Plus de 9 millions de marcheurs le foulent chaque année, c’est la randonnée côtière la plus fréquentée de France après le GR20. Mais le GR34, ce sentier des douaniers qui colle au littoral sur 2000 km, se retrouve aujourd’hui confronté à un ennemi silencieux : l’érosion des falaises et des dunes. Des portions ferment, d’autres disparaissent. Ce qui se passe sur la presqu’île de Guérande et autour de Saint-Nazaire illustre un problème qui concerne les six départements traversés par ce sentier mythique.
Un sentier né en 1791, balisé en 1968, fragilisé aujourd’hui
Le sentier des douaniers existe depuis 1791. À l’origine, il servait à surveiller le littoral pour lutter contre la contrebande, du Mont-Saint-Michel à Saint-Nazaire. Le balisage GR34 ne date que de 1968, mais le tracé, lui, suit ce chemin vieux de plus de deux siècles. Sa logique est simple : longer le trait de côte au plus près. C’est précisément ce qui en fait aujourd’hui sa vulnérabilité.
L’accélération de l’érosion des falaises et des dunes a contraint de nombreuses communes à fermer des portions, parfois temporairement, parfois définitivement. Le principe fondateur du GR34 — passer au plus près du rivage — devient incompatible avec un littoral qui recule. Les six départements traversés par le sentier sont tous concernés par cette problématique, comme le souligne Alain Le Grall, président du comité Bretagne de la Fédération Française de Randonnée : « C’est une problématique qui nous préoccupe et nous occupe. »
9 millions de marcheurs, mais pas de sur-fréquentation
En 2018, une étude menée par les acteurs touristiques bretons avait évalué la fréquentation du GR34 à 9 millions de marcheurs par an, dont 40 % de locaux. Le profil des utilisateurs est varié : 67 % l’empruntent pour la simple balade, 26 % en font un usage sportif (trail, course à pied, marche nordique), et 4 % seulement pratiquent l’itinérance, parcourant en moyenne 180 km en 7 étapes. Certains vont bien plus loin : en 2021, le Lorientais Jérémy Desdouets a avalé les 2000 km en courant, en 27 jours, 11 heures et 35 minutes.
Depuis 2018, année où le GR34 avait été élu GR préféré des Français, aucun chiffre de fréquentation n’a été publié. La pratique de la randonnée ayant fortement progressé depuis le Covid, le nombre de marcheurs a sans doute augmenté. Pour autant, Alain Le Grall tempère : « On ne peut pas parler de sur-fréquentation non plus. »
Ce qui change concrètement pour les randonneurs
Avant de partir sur le GR34, quelques points pratiques s’imposent. D’abord, vérifier l’état du sentier en amont : des fermetures peuvent intervenir à tout moment, et elles ne sont pas signalées à distance. Sur place, respecter les interdictions de passage est impératif. « Si le chemin est fermé, c’est qu’il était dangereux », insiste le président FFR breton. Contourner une barrière sur ce type de sentier, c’est prendre un risque réel sur des falaises en mouvement.
Deux règles spécifiques au GR34 méritent d’être rappelées : la circulation des vélos y est interdite, et les bâtons de marche doivent impérativement être équipés d’embouts pour ne pas dégrader le sol. Enfin, si votre itinéraire traverse des plages, pensez à vérifier les horaires de marée avant le départ, car certains passages ne sont accessibles qu’à marée basse.
La Fédération Française de Randonnée met à disposition des conseils détaillés sur son site, et les topo-guides restent le meilleur outil pour préparer un parcours sur ce sentier. Si vous êtes plus attirés par des espaces moins fréquentés cet été, ces 3 parcs nationaux européens quasi vides en été valent aussi le détour.





