Actualités, itinéraires de randonnée et tourisme en France
  • Accueil
  • Actualités
  • Randonnée
  • Tourisme
  • Outdoor
  • Conseils
S'abonner
Actualités, itinéraires de randonnée et tourisme en France
  • Accueil
  • Actualités
  • Randonnée
  • Tourisme
  • Outdoor
  • Conseils
Accueil Randonnée

Parc National Suisse : le guide complet 2026 pour tout savoir avant d’y aller

Irvin THOMAS par Arnaud Houde
Publié le 9 juillet 2026
Lecture 15 min
Sentier de randonnée dans un paysage alpin suisse, ambiance Parc National Suisse

Photo : Adrien Stachowiak / Pexels

À lireaussi

Lac de montagne dans les Pyrénées françaises

Dans le Parc national des Pyrénées, la baignade est interdite même après la montée

22 juillet 2026
Randonneur avec lampe frontale face aux montagnes sous un ciel étoilé

Quand il fait trop chaud le jour, ces 3 randonnées se vivent sous les étoiles

21 juillet 2026

Fondé en 1914 dans le canton des Grisons, à l’extrême sud-est de la Suisse, le Parc National Suisse est le seul parc national du pays. Cent douze ans plus tard, il fête ses 112 ans en 2026 avec un statut singulier dans le paysage protégé européen : 170 kilomètres carrés de nature laissée à elle-même, 100 kilomètres de sentiers pédestres, un observatoire scientifique unique, et une biodiversité alpine remarquable qui inclut aigles royaux, gypaètes barbus, cerfs, chamois, bouquetins, et parfois loups et lynx. Voici le guide complet pour préparer sa visite, comprendre ce lieu unique en Europe, et découvrir les quatre secteurs majeurs qui le composent.

Le seul parc national de Suisse, fondé en 1914

Le Parc National Suisse est situé dans le canton des Grisons, région où l’on parle romanche (l’une des quatre langues nationales suisses) et où le canton porte le nom local de Graubünden en allemand. À l’extrême sud-est du pays, le parc partage sa frontière avec le Parc National dello Stelvio en Italie, formant un ensemble transfrontalier d’une valeur écologique exceptionnelle. Depuis 2010, il fait partie de la réserve de biosphère UNESCO Engadina Val Müstair, reconnaissance internationale de la richesse naturelle et culturelle du secteur.

Sur ses 170 kilomètres carrés, le parc offre 100 kilomètres de chemins pédestres balisés qui permettent de découvrir un territoire alpin classique, avec des sommets qui montent jusqu’à 3 173 mètres d’altitude. Le parc est divisé en deux parties distinctes : la partie principale, qui constitue l’essentiel du territoire, et une partie plus isolée intégrée en 2000, célèbre pour ses lacs multicolores dont nous parlerons plus loin.

L’histoire du parc réserve une surprise. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le territoire n’était pas vierge lors de sa fondation en 1914. La zone avait été exploitée pendant des siècles avec une intensité forte : alpages avec vaches, mines de fer et de chaux, forêts coupées à répétition, et de nombreuses espèces animales pratiquement exterminées par la chasse. Il ne s’agissait donc absolument pas d’une forêt primaire, mais d’un territoire dégradé que les fondateurs ont voulu laisser reprendre son cours naturel. Un pari audacieux pour l’époque.

Un laboratoire scientifique à ciel ouvert

La philosophie fondatrice du Parc National Suisse est unique : laisser la nature évoluer librement, avec les interventions humaines les plus faibles possibles. Concrètement, cela signifie aucune cueillette autorisée (même de champignons ou de baies), aucune chasse, aucune coupe de bois, aucun élevage. Le parc est totalement soustrait à l’exploitation humaine depuis 112 ans.

