Marcher depuis chez soi jusqu’à la forêt, sans voiture, sans navette, juste ses deux jambes et un sac sur le dos : l’urban hiking gagne du terrain en Île-de-France, et la forêt de Montmorency devient l’un de ses terrains de jeu favoris. Une façon de remettre du sens dans la sortie rando, à l’heure où de nouvelles tendances outdoor bousculent les habitudes.
C’est quoi exactement, l’urban hiking ?
Le terme vient directement de l’anglais et se traduit grossièrement par « randonnée urbaine« . Mais attention, ce n’est pas simplement une balade en ville. L’idée centrale, c’est de relier à pied un point de départ urbain, souvent son domicile ou une station de métro, jusqu’à un espace naturel.
Pas de voiture, pas de train, pas de bus : on part à pied, on traverse les quartiers, les banlieues, les zones pavillonnaires, et on finit par atteindre la nature. La forêt de Montmorency, à une quarantaine de kilomètres au nord de Paris, est devenue l’une des destinations phares de cette pratique pour les Parisiens.
Ce qui distingue l’urban hiking d’une simple randonnée, c’est la continuité du trajet depuis le milieu urbain. On ne « commence » pas la rando une fois arrivé en forêt : on la commence depuis le pas de sa porte. Le parcours traversant des zones industrielles, des rues commerçantes et des zones résidentielles fait partie intégrante de l’expérience. Certains pratiquants voient dans ce mélange de béton et de feuillus une façon de mieux apprécier la nature en fin de parcours, après avoir traversé ce que la ville a de moins poétique.
La forêt de Montmorency, destination naturelle des urban hikers parisiens
Avec ses 2 600 hectares, la forêt de Montmorency est l’une des plus grandes massifs boisés proches de Paris. Elle offre un réseau de sentiers balisés accessibles, des sous-bois de châtaigniers qui changent agréablement du bitume, et une vraie sensation d’isolement une fois qu’on s’enfonce dans les chemins. Pour un pratiquant d’urban hiking qui part de Paris intra-muros, le trajet total peut avoisiner les 30 à 40 km, avec un dénivelé positif modeste mais une durée de marche qui dépasse facilement la journée entière.
Pourquoi cette pratique séduit autant en ce moment ?
L’urban hiking répond à plusieurs envies à la fois. D’abord, celle de s’affranchir de la logistique habituelle de la rando : plus besoin d’un covoiturage, d’un billet de train ou d’un parking. On part de chez soi, point. Ensuite, il y a une dimension un peu sportive et mentale : relier Paris à une forêt à pied, c’est un défi qui donne de la consistance à la journée. Ce n’est pas un simple « tour de lac » du dimanche matin.
Il y a aussi une dimension sociale. Les groupes d’urban hiking se forment souvent via les réseaux sociaux, avec des rendez-vous au pied d’une station de métro à six heures du matin. On retrouve des profils variés, des trentenaires qui cherchent une alternative aux salles de sport, mais aussi des randonneurs plus aguerris qui voient ça comme un entraînement ou une façon de redécouvrir leur propre ville autrement. Si vous êtes plutôt du genre à préparer vos sorties longue distance, les conseils sur la gestion de l’effort par grosse chaleur s’appliquent tout autant ici, surtout en été quand le bitume stocke la chaleur bien plus que le sentier forestier.
Enfin, l’urban hiking repose sur une logique minimaliste : pas besoin d’équipement technique, pas de crampons ni de bâtons d’alpinisme. De bonnes chaussures de marche, un sac avec de l’eau et quelques encas, et c’est parti. Ce côté accessible tranche avec l’image parfois intimidante de la randonnée montagnarde, et c’est probablement ce qui explique en partie son succès auprès d’un public urbain qui n’a pas forcément grandi avec un topo-guide dans les mains.





