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« La randonnée trop dangereuse pour le cœur après un certain âge » : ce cardiologue démonte l’idée reçue

Irvin THOMAS par Arnaud Houde
Publié le 1 juin 2026
Lecture 5 min
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Un article de Marie France publié fin mai 2026 a fait du bruit avec son titre alarmiste : « après cet âge, la randonnée est trop dangereuse pour le cœur« . À lire le contenu de l’interview du cardiologue cité, on découvre exactement le message inverse. Voici ce que dit vraiment le Dr Claude Kouakam, et pourquoi vous pouvez relâcher l’inquiétude que le titre cherchait à provoquer.

Un titre alarmiste qui dit l’inverse du contenu

Le titre publié par Marie France suggère qu’il existerait un âge précis au-delà duquel la randonnée deviendrait dangereuse pour le cœur. C’est une affirmation forte, qui résonne particulièrement pour le lectorat senior, et qui circule désormais sur Google Discover et les réseaux sociaux.

Sauf que le Dr Claude Kouakam, cardiologue à l’Institut Cœur Poumon de Lille interrogé par Le Journal des Femmes et cité dans cet article, ne dit jamais une chose pareille. Sa position est en réalité l’opposée. Il indique que tout dépend du niveau d’entraînement individuel : une personne bien entraînée peut continuer à randonner jusqu’à 70 ou 80 ans sans difficulté, tandis qu’une personne de 30 ou 40 ans peu entraînée peinera à suivre. Ce n’est donc pas l’âge biologique qui compte, c’est la condition physique.

Sa conclusion, citée mot pour mot dans l’article, est sans ambiguïté : la randonnée peut se pratiquer « de 7 à 77 ans ». Aucune mention d’un âge limite après lequel l’activité deviendrait risquée.

L’entraînement compte davantage que l’année de naissance

Ce point central mérite d’être souligné, parce qu’il va à l’encontre du discours ambiant qui assimile rapidement l’avancée en âge à la nécessité d’arrêter le sport. Le cœur d’un randonneur entraîné de 75 ans fonctionne souvent mieux que celui d’un sédentaire de 45 ans. C’est l’usage régulier qui maintient la machine, pas la mise au repos.

La randonnée demande une certaine condition physique : capacité aérobie, capacité anaérobie pour les passages courts à effort intense, masse musculaire suffisante pour porter son corps et son sac sur la durée. Mais ces capacités s’entretiennent toute la vie, à condition de continuer à les solliciter.

Arrêter de marcher parce qu’on franchit la barre des 60 ou 65 ans est précisément ce qui fait baisser ces capacités et qui rend, à terme, la pratique plus difficile. Le bon réflexe est l’inverse : continuer, en adaptant le rythme et la durée plutôt que de raccrocher les chaussures.

La marche reste la meilleure assurance cœur disponible

L’autre point que rappelle l’article, et qui pesait pourtant peu face au titre, c’est que la randonnée et la marche en général font partie des activités les plus protectrices pour le système cardiovasculaire. Selon la Fédération Française de Cardiologie, 30 minutes de marche par jour réduisent de 20 % le risque d’infarctus du myocarde. Le Dr Kouakam place la marche au même niveau que le cyclisme et la natation comme activité d’endurance de référence pour entretenir le cœur.

Les bénéfices documentés s’empilent : renforcement musculaire et osseux, prévention de l’ostéoporose, baisse du mauvais cholestérol, baisse de la tension artérielle, réduction du risque de diabète de type 2, amélioration de la circulation sanguine, effet anti-anxiété, soutien du système immunitaire, lien social quand on marche en groupe. Aucune autre activité ne combine autant de bénéfices avec un risque articulaire aussi modéré.

À retenir avant tout :

Plus de 60 % des Français pratiquent la randonnée selon l’étude Union Sport & Cycle publiée en janvier 2026 pour la FFRandonnée. Cela représente près de 30 millions de personnes, ce qui en fait la première activité sportive du pays. La majorité de ces randonneurs sont des adultes au-delà de 50 ans. Si la rando était dangereuse passé un certain âge, les chiffres ne seraient pas ceux-là.