Au-delà de l’aspect réserve, le parc constitue surtout un immense laboratoire scientifique. Depuis sa fondation, des études systématiques et une collecte de données continue permettent aux chercheurs d’évaluer plusieurs phénomènes majeurs : le changement climatique en milieu alpin, l’évolution de la faune et de la flore quand elles sont laissées tranquilles, et la récupération naturelle de la nature après des siècles d’exploitation intensive.

Cette dimension scientifique est probablement l’aspect le plus fascinant du parc pour les visiteurs qui s’y intéressent. Les résultats accumulés depuis un siècle constituent un corpus de données unique en Europe, régulièrement utilisé dans des publications internationales. Le centre du parc à Zernez, dont nous parlerons plus loin, propose des expositions permanentes qui rendent ces résultats accessibles au grand public.

Les règles strictes à respecter absolument

La philosophie de non-intervention se traduit par des règles particulièrement strictes que tous les visiteurs doivent respecter scrupuleusement. Ne pas les respecter, c’est trahir la mission même du parc.

Concrètement, il est interdit de sortir des chemins balisés, de construire des cairns (kernes), de se baigner dans les rivières, de faire voler un drone, et de rapporter quoi que ce soit (même les petits cailloux). L’observation des animaux se fait à distance minimale de 50 mètres, et il est strictement interdit de leur donner à manger : ce sont des animaux sauvages qui doivent le rester.

La promenade nocturne est également interdite : les visiteurs peuvent circuler uniquement de l’aube à la fin du crépuscule civil (limite précise vérifiable sur les tables horaires). Le bivouac dans le parc est strictement interdit, y compris sur les parkings situés dans le parc. Pour les randonneurs qui veulent camper, d’autres parkings sont disponibles à quelques kilomètres à l’extérieur des limites.

Ces règles peuvent sembler contraignantes pour les habitués des grands espaces plus permissifs, mais elles sont la clé de la valeur exceptionnelle du parc. Quand on visite le Parc National Suisse, on doit accepter d’être un observateur discret, presque effacé. On y va pour apprécier la chance rare de traverser un territoire où la nature reprend ses droits depuis un siècle.

La faune exceptionnelle du parc

C’est probablement la principale raison de visiter le Parc National Suisse : la richesse et l’accessibilité de sa faune sauvage. Le parc est l’un des rares endroits d’Europe où l’on peut observer facilement des grands mammifères et rapaces alpins dans leur environnement naturel.

Les chamois et bouquetins sont particulièrement présents. Les bouquetins, qui avaient été totalement exterminés en Suisse au XIXe siècle, ont été réintroduits avec un succès remarquable et forment aujourd’hui des populations stables et visibles. Les cerfs sont également nombreux, avec une présence marquée selon les saisons (concentration remarquable en septembre-octobre pour le brame). Les marmottes se font entendre régulièrement (leur sifflement d’alerte est une signature sonore du parc), et les visiteurs matinaux ou tardifs ont de bonnes chances de croiser des renards sur les sentiers.

Côté oiseaux, le parc abrite plusieurs espèces emblématiques. Le gypaète barbu, plus grand oiseau des Alpes (envergure jusqu’à 2,90 mètres), niche dans le parc et peut être observé avec patience et anticipation de sa saison de nidification. L’aigle royal est également présent, avec plusieurs couples reproducteurs identifiés. Le casse-noix moucheté, oiseau symbole du parc, joue un rôle écologique remarquable : il cache des pignons d’aroles à 20 000 endroits différents avant l’hiver et en retrouve environ 80%, les autres pignons donnant naissance à de nouveaux arbres et éventuellement à de nouvelles forêts. Une dispersion végétale animale d’une efficacité biologique impressionnante.

Le lagopède alpin, qui change de robe entre l’hiver (blanc pour se camoufler dans la neige) et l’été (brun-gris pour se camoufler dans les rochers), est un autre bijou ornithologique du parc. Le grand tétras, la mésange huppée, plusieurs espèces de pics et de nombreux rapaces nocturnes complètent la liste des espèces observables.

