Actualités, itinéraires de randonnée et tourisme en France
  • Accueil
  • Actualités
  • Randonnée
  • Tourisme
  • Outdoor
  • Conseils
S'abonner
Actualités, itinéraires de randonnée et tourisme en France
  • Accueil
  • Actualités
  • Randonnée
  • Tourisme
  • Outdoor
  • Conseils
Accueil Conseils

Pourquoi l’altitude coupe l’appétit : la leptine n’y est pour rien

Arnaud Houde par Arnaud Houde
Publié le 9 octobre 2026
Lecture 6 min
altitude faim

À lireaussi

karl bushy

Il marche depuis 28 ans pour rentrer chez lui : à 57 ans, il redoute maintenant l’arrivée

21 octobre 2026
Sentier de randonnée dans le bocage vendéen

Randonner dans le haut bocage vendéen : cinq balades à moins de 30 minutes du Puy du Fou

21 octobre 2026

Ajoutez MaPetiteRando à vos sources préférées sur Google

Retrouvez plus facilement nos articles dans Google et aidez-nous à faire de MaPetiteRando l’une de vos sources favorites.

Fonctionne avec les préférences de sources Google.

Il y a une expérience que tout le monde a vécue en altitude sans savoir qu’elle était mesurée : on monte, on s’installe, on est fatigué, et on n’a pas faim. On se force à manger la moitié de son assiette. Les jours suivants, on se rend compte qu’on a perdu du poids, alors qu’on était en montagne pour marcher, pas pour maigrir.

Ce phénomène porte un nom dans la littérature scientifique : l’anorexie d’altitude. Et l’explication qu’on entend le plus souvent n’est pas la bonne.

Ce qui est solide : l’appétit baisse vraiment

Le point de départ n’est pas discutable. L’exposition à l’altitude réduit l’apport alimentaire et provoque une perte de poids, d’autant plus marquée que l’altitude est élevée et le séjour long.

Les ordres de grandeur sont documentés : environ 3 % du poids corporel perdus en 8 jours à 4 300 m, et jusqu’à 15 % après trois mois entre 5 300 et 8 000 m. Une revue de référence conclut sans ambiguïté que cette perte de poids est « principalement causée par la malnutrition liée à la satiété induite par l’hypoxie », indépendamment du mal aigu des montagnes. Autrement dit, ce n’est pas seulement qu’on se sent mal : c’est que la satiété s’installe.

Une autre précision utile : une part de la perte de poids initiale est une perte d’eau, et elle est ensuite relayée par une perte de masse grasse et musculaire liée au déficit d’apport. Et un point rassurant : jusqu’à environ 5 500 m, il n’y a pas de malabsorption des macronutriments. Votre corps ne digère pas moins bien. Il mange simplement moins.

L’explication qu’on entend partout, et qui ne tient pas

Si vous cherchez « altitude appétit » sur internet, vous tomberez presque toujours sur la même réponse : la leptine, l’hormone de la satiété.

Le problème, c’est que cette piste est contradictoire, et que les chercheurs qui l’ont testée le disent eux-mêmes. Une équipe a conclu en 2007, dans Nutritional Neuroscience, que « la leptine et le stress oxydatif ne sont probablement pas les acteurs clés de l’anorexie d’altitude ». Une autre publication va jusqu’à intituler son article : « la leptine n’est peut-être pas responsable de l’anorexie d’altitude ».

C’est un cas d’école de la différence entre ce qu’on lit dans la presse et ce que disent les publications. La leptine a été mesurée tantôt en hausse, tantôt en baisse, selon les protocoles. Elle reste une piste, pas une explication.

Alors, quel mécanisme ?

La piste la plus consensuelle aujourd’hui est différente : ce n’est pas une hormone de satiété qui monte trop, c’est une hormone qui stimule l’appétit qui baisse.

La ghréline, sous sa forme acylée, est l’une des principales hormones qui déclenchent la faim. Une revue publiée dans Frontiers in Physiology en 2017 conclut que les données actuelles suggèrent que l’hypoxie peut, surtout de manière aiguë, réduire l’appétit, le plus probablement par une diminution de la concentration de ghréline acylée. L’auteur précise que les autres marqueurs hormonaux sont bien plus obscurs.

Une étude contrôlée menée à 4 300 m apporte un détail précieux : l’appétit était plus faible lors des deux premiers jours, mais plus différent après acclimatation et perte de poids. La ghréline acylée restait supprimée tout au long du séjour. Autrement dit, le phénomène est surtout intense au début.

À partir de quelle altitude cela compte-t-il vraiment ?

C’est ici qu’il faut être précis, parce que c’est là que circulent les affirmations les plus fausses.

  • Les effets nets sur l’appétit sont surtout documentés au-dessus de 3 500 à 4 300 m. À 4 300 m, l’appétit est réduit dès le premier jour.
  • Jusqu’à environ 5 000 m, l’équilibre énergétique reste atteignable si l’on mange suffisamment. C’est documenté par une expédition scientifique qui a vérifié le bilan énergétique jusqu’à cette altitude.
  • À 6 542 m, le déficit est inévitable. L’étude menée à cette altitude a mesuré un bilan énergétique négatif tout au long de l’observation.
  • À altitude modérée, entre 2 000 et 3 000 m, les données manquent. L’effet sur l’appétit n’est pas solidement démontré.

