Imperméable ou non imperméable : c’est souvent la première question qui coince au rayon chaussures. Et pourtant, la réponse n’est pas la même selon la saison, le terrain ou la façon dont tu transpires. Comme on l’expliquait dans notre article sur le choix du sac 20L, le bon matos dépend avant tout de ton usage réel, pas des tendances. On t’explique ce que les tests en labo et sur le terrain ont vraiment révélé.
Comment fonctionne une membrane imperméable dans une chaussure de rando ?
Une membrane comme le Gore-Tex, c’est une couche supplémentaire glissée entre les différentes épaisseurs de la chaussure. Elle est percée de micropores tellement petits que les gouttes d’eau ne peuvent pas passer, mais assez grands pour laisser s’échapper la vapeur d’eau produite par la transpiration. Résultat : si tu traverses un ruisseau ou que tu marches sous la pluie, le pied reste sec. En théorie.
En pratique, cette membrane a un coût. Elle pèse environ 30 grammes par paire (soit une once par chaussure, selon les tests de Backpacker Magazine sur l’Altra Lone Peak 9 et sa version Gore-Tex), et elle réduit la respirabilité du shoe. Pas de façon catastrophique, mais suffisamment pour faire une vraie différence par temps chaud ou en cas d’effort soutenu. Pour les pieds qui chauffent et transpirent facilement, c’est un critère décisif.
Les 3 situations où la chaussure imperméable fait vraiment la différence
1. Les demi-saisons humides : printemps précoce et automne tardif
Quand le sol est détrempé, les flaques persistantes et les herbes hautes gorgées de rosée dès le matin, une chaussure imperméable protège pendant toute la durée de la sortie. La membrane fait son travail si l’eau vient de l’extérieur et ne dépasse pas le col de la chaussure. Sur des journées entières en terrain mouillé, c’est clairement le bon choix.
2. L’hiver en basse altitude, avec neige légère et terrain enneigé
Pas besoin de partir en haute montagne pour mériter une membrane. Une rando hivernale sur sentier forestier avec neige fondante ou givre persistant, c’est typiquement le terrain où la chaussure imperméable brille. Elle maintient le pied au chaud et au sec bien plus longtemps qu’une version non traitée.
3. Les longues traversées sans possibilité de faire sécher le pied
Lors d’une sortie de plusieurs jours avec nuit en refuge ou bivouac, avoir des chaussures qui se gorgent d’eau au premier passage de gué peut ruiner la suite du séjour. La membrane limite ce risque sur les traversées où les occasions de sécher ses affaires sont rares.
Les 3 situations où la chaussure non imperméable est meilleure
1. Les randonnées en climat sec ou aride
En été sur des sentiers secs, en garrigue ou en montagne sans précipitations attendues, la membrane devient presque un handicap. Sans elle, la chaussure respire bien mieux. Les pieds restent plus frais, la transpiration s’évacue plus facilement, et le risque d’ampoules liées à la chaleur diminue.
2. Les averses passagères et les traversées de ruisseaux ponctuelles
Un orage de 30 minutes en montagne l’été, ou un gué à franchir sans vouloir perdre de temps à enlever les chaussures : une chaussure non imperméable va se mouiller, mais elle sèche aussi beaucoup plus vite. En milieu et fin de journée, le pied est de nouveau au sec. Avec une membrane, une fois que l’eau est entrée (par le dessus du col ou par la semelle), elle stagne bien plus longtemps.
3. Les sorties avec effort intense ou chaleur forte
Les trail runners non imperméables restent la référence pour les conditions chaudes et les efforts soutenus. La transpiration s’évacue, le pied ne macère pas. C’est aussi pour ça que la majorité des coureurs de trail, même sur des formats longs, évitent les membranes sauf conditions météo franchement adverses.
Ce que ça change concrètement : le test des deux Altra Lone Peak 9
Pour comparer concrètement, Backpacker Magazine a testé en laboratoire les deux versions du même modèle : l’Altra Lone Peak 9 et son pendant Gore-Tex. Même semelle, même gabarit, même coupe. La seule différence visible à l’oeil est une légère variation de matière sur l’avant-pied liée à l’intégration de la membrane, et ce fameux surplus de poids d’environ une once par chaussure.
Passé sous l’eau, le résultat est sans appel : les gouttes roulent et glissent sur la version Gore-Tex, pendant que l’eau s’infiltre progressivement dans le tissu de la version standard. Mais ce même tissu qui absorbe l’eau peut aussi la laisser repartir beaucoup plus vite une fois que l’humidité cesse.
Pour les randonneurs qui sortent toute l’année et dans des conditions variées, l’idéal reste souvent d’avoir les deux paires. Ça paraît un luxe, mais le confort de pied sur une journée entière, ça change vraiment le plaisir de la sortie. Et si tu réfléchis à l’équipement dans sa globalité, notre article sur comment choisir ton sac de rando 20L suit la même logique : adapter le matos à la sortie, pas l’inverse.





