Fatigués de voir des touristes envahir leurs terres privées pour prendre des photos, des agriculteurs italiens font désormais payer l’accès à certaines zones des Alpes.
Les Alpes prises d’assaut… et les agriculteurs à bout
Voir cette publication sur Instagram
Chaque année, plus de 120 millions de visiteurs affluent dans les Alpes pour randonner, grimper ou simplement se détendre dans un décor de carte postale. Mais tout le monde ne les accueille pas à bras ouverts. Dans certaines régions alpines d’Italie, les agriculteurs se plaignent que les touristes piétinent leurs terres privées pour accéder à des spots rendus célèbres par Instagram.
Résultat : dans des zones comme Seceda ou Drei Zinnen, des tourniquets ont été installés et un tarif de 5 € (environ 5,77 $) est désormais demandé aux visiteurs désireux d’y accéder.
Des visiteurs mal préparés et irrespectueux
Carlo Zanella, président du club alpin du Haut-Adige, constate un changement radical du profil des visiteurs :
« Autrefois, ceux qui montaient en montagne étaient préparés, bien équipés, et venaient pour randonner. »
« Aujourd’hui, j’ai vu des gens monter à Seceda en tongs avec des parasols… et se retrouver coincés parce qu’ils n’avaient pas vérifié les horaires du téléphérique. Ce n’est pas ça, la montagne. »
Pour lui, l’essor des réseaux sociaux attire davantage de chercheurs de likes que de véritables randonneurs.
Un accès légal, mais encadré
En théorie, la loi italienne garantit un accès libre aux espaces naturels comme les Alpes. Mais jusqu’ici, aucune autorité n’a sanctionné l’installation des tourniquets. Au contraire, certaines zones touristiques comme Santa Cristina ont préféré encadrer les pratiques plutôt que les interdire.
Le président de l’office de tourisme, Lukas Demetz, explique avoir embauché quatre rangers pour maintenir les visiteurs sur les sentiers balisés et éviter qu’ils ne s’aventurent sur des propriétés privées.
« La situation s’est nettement améliorée », affirme-t-il. « Et même le problème des déchets est beaucoup moins grave qu’on le dit. »
Des mesures plus strictes dans d’autres régions alpines
Les tourniquets ne sont qu’un exemple des mesures mises en place. Au lac de Braies, célèbre pour ses eaux turquoise, il faut désormais payer 40 € pour se garer. Dans d’autres zones sensibles, le nombre de places de parking est limité à seulement 150 véhicules pour préserver les écosystèmes alpins et éviter la surfréquentation.
Le message semble clair : profiter des paysages, oui, mais pas au détriment de la nature ni des habitants.





