En randonnée, on parle souvent du souffle, des genoux ou du dos… Mais il existe un acteur discret, souvent oublié, et pourtant absolument essentiel : les mollets.
Saviez-vous que les muscles du mollet sont parfois surnommés le « second cœur » par les spécialistes ? Ce n’est pas une image marketing : c’est une réalité physiologique reconnue.
Et pour les marcheurs et randonneurs seniors, comprendre ce rôle peut tout changer, moins de jambes lourdes, plus d’endurance, une meilleure récupération et un cœur soulagé.
Pourquoi parle-t-on des mollets comme d’un “second cœur” ?
Le cœur envoie le sang riche en oxygène vers tout le corps. Mais une fois utilisé par les muscles, ce sang doit remonter vers le cœur… contre la gravité.
C’est là que les mollets entrent en jeu.
Les deux grands muscles du mollet (le soléaire et le gastrocnémien) agissent comme une pompe naturelle.
À chaque pas, à chaque poussée sur l’avant-pied, ils compressent les veines et aident le sang à remonter.
Des valves empêchent le sang de redescendre, et le travail est réparti entre le cœur et… vos mollets.
- Plus vos mollets sont actifs, plus la circulation est fluide.
- Plus ils sont faibles ou inactifs, plus le cœur doit forcer.
Pourquoi c’est encore plus important après 60 ans ?
Avec l’âge, plusieurs phénomènes apparaissent :
- diminution de la masse musculaire
- circulation veineuse moins efficace
- jambes lourdes ou gonflées après l’effort
- récupération plus lente après la marche
Une étude publiée dans le Journal of Biomechanics a montré que des personnes souffrant d’insuffisance cardiaque présentaient des mollets plus petits et moins puissants que les personnes en bonne santé.
Cela confirme une chose simple : des mollets forts soulagent le cœur et améliorent la circulation générale.
Pour les randonneurs, cela signifie :
- moins de fatigue dans les montées
- moins de sensations de jambes lourdes
- meilleure stabilité sur terrain irrégulier
- récupération plus rapide après une sortie
En randonnée, vos mollets font bien plus que pousser !
Sur les sentiers, les mollets ne servent pas uniquement à avancer.
Ils participent à :
- l’équilibre en descente
- l’absorption des chocs
- la stabilité de la cheville
- la prévention des chutes
Des mollets endurants et bien entraînés permettent de marcher plus longtemps, avec un pas plus sûr, surtout lorsque le terrain devient irrégulier.
Comment entretenir ce “second cœur” au quotidien ?
La bonne nouvelle, c’est que les mollets répondent très bien à un entraînement simple et régulier.
1. Marcher… vraiment
La marche reste la base. Chaque pas active la pompe veineuse des mollets.
Varier les terrains (plats, faux plats, petites côtes) stimule encore davantage leur travail.
Ajoutez du poids sur vos épaules pour augmenter la résistance.
2. Faire des montées sur la pointe des pieds
Les élévations de mollets sont l’exercice numéro un :
- debout, pieds parallèles
- montez lentement sur la pointe des pieds
- redescendez en contrôlant
10 à 20 répétitions, 2 à 3 fois par jour si possible, même en se tenant à une chaise.
3. Travailler la mobilité des chevilles
Des chevilles mobiles permettent aux mollets de travailler efficacement.
Cercles de chevilles, flexions/extensions du pied, étirements doux : quelques minutes par jour suffisent.
4. Éviter les longues périodes immobiles
Après un long trajet en voiture ou une journée assise, se lever, marcher quelques minutes ou faire quelques mouvements de mollets aide immédiatement la circulation.
À retenir pour les randonneurs
Les mollets ne sont pas de simples muscles de marche.
Ils sont :
- un soutien majeur du cœur
- un pilier de l’équilibre
- un facteur clé de l’endurance
- un allié précieux pour la récupération
Prendre soin de ses mollets, c’est prendre soin de sa randonnée…mais aussi de sa santé globale.
Alors la prochaine fois que vous grimpez un sentier ou descendez un chemin caillouteux, pensez-y : à chaque pas, votre “second cœur” travaille pour vous…





