Mercredi, un randonneur américain de 37 ans a perdu connaissance après avoir été mordu par un serpent sur les contreforts du Vercors, en Isère.
Un rappel brutal que les sentiers de cette région accueillent aussi des vipères, et que quelques réflexes simples peuvent changer l’issue d’une mauvaise rencontre.
Ce qui s’est passé sur le sentier de Veurey-Voroize
Le randonneur et deux compatriotes américains progressaient sur un sentier des hauteurs de Veurey-Voroize, en bordure du massif du Vercors, quand l’homme a été mordu par un reptile décrit comme de couleur rouge et noire.
Son état s’est dégradé très rapidement. Ses compagnons ont déclenché les secours. À l’arrivée des équipes, la victime respirait encore mais était inconsciente.
Elle a été médicalisée sur place avant d’être héliportée au service déchocage du CHU Grenoble Alpes, où elle se trouvait dans un état grave.
L’espèce du serpent n’a pas été formellement identifiée. Selon Le Dauphiné Libéré, les secours envisagent la piste de la vipère aspic, certains spécimens pouvant présenter une coloration rouge. C’est le seul serpent venimeux réellement présent dans ce secteur du massif.
La vipère aspic dans le Vercors : une présence réelle mais souvent méconnue
La vipère aspic (Vipera aspis) est présente sur une grande partie du massif du Vercors, notamment sur les versants ensoleillés, les lisières de forêts, les pierriers et les zones de garrigue basse. Elle aime se chauffer sur les rochers en milieu de matinée ou en fin d’après-midi. Si la majorité des randonneurs ne la croisent jamais, elle n’est pas absente pour autant.
Sa couleur varie beaucoup selon les individus : gris, brun, rougeâtre, certains spécimens presque noirs. Ce qui la distingue de la couleuvre, c’est la tête triangulaire nettement marquée, les pupilles verticales en fente, et la queue courte. Elle ne cherche pas le contact. Une morsure arrive presque toujours quand on pose la main ou le pied sans regarder, ou qu’on la surprend à courte distance.
Que faire en cas de morsure sur le sentier
Le cas décrit à Veurey-Voroize illustre exactement le bon déroulé malgré la gravité : les compagnons ont alerté les secours sans perdre de temps, ce qui a permis une médicalisation rapide sur place. Randonner en groupe sur des sentiers isolés, c’est aussi ça : un filet de sécurité en cas d’imprévu. Partir seul dans le Vercors, surtout hors sentiers balisés, impose de toujours avoir un moyen de communication chargé et de laisser son itinéraire à quelqu’un.
Randonnée dans le Vercors : quelques précautions de terrain
Le Vercors est un massif superbe, parcouru de GR bien balisés et de sentiers locaux souvent déserts. Les conditions de fin de printemps et d’été, quand le soleil tape sur les dalles calcaires, sont précisément celles où les vipères sont les plus actives. Quelques habitudes suffisent à réduire drastiquement le risque :
Porter des chaussures montantes et des guêtres sur les terrains broussailleux ou pierreux. Regarder où l’on pose les mains avant de s’appuyer sur un rocher ou de saisir des branches basses. Rester sur le sentier plutôt que de couper à travers les zones de pierres plates ensoleillées. Si vous apercevez une vipère sur le chemin, contournez-la à bonne distance et laissez-la partir à son rythme.
Ces accidents restent rares. Chaque année en France, on recense quelques dizaines de morsures de vipères chez des randonneurs, très rarement mortelles quand la prise en charge est rapide. L’incident de Veurey-Voroize est sérieux, mais il ne doit pas faire fuir les amateurs du Vercors. Il rappelle surtout qu’une rando bien préparée, c’est aussi connaître les risques du terrain qu’on s’apprête à fouler.