Les grands prédateurs (loup, ours, lynx) traversent occasionnellement le parc, mais les voir tient de la chance exceptionnelle. Ils sont surtout détectés par pièges photographiques et par les gardes du parc. En 2024, la meute du loup de Fuorn a été abattue en totalité à l’extérieur du parc, événement qui a suscité une controverse importante en Suisse et illustre la difficulté de la coexistence loup-humain dans les Alpes.

Il Fuorn : le site le plus accessible

Il Fuorn est probablement l’endroit le plus facile d’accès du parc. Situé directement au bord de la route principale qui traverse le parc (col de l’Ofen, Ofenpass en allemand), il propose l’unique hôtel-restaurant situé dans le périmètre du parc : l’Hôtel Il Fuorn. Les randonnées commencent directement à la sortie de l’établissement, ce qui en fait un point de base idéal pour découvrir le secteur.

C’est aussi l’un des endroits privilégiés pour entendre le brame du cerf entre fin septembre et début octobre. Un témoignage de visiteur récent évoque un cerf bramant à 50 mètres de l’hôtel, quasiment depuis la chambre. Une expérience sonore inoubliable pour les amateurs de faune sauvage.

L’accès à Il Fuorn est simple : bus depuis la gare de Zernez, arrêt directement devant l’hôtel. Depuis cet ancrage, les randonneurs peuvent explorer la partie Il Fuorn et rejoindre le col de l’Ofen à pied. Attention : la réservation à l’hôtel doit être faite en tout début d’année, particulièrement pour les week-ends de haute saison. L’établissement se remplit très rapidement, parfois plusieurs mois à l’avance.

Chamanna Cluozza : l’immersion sauvage totale

Pour les randonneurs qui veulent vivre l’expérience la plus authentique du parc, la Chamanna Cluozza est un lieu à part. C’est l’unique cabane d’hébergement située dans la vallée de Cluozza, dans un cadre spectaculaire de nature intacte. Chambres individuelles et dortoirs sont disponibles, avec souper et petit-déjeuner inclus dans le tarif.

La particularité de Chamanna Cluozza tient à son isolement total. Pas d’internet, pas de wifi, pas de réseau téléphonique. Les visiteurs doivent prendre du cash pour régler l’hébergement et les consommations. Un vélo générateur est disponible pour recharger les appareils électroniques en pédalant, mais mieux vaut apporter une batterie portable si le smartphone est indispensable. Les photographes sont invités à prendre une deuxième batterie pour leur appareil.

Deux itinéraires principaux permettent d’accéder à la cabane. Le premier, depuis le parking numéro 3 sur la route, propose une montée longue mais spectaculaire : environ 1 000 mètres de dénivelée positive et 600 mètres de dénivelée négative sur le parcours. Compter 4 heures pour les randonneurs entraînés, jusqu’à 6 heures avec les arrêts photo pour observer les bouquetins, chamois et marmottes. L’itinéraire passe par le Fuorcla Murter, point haut qui offre un panorama exceptionnel. Attention : un passage avec corde sur une dizaine de mètres peut poser problème aux personnes ayant le vertige, mais il reste techniquement facile.

Le deuxième itinéraire, depuis Zernez, est plus tranquille : compter environ 3 heures de marche, sans passage engagé. C’est l’option recommandée pour les randonneurs qui veulent réduire l’engagement physique tout en profitant de l’immersion. Un troisième itinéraire existe mais relève de l’alpinisme et sort du cadre de ce guide.

Astuce écologique : les visiteurs qui viennent depuis Zernez peuvent faire un arrêt au frigo situé sur la route et prendre un ou deux produits à amener à la cabane. Cette pratique collective a permis de diminuer d’un tiers le volume de transport par hélicoptère nécessaire pour approvisionner la cabane. Un geste simple mais significatif pour réduire l’empreinte carbone de l’hébergement.

