Vous marchez avec des bâtons dynamiques ? Des chercheurs ont besoin de vous. La FFRandonnée s’associe à une étude scientifique pour mesurer ce que ces bâtons à ressort changent vraiment dans le corps. Et pour la première fois, votre ressenti de marcheur pèsera dans la balance.
On parle beaucoup des bâtons dynamiques depuis quelques années. Ces bâtons à système de pompe, qui s’enfoncent d’une vingtaine de centimètres à chaque appui, sont présentés comme une façon de muscler le haut du corps tout en marchant. La FFRandonnée en a même fait une discipline à part entière. Mais entre les promesses commerciales et ce qui se passe réellement dans vos muscles et votre coeur, il manquait une chose : des données scientifiques solides.
C’est exactement ce que vient combler une étude lancée en mai 2026. La fédération s’associe à un étudiant en Master, au Laboratoire Interuniversitaire de Biologie et de la Motricité et à l’Université Savoie Mont-Blanc. Et elle cherche des volontaires.
Trois façons de marcher, mises côte à côte
L’étude ne se contente pas de regarder les bâtons dynamiques dans leur coin. Elle compare trois modes de marche : sans bâton, avec bâtons rigides classiques, et avec bâtons dynamiques. C’est cette comparaison qui rend le travail intéressant. Jusqu’ici, beaucoup de chiffres circulaient sur le sujet, souvent issus des fabricants eux-mêmes. Là, on parle d’un protocole universitaire.
L’objectif est double : comprendre l’impact physiologique, du côté du coeur et de la dépense d’énergie, et l’impact biomécanique, du côté du geste et des appuis. À terme, ces résultats doivent servir à établir des recommandations d’usage adaptées aux activités de la fédération. Autrement dit, savoir à qui ces bâtons conviennent vraiment, et pour quel type de sortie.
Un baton dynamique n’est pas un baton de marche nordique. Le baton nordique est rigide et sert a la propulsion. Le baton dynamique integre un corps de pompe avec des resistances interchangeables, de 4 a 10 kg selon les modeles. A chaque poussee, il faut vaincre cette resistance, ce qui transforme la marche en exercice de renforcement.
Qui peut participer, et à quoi ça ressemble
L’étude recherche des volontaires de plus de 18 ans, qui pratiquent la marche avec bâtons dynamiques depuis au moins trois mois. Condition importante : ne pas présenter de contre-indication médicale, notamment cardiaque ou liée à l’équilibre. Logique, puisque le protocole mesure justement la fréquence cardiaque sous effort.
Concrètement, une session dure environ deux heures. Vous êtes accueilli par l’équipe de recherche, vous remplissez un questionnaire médical, puis vient une mesure de la force de poigne. Ensuite, le coeur de l’expérience : trois séquences de marche de 7 minutes chacune, une sans bâton, une avec bâtons dynamiques, une avec bâtons rigides. Entre chaque phase, environ 5 minutes de récupération.
Pendant que vous marchez, plusieurs données sont relevées. La fréquence cardiaque, la force que les bâtons appliquent au sol, et votre ressenti de l’effort. Vous marchez à la vitesse que vous voulez, à intensité modérée. Pas de performance à battre, pas de chrono. C’est votre marche habituelle qui intéresse les chercheurs.
L’experimentation se deroule sur deux sites en Auvergne-Rhone-Alpes : a Poisy, en Haute-Savoie, et au Bourget, en Savoie. Toutes les donnees recueillies sont anonymisees et ne font l’objet d’aucune diffusion nominative.
Après 50 ans, ces drôles de bâtons dynamiques renforcent le haut du corps mieux que la marche classique
Pourquoi votre marche peut faire avancer la recherche
Il y a quelque chose d’un peu rare dans cette démarche. D’habitude, les marcheurs lisent les conclusions d’une étude une fois qu’elle est publiée. Là, ce sont eux la matière première. Votre façon de planter le bâton, votre cadence, votre ressenti d’effort : tout cela devient de la donnée exploitable.
Et l’enjeu n’est pas anecdotique. La marche avec bâtons dynamiques est en plein essor dans les clubs affiliés à la fédération. Plus elle se développe, plus il devient utile de savoir ce qu’elle apporte vraiment, et à qui. Une étude solide aujourd’hui, ce sont des conseils mieux calibrés demain pour les animateurs comme pour les pratiquants.
Si vous correspondez au profil et que la région vous est accessible, le contact se fait directement avec l’équipe de recherche, par mail à rouaudv@etu.univ-savoie.fr ou par téléphone au 06 13 04 84 40. Deux heures de votre temps, pour une pratique qui en sortira mieux comprise.