Il faut donc se méfier d’un article qui affirmerait que « dès 1 500 m, l’appétit chute ». Ce n’est pas établi. Nos repères sur le mal des montagnes traitent de la même question de seuils, avec la même prudence nécessaire.

Ce que ça change pour votre trek

Trois conséquences pratiques, et elles sont simples.

Ne comptez pas sur votre appétit les premiers jours. C’est la période où l’effet est le plus marqué. Si vous prévoyez un trek avec plusieurs jours en altitude, mieux vaut prévoir des aliments appétents et denses en énergie plutôt que de compter sur la faim pour réguler. Notre dossier sur la préparation des repas en trek détaille ce point.

Ne confondez pas la perte de poids avec une réussite. La perte initiale est en partie de l’eau. Ensuite, quand le déficit s’installe, une partie de la masse musculaire part aussi, ce qui est exactement ce qu’on ne veut pas en montagne, où la force conditionne la sécurité.

Mangez même sans faim, mais sans vous forcer à l’excès. Une revue de l’énergétique en altitude note que l’effet est en partie une question de satiété, donc de volume et de rythme, plus que de capacité digestive. Fractionner aide souvent plus que de grosses portions.

Ce qu’on ne sait pas

Les limites de ces travaux doivent être dites.

  • Les effectifs sont petits : une étude phare repose sur 17 participants, une autre sur 30.
  • Les populations sont particulières : surtout de jeunes hommes sains en conditions d’expédition.
  • Les facteurs confondants sont nombreux : déshydratation, mal aigu des montagnes, perte de goût, froid, fatigue, monotonie alimentaire, charge d’exercice.
  • Les dosages hormonaux sont hétérogènes, avec des moments de prélèvement et des méthodes qui varient d’une étude à l’autre.

Et un point qui mérite d’être répété : la perte de poids en altitude n’est pas seulement une affaire d’appétit. S’ajoutent une dépense énergétique augmentée et une perte d’eau initiale. L’anorexie est un facteur, pas la cause unique.

L’idée à retenir

L’altitude coupe réellement l’appétit, et l’effet est mesuré : environ 3 % du poids corporel perdus en 8 jours à 4 300 m. Mais l’explication la plus répandue, la leptine, est contredite par les études, qui concluent même que cette hormone n’est probablement pas le mécanisme principal. La piste la plus consensuelle est une baisse de la ghréline acylée, cette hormone qui déclenche la faim, et l’effet est surtout intense dans les premiers jours. Les effets nets sont documentés au-dessus de 3 500 à 4 300 m, pas dès 1 500 m. Et jusqu’à environ 5 000 m, l’équilibre énergétique reste atteignable : le corps ne digère pas moins bien, il mange simplement moins.

Sources

  • Westerterp KR, « Energy and water balance at high altitude », News Physiol Sci, 2001
  • Kayser B, « Nutrition and energetics of exercise at altitude », Sports Med, 1994
  • Debevec T, « Hypoxia-Related Hormonal Appetite Modulation in Humans », Front Physiol, 2017
  • Karl JP et al., « Appetite Suppression and Altered Food Preferences at High Altitude », High Alt Med Biol, 2018
  • Vats P et al., « High altitude induced anorexia: effect of changes in leptin and oxidative stress », Nutr Neurosci, 2007
  • Vats P et al., « Leptin may not be responsible for high altitude anorexia », High Alt Med Biol, 2004
  • Westerterp KR et al., « Energy balance at high altitude of 6,542 m », J Appl Physiol, 1994
Notez ce post

📘 Recevez le guide gratuit

Le guide gratuit pour reprendre la rando après 60 ans, sans se blesser. 14 pages, téléchargement immédiat.

PartagerTweeterPartager

Arnaud Houde

Passionné d’activités de plein-air et d’aventures, la randonnée a été pour moi une révélation il y a quelques années, raison pour laquelle j'ai décidé de lancer mapetiterando.fr afin de partager et faire découvrir au plus grand nombre la pratique de la randonnée.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers articles

karl bushy

Il marche depuis 28 ans pour rentrer chez lui : à 57 ans, il redoute maintenant l’arrivée

21 octobre 2026
Sentier de randonnée dans le bocage vendéen

Randonner dans le haut bocage vendéen : cinq balades à moins de 30 minutes du Puy du Fou

21 octobre 2026
Le pont Valentré à Cahors, ses trois tours et ses arches au-dessus du Lot

Ce pont du XIVe siècle porte le nom du Diable, et un diablotin sculpté y est toujours visible

21 octobre 2026
muscle

Randonnée : ce muscle méconnu aide votre dos à tenir pendant des heures de marche

21 octobre 2026
Facebook Twitter Instagram Youtube Pinterest RSS
Mapetiterando.fr

Catégories

  • Actualités
  • Alpes-de-Haute-Provence
  • Bivouac
  • Canoë & Kayak
  • Chaussures
  • Conseils
  • France
  • Gironde
  • Guides pratiques
  • Hautes-Pyrénées
  • Matériel & Équipement
  • Non classé
  • Outdoor
  • Pyrénées-Atlantiques
  • Randonnée
  • Réflexions
  • Running
  • Sac à dos
  • Tourisme
  • Trekking
  • Vélo

Navigation

  • À propos
  • Newsletter
  • Nos partenaires
  • Mentions légales
  • Politique de confidentialité

© 2021 mapetiterando.fr - Tous droits réservés

Aucun résultat
Voir tous les résultats
  • À propos
  • Newsletter
  • Nos partenaires
  • Mentions légales
  • Politique de confidentialité