L’ambiance à Chamanna Cluozza est probablement l’expérience la plus sauvage qu’on puisse vivre dans les Alpes suisses. Pas de bruit routier audible, aucune trace visible d’activité humaine à l’exception de la cabane elle-même, aucune pollution lumineuse le soir. Les visiteurs y ont régulièrement l’occasion d’observer aigles royaux et gypaètes barbus depuis les alentours de la cabane.

Alp Trupchun : la vallée aux cerfs

Troisième site majeur à visiter, Alp Trupchun est célèbre pour ses observations de cerfs et de chamois. L’accès se fait depuis le village de Susch (avec hôtels sur place) ou depuis la gare de S-chanf. Depuis S-chanf, un petit train circulant sur route amène les visiteurs jusqu’à la cabane Varusch, située à environ 500 mètres du périmètre du parc.

Depuis la cabane Varusch, une promenade tranquille d’environ 1h30 mène à une vallée magnifique où l’observation des cerfs et chamois est particulièrement facile. C’est un des sites privilégiés pour écouter le brame du cerf fin septembre-début octobre, expérience acoustique impressionnante qui vaut le déplacement à elle seule.

Alp Trupchun est probablement l’option idéale pour les familles avec enfants qui veulent une découverte accessible du parc. Le petit train fait partie de l’aventure, la marche est courte et facile, et les chances d’observation animalière sont excellentes. Prévoir des jumelles pour maximiser les possibilités.

Macun : la partie lunaire aux 20 lacs

Quatrième site majeur, Macun est la partie séparée du parc, dernière intégrée en 2000. Le paysage y est radicalement différent du reste du parc : plus brut, plus lunaire, avec une vingtaine de lacs aux couleurs différentes (turquoise, émeraude, gris-bleu, presque noir selon la profondeur et la minéralisation). L’altitude plus élevée (jusqu’à 2 700-2 900 mètres) crée une ambiance de haute montagne qui contraste avec les vallées boisées du reste du parc.

Deux itinéraires principaux permettent d’accéder à Macun. Le premier depuis Lavin nécessite environ 3 heures de marche avec beaucoup de dénivelée positive. Le second depuis Zernez est plus long : compter plus de 5 heures de marche pour atteindre le centre du secteur. Pour éviter la longue marche depuis Zernez, des navettes sont disponibles avec réservation obligatoire, qui amènent les visiteurs au bord de la route et raccourcissent significativement l’accès.

L’altitude élevée du secteur Macun a une conséquence pratique importante : les neiges y disparaissent plus tard qu’ailleurs (accès typiquement possible à partir de mi-juillet) et reviennent plus tôt (fermeture souvent en septembre). La saison d’ouverture y est donc plus courte que dans les autres parties du parc.

Pour les randonneurs qui veulent une expérience visuelle très différente, avec des paysages minéraux et lacustres exceptionnels, Macun est probablement le point fort du parc. Les bouquetins et chamois sont visibles en altitude, et l’ambiance générale de haute montagne complète l’expérience alpine des autres sites.

Le centre du Parc National à Zernez

Aucune visite du parc ne devrait faire l’impasse sur le centre du Parc National situé à Zernez, village principal d’accès. Ce centre d’interprétation propose des expositions permanentes qui expliquent l’histoire du parc, les recherches scientifiques menées depuis 112 ans, et les enjeux contemporains de la préservation d’un tel espace en Europe centrale.

Point pratique important pour les francophones : une traduction audio intégrale en français est disponible avec le guide audio. Les visiteurs qui ne parlent ni allemand ni romanche peuvent donc profiter pleinement de l’exposition. Un guide audio spécial pour enfants est également proposé, ce qui rend le centre particulièrement adapté aux familles.