Les vrais signaux d’alerte à ne pas ignorer

Le discours rassurant ne signifie pas l’absence totale de vigilance. Le Dr Kouakam liste plusieurs signes qui doivent conduire à consulter un médecin sans attendre, quel que soit l’âge :

  • Une douleur thoracique pendant l’effort ou au repos
  • Un essoufflement inhabituel pour le niveau d’effort fourni
  • Une fatigue anormalement marquée par rapport à votre référence personnelle
  • Des palpitations cardiaques, surtout si elles sont nouvelles ou répétées
  • Un gonflement des jambes (œdème) en fin de journée ou au réveil

Ces signaux ne sont pas spécifiques à l’âge. Ils peuvent apparaître à 35 ans comme à 75 ans. La règle est la même dans les deux cas : ne pas les ignorer, consulter, faire les examens complémentaires nécessaires. Le cardiologue pourra ensuite proposer un suivi adapté et accompagner la reprise ou l’aménagement de la pratique de la randonnée, plutôt que son arrêt pur et simple.

Comment continuer à randonner après 70 ans, concrètement

Pour ceux qui passent ce cap symbolique sans vouloir lâcher les sentiers, quelques principes simples s’appliquent. Réduire progressivement les dénivelés et privilégier les itinéraires en moyenne montagne plutôt qu’en haute montagne. Allonger la durée des sorties plutôt que d’augmenter leur intensité, ce qui préserve l’articulation et le cœur. Marcher en groupe, qui apporte à la fois la sécurité et le lien social qui font la qualité du moment.

Investir dans de bons bâtons est l’un des conseils les plus rentables pour ce public : ils déchargent les genoux, sécurisent les descentes et donnent du rythme à la cadence cardiaque. S’hydrater plus que jeune, parce que la sensation de soif diminue avec l’âge. Et surveiller son alimentation pendant l’effort, en cassant la croûte tôt pour ne pas se retrouver à plat à mi-parcours.

Enfin, un bilan cardiologique de référence vers 60-65 ans, puis tous les deux à trois ans selon le contexte personnel, est un investissement de bon sens. Il ne s’agit pas de pathologiser la pratique, mais de marcher en confiance, avec une cartographie à jour de son système cardiovasculaire.

Ce qu’il faut retenir

Non, il n’y a pas d’âge précis à partir duquel la randonnée devient dangereuse pour le cœur. Cette affirmation, suggérée par un titre récent, ne reflète pas le contenu de l’interview du cardiologue qu’il prétendait résumer. Ce qui compte est votre niveau d’entraînement, votre condition physique du moment, et votre capacité à reconnaître les vrais signaux d’alerte. Pour la grande majorité des randonneurs entraînés, la pratique peut se poursuivre jusqu’à 70, 80 ans et parfois au-delà.

L’inquiétude générée par les titres anxiogènes fait sans doute plus de mal au cœur des seniors que la randonnée elle-même. Le meilleur réflexe quand on tombe sur ce genre de titre alarmiste reste de lire l’article jusqu’au bout et de chercher la source originale. Souvent, elle dit l’inverse.

Sources :

  • Marie Hervichon, « Vacances 2026 : après cet âge, la randonnée est trop dangereuse pour le cœur », Marie France (31 mai 2026)
  • Dr Claude Kouakam, cardiologue à l’Institut Cœur Poumon de Lille, interview originale Le Journal des Femmes
  • Étude Union Sport & Cycle pour la Fédération Française de Randonnée (janvier 2026)
  • Fédération Française de Cardiologie, données sur les bénéfices de la marche
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Arnaud Houde

Passionné d’activités de plein-air et d’aventures, la randonnée a été pour moi une révélation il y a quelques années, raison pour laquelle j'ai décidé de lancer mapetiterando.fr afin de partager et faire découvrir au plus grand nombre la pratique de la randonnée.

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