le pic des Sarrasis. Sur 2,3 km, le dénivelé s’accentue avec 300 mètres de montée. Le balisage jaune et rouge du GR guide les pas sur un terrain qui alterne entre pelouses alpines et éboulis.
À mi-pente, un abri pastoral offre un point de repos et un panorama qui s’élargit à chaque pas.
Le sommet du pic des Sarrasis (1550 m) récompense l’effort par une vue à 360° sur le plateau de Sault.
Par temps clair, le regard porte jusqu’aux sommets enneigés des Pyrénées. C’est ici que les vestiges de l’histoire cathare se font les plus tangibles, avec les ruines discrètes d’un ancien poste de guet.
« Du haut du pic des Sarrasis, on embrasse toute l’histoire du pays. Les vallées où se cachaient les Cathares, les pâturages où résonnent encore les clarines des troupeaux transhumants. C’est un livre à ciel ouvert. »
– Marie Fabre, historienne locale et guide de montagne
La crête du vent : 2 kilomètres entre ciel et terre
La section entre le pic des Sarrasis et le pic du Midi de Sault offre 2 km de crête aérienne. Le sentier, bien marqué, serpente entre les affleurements rocheux. Le vent, omniprésent, justifie pleinement le surnom de « crête du vent » donné à ce passage. Les marcheurs doivent rester vigilants, surtout par temps venteux, car certains passages étroits peuvent s’avérer délicats.
La flore s’adapte à ces conditions extrêmes. On observe ici des espèces rares comme l’Androsace de Vandelli, cramponée aux rochers. Les ornithologues guetteront le vol majestueux de l’aigle royal, qui niche parfois dans les falaises en contrebas.
Le pic du Midi de Sault : un belvédère à 1385 mètres d’altitude
Point culminant de la randonnée, le pic du Midi de Sault (1385 m) offre un panorama époustouflant. Par temps clair, on aperçoit la Méditerranée à l’est et les sommets de l’Ariège à l’ouest. Une table d’orientation permet d’identifier les principaux sommets environnants. C’est l’endroit idéal pour une pause contemplative et un pique-nique bien mérité.
La descente du pic du Midi de Sault demande de l’attention. Sur 1,5 km, le sentier perd 200 m d’altitude sur un terrain parfois instable. Des bâtons de marche s’avèrent utiles pour soulager les genoux et assurer l’équilibre sur les passages caillouteux.
La forêt de Picaussel : sur les pas des maquisards
Après la descente du pic du Midi de Sault, le sentier plonge dans la forêt de Picaussel. Ce secteur, autrefois refuge des Cathares, a également abrité les résistants du Maquis de Picaussel durant la Seconde Guerre mondiale. Sur 3 km, le chemin serpente entre les hêtres et les sapins, offrant une ambiance fraîche et ombragée.
À mi-parcours de cette section forestière, une clairière dévoile les vestiges d’un camp du maquis. Un panneau informatif raconte l’histoire de ces hommes et femmes qui ont combattu l’occupant nazi. Le silence de la forêt prend alors une dimension particulière, chargé de mémoire et d’émotion.
« Dans ces bois, chaque arbre a été témoin du courage des maquisards. Quand je guide des randonneurs ici, je leur demande toujours d’observer un moment de silence. C’est notre façon de rendre hommage à ceux qui se sont battus pour notre liberté. »
– Jean Pujade, ancien résistant et gardien de la mémoire du Maquis de Picaussel
Le sentier de Bigne Soule : énigmes étymologiques et vestiges agricoles
Les deux derniers kilomètres empruntent le mystérieux sentier de Bigne Soule. L’origine de ce nom intrigue les linguistes : certains y voient une déformation de « vigne del soula » (la vigne ensoleillée), d’autres une référence à d’anciennes bornes frontières. Le chemin traverse d’anciennes prairies, témoins d’une activité pastorale séculaire.
Des pruniers sauvages ponctuent le parcours, vestiges probables d’anciennes cultures. Au printemps, leurs fleurs blanches contrastent avec le vert tendre des prairies renaissantes. C’est aussi le moment où l’on peut observer le ballet des papillons, notamment le rare Apollon, dont les chenilles se nourrissent des plantes de rocaille.