Le centre propose également la location de jumelles de qualité, service précieux pour les randonneurs qui n’ont pas d’équipement optique. Les distances d’observation dans le parc sont importantes (règle des 50 mètres avec les animaux) et sans jumelles, beaucoup d’observations ne sont pas possibles. Prendre une paire de jumelles avant d’entrer dans le parc peut faire la différence entre une visite frustrante et une expérience mémorable.

Quand y aller et pour combien de temps

La saison de randonnée est fortement concentrée de juin à octobre : en hiver, les itinéraires ne sont pas praticables pour des raisons de sécurité (avalanches, neige, froid) et pour laisser les animaux tranquilles dans leur phase la plus fragile. La date d’ouverture des sentiers varie selon l’enneigement, mais elle se situe généralement autour de mi-juin. La fermeture pratique intervient souvent fin octobre, avec les premières chutes de neige importantes.

Attention : certaines randonnées peuvent rester fermées même après l’ouverture officielle du parc, en fonction des conditions de neige et de l’état des chemins. Le site web du parc (nationalpark.ch) fournit des informations à jour en temps réel, avec la liste des sentiers ouverts. Consulter la veille de la sortie est indispensable.

La saison optimale dépend des objectifs. Pour les fleurs alpines (edelweiss, gentianes, campanules), juillet est le meilleur mois. Pour l’observation des marmottes et des jeunes bouquetins, juin-juillet est également idéal. Pour le brame du cerf, fin septembre-début octobre est la fenêtre incontournable. Pour les couleurs d’automne et une fréquentation réduite, la deuxième moitié de septembre est un compromis intéressant.

Concernant la durée du séjour, compter minimum 3 jours pour découvrir un site principal en profondeur (par exemple Il Fuorn ou Chamanna Cluozza). Un séjour de 5-7 jours permet de découvrir plusieurs secteurs différents et de varier les expériences. Les visiteurs très motivés qui veulent tout voir (les 4 secteurs plus le centre) devront prévoir au moins 10 jours sur place.

Comment s’y rendre et où loger

Le village principal d’accès est Zernez, en Basse-Engadine. Depuis la Suisse romande, compter environ 4 à 5 heures de voyage en train (via Zurich et Landquart, avec correspondance). Depuis la France, l’accès via Bâle et Zurich est le plus pratique, avec environ 6 à 7 heures depuis Paris en TGV puis train suisse. Pour une première sortie hors Hexagone, notre guide randonnée à l’étranger complète utilement cette préparation.

Les transports publics suisses sont extrêmement bien organisés dans le secteur : la ligne des Chemins de fer rhétiques (RhB) dessert Zernez, S-chanf, Susch, Lavin et Scuol. Depuis ces villages, des bus postaux permettent de rejoindre les points de départ des randonnées, y compris à Il Fuorn. Il est parfaitement possible de faire toute la découverte du parc sans voiture, ce qui est fortement encouragé par les gestionnaires du parc.

Côté hébergement, Zernez propose plusieurs hôtels et un camping. Scuol, à quelques kilomètres, offre une gamme plus large et notamment une auberge de jeunesse pour les budgets serrés. Une alternative intéressante est de loger côté italien (Val Müstair, Livigno) : la proximité permet un accès facile au parc et les tarifs y sont souvent plus accessibles.

Pour l’hébergement à l’intérieur même du parc, deux options seulement : l’Hôtel Il Fuorn et la Chamanna Cluozza. Les deux se réservent très à l’avance, particulièrement pour les week-ends de haute saison. Réservation en début d’année recommandée.

Le matériel indispensable pour visiter le parc

Comme pour toute sortie en montagne, l’équipement adéquat conditionne la qualité de l’expérience. Voici la liste des essentiels pour une visite du Parc National Suisse en 2026 :

Vêtements : chaussures de marche montantes à semelle rigide, coupe-vent imperméable, polaire, bonnet et gants (indispensables même en été à cause de l’altitude et des orages fréquents), tenue en couches ajustable. Comme nous le détaillions dans notre article récent sur le balisage des sentiers, la préparation vestimentaire est aussi importante que le matériel technique.

