Les amoureux de la montagne et de la fume vont devoir revoir leurs habitudes : la cigarette n’a désormais plus sa place sur les pistes de ski, ni sur les itinéraires de ski de randonnée.
Un décret national, passé presque sous silence cet été, vient d’entrer en vigueur alors que les stations ouvrent tout juste pour la saison. Résultat : tolérance zéro dans les files d’attente, sur les remontées mécaniques et sur l’ensemble des pistes, y compris celles utilisées pour monter en peaux.
Un décret discret… mais aux conséquences très concrètes
Publié le 27 juin 2025, ce texte étend l’interdiction de fumer à de nombreux espaces extérieurs, dont les stations de montagne.
Cet été, l’attention était surtout portée sur les plages, elles aussi concernées, ce qui a relégué la montagne au second plan.
Avec le retour de l’hiver, le message est désormais clair : skieurs, randonneurs et vacanciers devront garder leurs cigarettes au chalet.
Les domaines skiables deviennent des espaces où l’on vient prendre l’air… mais plus la fumée.
Pourquoi cette interdiction ? Santé publique et protection de la montagne
1. Protéger la santé de tous
Les files d’attente bondées, les télécabines fermées, les zones de départ et d’arrivée sont autant de lieux où la fumée passive est difficile à éviter.
En interdisant la cigarette dans ces espaces, les autorités veulent limiter l’exposition à la fumée pour les familles, les enfants et l’ensemble des pratiquants.
2. Défendre un milieu naturel fragile
L’hiver dernier, lors d’une grande opération « zéro déchet » menée en montagne, plus de 57 000 mégots ont été ramassés en altitude.
C’est l’un des déchets les plus fréquents sur les domaines skiables.
Un seul mégot peut polluer plusieurs centaines de litres d’eau et met des années à se dégrader. Sur la neige, tout finit par rejoindre torrents, rivières, lacs et nappes phréatiques au printemps.
En bref : fumer sur les pistes, c’est laisser une trace durable bien après la fonte.
Stations de ski : humour, pédagogie… mais fermeté
Pour accompagner ce changement, les acteurs de la montagne ont lancé des campagnes de sensibilisation s’appuyant sur des messages à la fois clairs et décalés :
- « La vue vous coupe déjà le souffle… inutile d’en rajouter. »
- « On vous tend des perches pour arrêter. »
- « Descendez propre, pas qu’en télécabine. »
L’objectif est de rappeler, avec le sourire, que la montagne est un espace partagé et fragile.
La propreté des pistes ne repose pas seulement sur les dameuses ou les équipes de nettoyage, mais sur chaque personne qui chausse des skis ou des peaux.
Les stations pionnières montrent la voie
Certaines stations n’ont pas attendu le décret pour instaurer leurs propres règles « sans fumée ».
Là où l’interdiction est en place depuis plusieurs saisons, le bilan est très positif :
- moins de déchets visibles sur les pistes et aux abords des remontées,
- une meilleure qualité de l’air dans les zones d’attente,
- des retours globalement favorables, y compris chez les fumeurs.
Beaucoup reconnaissent que les mégots en montagne sont une véritable plaie et qu’un cadre clair facilite les choses : on sait où l’on peut fumer… et surtout où l’on ne peut plus.
Et pour le ski de rando ? Tolérance zéro aussi
De plus en plus de domaines balisent des pistes de montée dédiées au ski de randonnée.
Ces itinéraires, très fréquentés à l’aube et au crépuscule, sont désormais strictement non-fumeurs.
C’est une excellente nouvelle pour celles et ceux qui apprécient le silence du matin, le crissement des peaux sur la neige et l’air glacé qui pique les poumons : plus de fumée, plus d’odeur, plus de mégots oubliés au bord de la trace.
Une avancée majeure pour les pratiquants outdoor
Cette nouvelle réglementation marque un tournant :
- La montagne est reconnue comme un espace naturel à préserver, même dans ses zones les plus aménagées.
- Les pratiques outdoor (ski, ski de rando, raquettes) s’inscrivent de plus en plus dans une logique de responsabilité environnementale.
Pour nous, randonneurs, skieurs de rando et passionnés de grands espaces, c’est une évolution logique : moins de fumée, moins de mégots, plus d’air pur et de paysages préservés.
Bref, une montagne plus propre et plus respirable pour les saisons à venir.