Retour à Belcaire : boucler la boucle en terre d’histoire
L’arrivée sur Belcaire offre une dernière vue panoramique sur le plateau de Sault. Le village, avec ses maisons de pierre et ses ruelles étroites, semble figé dans le temps. Un détour par l’église Saint-Colombe s’impose : son ossuaire, vestige rare dans la région, témoigne des pratiques funéraires médiévales.
La place du village, ombragée de platanes centenaires, invite à une pause bien méritée. La fontaine offre une eau fraîche pour se désaltérer, tandis que les commerces locaux permettent de goûter aux spécialités du terroir : fromages de chèvre et charcuteries de montagne.
Préparer son sac : l’équipement essentiel pour le plateau de Sault
Chaussures et vêtements
- Chaussures de randonnée montantes et imperméables
- Vêtements adaptés à la saison (couches techniques respirantes)
- Coupe-vent imperméable
- Chapeau ou casquette
- Gants légers (utiles sur les crêtes ventées)
Matériel technique
- Bâtons de marche télescopiques
- Carte IGN 2248ET et boussole
- GPS de randonnée (en complément)
- Couverture de survie
- Sifflet et lampe frontale
Confort et sécurité
- Réserve d’eau (minimum 2 litres par personne)
- Nourriture énergétique (barres, fruits secs, sandwich)
- Crème solaire et lunettes de soleil
- Trousse de premiers secours
- Téléphone portable chargé
Quand partir ? Les saisons du plateau de Sault
La période optimale pour cette randonnée s’étend de mai à octobre. Le printemps offre une explosion florale, avec les narcisses et les gentianes qui parsèment les prairies. L’été, plus chaud, nécessite de partir tôt pour éviter les fortes chaleurs sur les crêtes exposées.
L’automne révèle des couleurs flamboyantes, notamment dans la forêt de Picaussel où les hêtres se parent d’or et de pourpre. C’est aussi la saison où l’on peut observer le brame du cerf dans les vallées environnantes. L’hiver, bien que magnifique avec ses paysages enneigés, est réservé aux randonneurs expérimentés équipés pour la progression en milieu enneigé.
Logistique et services : organiser son séjour autour du plateau de Sault
Hébergements
- Gîte d’Étape Le Presbytère à Comus : 38 places, ouvert toute l’année
- Refuge de l’Ourthizet à Campagna-de-Sault : 8 couchages
- Gîte Relais du Pays de Sault « Chez Louis » à Espezel
- Camping La Mare aux Fées à Roquefeuil : emplacements et mobile-homes
Ravitaillement
- Épiceries à Espezel et Comus
- Épicerie du camping La Mare aux Fées à Roquefeuil
- Marché hebdomadaire à Belcaire (vérifier les jours)
Restauration
- Restaurant Pizzeria au camping La Mare aux Fées
- Auberges dans les villages de Belcaire et Espezel (réservation conseillée)
Dernières recommandations : randonner en conscience sur le plateau de Sault
Avant de partir, consultez les prévisions météorologiques locales et l’état des sentiers auprès de l’Office de Tourisme des Pyrénées Audoises. Les conditions peuvent changer rapidement en montagne, soyez prêts à adapter votre itinéraire si nécessaire.
Respectez l’environnement en suivant les sentiers balisés et en rapportant vos déchets. La faune locale, notamment les isards et les grands rapaces, est sensible au dérangement : observez-la à distance et en silence.
Enfin, n’hésitez pas à vous renseigner sur les événements locaux comme « L’étoile du plateau de Sault », qui offrent une opportunité unique de découvrir la région avec des guides passionnés.
Le plateau de Sault, terre de randonnée : quelle sera votre prochaine aventure ?
Cette boucle de 11,8 km n’est qu’un aperçu des trésors que recèle le plateau de Sault. D’autres sentiers, comme la Route des Sapins ou les chemins menant au château de Montaillou, promettent d’autres aventures riches en découvertes. Que vous soyez attirés par l’histoire cathare, la diversité des écosystèmes pyrénéens ou simplement par la beauté brute des paysages, le plateau de Sault vous invite à revenir, encore et encore, pour explorer ses multiples facettes.
Alors, lacez vos chaussures, ajustez votre sac à dos, et partez à la rencontre de ce territoire où chaque pas est une page d’histoire, chaque panorama une invitation au voyage. Le plateau de Sault vous attend, prêt à dévoiler ses secrets à ceux qui savent prendre le temps de l’écouter.






Très intéressant