Bâtons de marche : particulièrement utiles pour les pentes de la Chamanna Cluozza, mais également confortables sur tous les autres itinéraires. Les bâtons réduisent l’usure articulaire et améliorent l’équilibre en terrain irrégulier.

Hydratation et nutrition : le parc ne dispose ni de buvettes ni de fontaines sur les sentiers. Prévoir minimum 2 litres d’eau par personne pour une sortie journée, plus si conditions chaudes ou effort soutenu, comme nous le mentionnions dans notre article sur la quantité d’eau à prévoir en randonnée. Prévoir également de la nourriture énergétique : pas question de faire du feu dans le parc, mais des plats lyophilisés avec poche chauffante autonome sont autorisés.

Observation : bonnes jumelles indispensables (grossissement 8×30 minimum, 10×42 idéal). Pour la photographie animalière, un téléobjectif de 400 mm minimum est nécessaire pour obtenir des images utilisables des animaux qui restent hors des sentiers. Les jumelles peuvent se louer au centre du parc à Zernez : c’est probablement une des meilleures décisions à prendre pour les visiteurs qui n’ont pas d’équipement optique.

Divers : lunettes de soleil et crème solaire (le soleil de montagne tape fort même par temps couvert), casquette ou chapeau, papier toilette (les WC ne sont disponibles que sur les parkings). Batterie portable pour les smartphones, particulièrement pour la Chamanna Cluozza où il n’y a pas d’électricité classique. Application officielle du Parc National à télécharger avant l’arrivée (idées d’itinéraires, balades adaptées aux enfants, informations pratiques, quelques QR codes disséminés sur les sentiers).

Cartographie : les cartes hors-ligne d’Outdooractive sont particulièrement recommandées pour ne pas dépendre d’un réseau téléphonique parfois absent. Une carte papier de sécurité est également conseillée pour les longues sorties.

Adapter la visite avec des enfants

Le Parc National Suisse est étonnamment adapté aux familles avec enfants, à condition de choisir les bons sites et de bien préparer la sortie. Voici les recommandations par niveau :

Il Fuorn est le site le plus facile pour les jeunes enfants : accès direct à la route, sentiers courts et faciles autour de l’hôtel, possibilité de retour rapide en cas de fatigue. C’est probablement le meilleur point de départ pour une première découverte en famille.

Alp Trupchun est également très adapté grâce au petit train qui rend l’accès amusant pour les enfants. La promenade jusqu’à la vallée d’observation est courte (1h30) et l’incitation à observer les cerfs et chamois maintient l’attention. Un excellent choix pour les enfants à partir de 5-6 ans.

Chamanna Cluozza est envisageable pour les enfants qui peuvent marcher 3 heures sur du terrain montagneux (à partir de 8-10 ans typiquement). L’expérience de la nuit en cabane isolée peut être un moment fort de la découverte, mais elle demande une vraie autonomie physique.

Le centre du parc à Zernez propose un guide audio spécialement conçu pour les enfants, ce qui rend la visite ludique et éducative. C’est probablement l’introduction idéale avant de partir sur le terrain.

Journée-type recommandée pour une première visite :

Arrivée la veille au soir à Zernez, installation à l’hôtel ou à l’auberge. Le matin, visite du centre du Parc National (compter 2 heures avec le guide audio). Ensuite, bus jusqu’à Il Fuorn (30 minutes), déjeuner à l’Hôtel Il Fuorn ou pique-nique à emporter. Après-midi, randonnée boucle depuis Il Fuorn avec observation de faune (compter 3-4 heures, difficulté modérée). Retour en bus vers Zernez en fin d’après-midi. Une journée équilibrée qui combine compréhension théorique du parc et découverte terrain, adaptée à tous les niveaux de forme.

