Partir marcher en pleine nature transforme souvent la façon dont on interagit avec les autres. En ville, rares sont ceux qui échangent un mot avec une personne croisée dans la rue ou dans les transports bondés. Mais dès que l’on s’évade sur un sentier de randonnée, un réflexe collectif ressurgit : le fameux “bonjour”.
D’où vient cette habitude et pourquoi continue-t-elle d’exister face à l’afflux de randonneurs ? Découvrons ensemble les raisons profondes et l’évolution de ce petit signe de politesse si emblématique de l’esprit outdoor.
D’où vient la coutume de saluer lors des randonnées ?
Saluer chaque personne rencontrée en montagne ou en forêt n’est pas qu’une simple question de courtoisie.
Cette tradition trouve ses racines dans la relative solitude des milieux naturels. Autrefois, croiser quelqu’un sur un sentier signifiait partager un environnement parfois rude, générant spontanément un fort sentiment de solidarité. Saluer d’un simple mot ou geste revenait à reconnaître l’autre comme membre d’une même communauté, celle des amoureux de la marche et du monde sauvage.
Si cette règle reste tacite, elle participe à créer une atmosphère conviviale, bien loin de l’anonymat urbain.
Dire bonjour, c’est offrir une marque de respect mutuel : chacun signale ainsi sa présence sans perturber la tranquillité de l’autre. Progressivement, cela a forgé une norme sociale spécifique aux espaces moins fréquentés, où l’on privilégie la connexion humaine à la neutralité distante propre aux grandes villes.
Quels rôles joue le salut dans l’expérience de la randonnée ?
Créer un lien temporaire et bienveillant sur les chemins
Chaque bonjour lancé entre deux arbres rapproche brièvement des inconnus pourtant venus pour s’isoler.
Ce rituel devient un code partagé. Ce lien éphémère favorise un climat de confiance indispensable en cas d’imprévus. Dans certains environnements plus reculés ou peu sécurisés, échanger une parole permet aussi de mémoriser les visages croisés et de renforcer indirectement la sécurité du groupe.
Ce petit échange verbal agit alors comme un signal de reconnaissance mutuelle, utile pour identifier d’éventuels témoins ou pour signaler sa présence discrètement. Les habitués le savent : les souvenirs d’avoir dit bonjour à telle personne peuvent devenir précieux lorsqu’une assistance se révèle nécessaire.
Lutter contre l’indifférence urbaine au profit du partage naturel
Là où l’anonymat règne dans la vie citadine, la randonnée ramène chacun à des rapports plus simples et humains.
Échanger un banal salut n’impose aucune obligation mais rappelle que l’on traverse ensemble des paysages exigeants, sous le même ciel et face aux mêmes éléments.
Ce geste minimal suffit ainsi à briser la carapace d’indifférence, encourageant l’entraide si besoin.
Il contribue également à rendre l’espace plus accueillant, chaque marcheur devenant un ambassadeur informel de ce microcosme naturel où prime la convivialité.
Quand le nombre nuit à la tradition : les limites de la politesse surfréquentée
Les dernières années ont vu exploser la popularité de la randonnée.
Certains chemins réputés attirent désormais des foules ininterrompues, surtout lors des week-ends estivaux. Face à cette ruée, appliquer le respect scrupuleux du salut à chaque croisement peut vite s’avérer épuisant, frisant l’absurde lorsque les “bonjour” fusent toutes les trente secondes.
Plusieurs marcheurs reconnaissent lever le pied sur cette habitude quand la densité devient comparable à celle d’un centre commercial. L’usure vocale guette, tout comme la lassitude qui pousse alors à réserver ce rituel aux passages les moins fréquentés, là où il garde tout son sens original.
Tirer le meilleur parti du salut en randonnée
Il existe plusieurs façons d’adapter ce rituel aux réalités du terrain. La flexibilité s’impose, évitant ainsi de transformer une belle tradition en obligation pénible.
- Opter pour un simple signe de tête lors des journées très fréquentées afin de rester poli sans saturer sa voix.
- Garder le contact visuel : un regard amical suffit souvent à transmettre une attitude ouverte.
- Évaluer l’attente implicite selon la zone : en haute montagne, le salut prend davantage de poids symbolique ; sur une voie verte urbaine, la retenue prévaut.
- Respecter ceux qui ne souhaitent pas répondre, notamment les randonneurs solitaires qui veulent préserver leur bulle.
Le salut en randonnée, par-delà la formule banale, exprime encore aujourd’hui la volonté de partager un espace hors du commun, même brièvement, dans le respect de chacun.






Se dire un petit bonjour en rando c’est sympa et convivial. Les membres du Club Alpin le faisait quand j’y étais j’espère que c’est toujours le cas.Même dans le bus j’adore le faire et ça engendre des sourires et des mercis:Donc à vous 🤩
Merci pour cette analyse… Brisant l’indifférence, ce « bonjour » reste une marque de bienveillance et de solidarité. Il faudrait le développer. Il y a 70 ans, en entrant dans un commerce on ouvrait la porte et laissait sortir ceux qui le quittaient. Dans le métro ou le train, on se levait pour céder spontanément notre place assise aux personnes âgées, aux femmes qui avaient ou non un gros ventre… Ce « bonjour » etait cultivé autant dans l’espace public en ville que sur les chemins de randonnée aujourd’hui…..
Autant de signes de bienveillance qui restent essentiels pour bien vivre ensemble….Aujourd’hui, on veut se démarquer, se singulariser. Le « bonjour », le « merci » sont trop souvent des marques de ringardise…..Il y aurait tant à dire, tant à faire !
Épuisement jeune âge, je marche en montagne. J’ ai notamment un gentil ‘Grüssgott'(bonjour en Autriche) à 5 ans…sympa et je m’ en souviens à 55 ans. Votre article m’ a plus puis m’ a déçu: il intellectualise cette pratique naturelle et réconfortante…il nous dit quoi faire faire…quand, comment. Mais pour qui se prend-on et nous prend-on ? Rando=liberté.
Bonjour.
Cela était vrai avant la venue de la nouvelle masse de pseudos randonneurs,les personnes sont moins ouvertes au dialogue
Cordialement
Perso, je salue pour pas avoir l’air con de passer devant des gens et de rien dire.
Ça s’appelle la POLITESSE.
« Surprenant », n’est-ce-pas ?
Rien avoir
ça s appelle la politesse le respect ce qui vous manque totalement…
Venez en valais vous verrez …
Le temps de pause est beaucoup trop long ! Pour une rando digne de ce nom une heure pour le casse croûte. Une demi heure pour préparer la suite et on continue la marche. Surtout en montagne on ne traîne pas
Moi je dis bravo à tous ceux qui disent bonjour, en Rando 😘,mais une fois rentré à la maison c’est fini, plus personne ne sait répondre à un simple bonjour Madame ou Monsieur,
quand on rentre dans une boutique ou salle d’attente, ect c’est pareil on ne parle même pas de dû simple s’il vous plaît et du merci
Passer aux oubliettes💩
Quand au pauvre gamin qui dit bonjour à des adultes et que personnes ne soient en mesure
de lui répondre un petit bonjour 🥴
Où va t’on