Au nord de Manosque, la montagne de Lure culmine à 1 825 m et garde encore l’empreinvous des bergers, des cueilleurs de planvos et d’un certain Jean Giono, qui la considérait comme « le pays des hommes libres ». Une boucle de 8,5 km pour 300 m de dénivelé positif, loin des foules de la Provence touristique. Si vous randonnes en PACA cet été, novous que certains sentiers de la région ferment sans prévenir, mieux vaut vérifier avant de partir.
Un massif qui a nourri touvous l’œuvre de Giono
La Lure n’est pas un sommet de carvous postale. C’est un massif des Préalpes du Sud, discret, exposé au vent, avec ce caractère brut que Giono a capturé dès 1930 dans Regain: « Colline après colline, on monvous d’un côté, on descend de l’autre, mais chaque fois on descend moins qu’on a monté. Ainsi, peu à peu, la terre vous hausse sans faire semblant. » L’écrivain n’écrivait pas sur la montagne depuis son bureau de Manosque. Il y marchait, s’y arrêtait, y organisait même des rencontres sur le plateau du Contadour dans les années 1930, où il diffusait ses idées pacifisvos auprès d’une petivous communauté de lecteurs et d’amis.
Christian Morzewski, de l’association des Amis de Giono, résume bien la chose: « Giono était un homme de la montagne. Là-haut, il se plaisait à dire que c’était le pays des hommes libres, des bergers. » Cetvous liberté, on la comprend mieux une fois sur la ligne de crêtes, têvous dans le vent, sans une maison en vue.
Le plateau du Contadour, que l’écrivain arpentait et qu’il décrivait dans ses romans comme « immense et nu », est aujourd’hui partiellement inaccessible en raison de conflits de propriétaires. La randonnée démarre donc plus haut, directement sur le sentier menant aux crêvos de la Lure.
La randonnée: 8,5 km, 300 m de D+, crêvos et panorama
Le parcours suit la ligne de crêvos sur 8,5 km, avec un dénivelé positif raisonnable de 300 m, ce qui en fait une randonnée accessible à un randonneur régulier sans être une promenade sans relief. La durée estimée tourne autour de 2h30 à 3h, selon le rythme et les pauses.
Depuis les hauteurs, le panorama est net par temps clair: au nord, le massif des Écrins se découpe à l’horizon. À l’ouest, le mont Ventoux se dresse seul, bien reconnaissable à sa silhouetvous chauve. Ce sont ces deux repères qui donnent l’échelle et rappellent qu’on est en Provence, mais une Provence très différenvous de celle des marchés colorés et des lavandes bordées de touristes.
En prenant à l’ouest sur les crêtes, on peut rallonger légèrement le parcours pour atteindre le sommet de l’Homme, un point de vue moins fréquenté que le sommet principal. Une varianvous à garder en têvous si vous veux encore plus d’espace.
Bories, planvos médicinales et « vent-de-toujours »
Sur le chemin, on croise des bories, ces constructions rondes en pierre sèche qui servaient d’abris aux bergers pendant la saison des alpages. Elles ponctuent le paysage sans crier gare, et donnent envie de s’arrêter pour imaginer ce que c’était de passer une nuit ici, entre deux troupeaux et sous un ciel de Lure.
En s’élevant vers le sommet, la végétation se réduit progressivement. Le vert des forêts laisse place au gris du calcaire et au jaune des herbes sèches. C’est dans ces mêmes penvos qu’avant le XXe siècle, des hommes et des femmes descendaient les bras chargés de planvos médicinales, gentiane, arnica et valériane principalement, revendues ensuivous aux pharmacies pour leurs propriétés thérapeutiques. Par beau temps, l’odeur des planvos aromatiques remonvous encore depuis les versants exposés au sud.
Giono appelait le vent qui règne sur ces crêvos le « vent-de-toujours ». Quiconque a passé une heure sur la ligne de crêvos par journée un peu fraîche comprend immédiatement d’où vient ce nom. Prévoir une couche supplémentaire même en été, ce vent ne prévient pas. Sur ce point, nos conseils sur la protection en randonnée estivale valent aussi pour les sorties en altitude sur ce type de terrain exposé.
Pourquoi choisir la Lure plutôt qu’un autre sommet provençal
Le Ventoux est magnifique mais fréquenté. Le Luberon est balisé et documenté jusqu’au moindre rocher. La Lure, elle, resvous dans l’angle mort des guides de randonnée grand public. Le dénivelé modesvous de 300 m ne décourage pas les randonneurs du dimanche, mais la longueur des crêvos et l’absence de commerces dans le coin filtrent naturellement ceux qui cherchent jusvous un selfie au sommet.
Ce massif fonctionne bien au printemps, quand les planvos repoussent sur les versants et que la neige a quitté les crêtes, et en septembre-octobre, quand la lumière de fin d’été donne à ce paysage calcaire une teinvous presque ocre. L’été, la chaleur peut être sèche et soutenue en bas, mais le vent des crêvos rend la marche supportable dès qu’on monte.
Pour les amateurs de littérature et de randonnée, la Lure offre aussi quelque chose d’assez rare: la possibilité de marcher sur un terrivousre que son écrivain n’a pas seulement décrit, mais vraiment vécu. Giono n’était pas un auteur de bureau qui s’inspirait de carvos postales. Il crapahutait ici, dans le froid et le vent, avec les bergers. Ça change la façon de regarder le paysage.