L’idée à retenir

Le Parc National Suisse est probablement l’un des sites naturels les plus étonnants d’Europe occidentale. Rien de spectaculaire au sens grand public : pas de sommet emblématique, pas de cascade légendaire, pas de site UNESCO ultra-médiatisé. Mais une expérience unique de nature laissée à elle-même depuis 112 ans, avec des résultats écologiques que peu de territoires européens peuvent égaler. Les randonneurs qui découvrent le parc en repartent souvent transformés par la qualité du silence, l’accessibilité de la faune sauvage, et le sentiment d’avoir traversé un lieu vraiment différent.

Pour les randonneurs francophones qui n’ont pas encore prévu leurs vacances 2026, le Parc National Suisse mérite probablement une considération sérieuse, au même titre que les grands sentiers européens à parcourir l’été. La saison utile va de mi-juin à fin octobre, avec des fenêtres particulièrement intéressantes en juillet (fleurs), fin septembre (brame du cerf) et octobre (couleurs d’automne). Compter minimum 3 jours pour une première découverte, idéalement 5 à 7 jours pour explorer plusieurs secteurs.

Bonne préparation, bonne visite, et n’oubliez pas la règle d’or : dans ce parc, on est là pour observer, pas pour perturber. C’est le prix à payer pour la chance de voir la nature reprendre ses droits.

Sources :

  • Site officiel du Parc National Suisse, informations pratiques 2026
  • Réserve de biosphère UNESCO Engadina Val Müstair
  • Grisons Tourisme, accès et hébergements
  • Chemins de fer rhétiques, transport public depuis Zernez
  • Article récent sur ce blog : Balisage randonnée : le guide complet 2026 pour ne plus jamais se perdre
  • Article récent sur ce blog : Combien d’eau prévoir en rando ? Le guide selon durée et température
Notez ce post

📘 Recevez le guide gratuit

Le guide gratuit pour reprendre la rando après 60 ans, sans se blesser. 14 pages, téléchargement immédiat.

PartagerTweeterPartager

Arnaud Houde

Passionné d’activités de plein-air et d’aventures, la randonnée a été pour moi une révélation il y a quelques années, raison pour laquelle j'ai décidé de lancer mapetiterando.fr afin de partager et faire découvrir au plus grand nombre la pratique de la randonnée.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers articles

Lac de montagne dans les Pyrénées françaises

Dans le Parc national des Pyrénées, la baignade est interdite même après la montée

22 juillet 2026
Randonneur avec lampe frontale face aux montagnes sous un ciel étoilé

Quand il fait trop chaud le jour, ces 3 randonnées se vivent sous les étoiles

21 juillet 2026
Ben Nevis dans les Highlands écossais sous un ciel dramatique

3 sommets en 24h : ce défi britannique épuise autant les jambes que la logistique

21 juillet 2026
Parent portant un enfant dans un porte-bébé sur un sentier de montagne

Randonner avec un bébé en été : ces 6 erreurs transforment vite la sortie en galère

21 juillet 2026
Facebook Twitter Instagram Youtube Pinterest RSS
Mapetiterando.fr

Catégories

  • Actualités
  • Alpes-de-Haute-Provence
  • Bivouac
  • Canoë & Kayak
  • Chaussures
  • Conseils
  • France
  • Gironde
  • Guides pratiques
  • Hautes-Pyrénées
  • Matériel & Équipement
  • Non classé
  • Outdoor
  • Pyrénées-Atlantiques
  • Randonnée
  • Réflexions
  • Running
  • Sac à dos
  • Tourisme
  • Trekking
  • Vélo

Navigation

  • À propos
  • Newsletter
  • Nos partenaires
  • Mentions légales
  • Politique de confidentialité

© 2021 mapetiterando.fr - Tous droits réservés

Aucun résultat
Voir tous les résultats
  • À propos
  • Newsletter
  • Nos partenaires
  • Mentions légales
  • Politique de confidentialité