Imaginez franchir les 2 000 mètres d’altitude alors que l’on a vu passer neuf décennies. Ce n’est pas un conte, mais bien ce qu’a accompli Ginette Laplaige, une retraitée de Golfe-Juan, qui s’est élancée en août sur les chemins escarpés du Mont Mounier. Entourée de deux de ses enfants et de quatre petits-enfants, elle vient rappeler avec simplicité combien la passion et la ténacité peuvent inverser le fil du temps — et rapprocher les générations autour d’un défi collectif hors du commun.
Entre souvenirs, dépassement de soi et liens familiaux renforcés, cette ascension invite à repenser l’âge, la montagne et la force de la volonté. Plutôt que de s’attarder sur la prouesse sportive, jetons un œil attentif à cette mosaïque d’émotions et de bons conseils hérités sur le sentier.
Le parcours de Ginette : quand le goût de la randonnée se transforme en mode de vie
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Ce n’est pas un coup d’essai pour Ginette. Si son dernier sommet fait la une aujourd’hui, c’est que l’aventure est tissée en filigrane dans son histoire personnelle. Dès la cinquantaine, elle rejoint un club de randonnée local, découvrant alors le plaisir du grand air comme alternative au tumulte urbain. En arpentant colline après colline, elle mesure chaque année un peu plus tout ce que la marche apporte : sérénité, émerveillement devant la nature et, surtout, rencontres inoubliables sur les sentiers.
Cette passion ne faiblit pas avec le temps ; elle devient même un pilier dans sa routine hebdomadaire. Sur plusieurs décennies, Ginette accumule ainsi monts, paysages variés et petites victoires contre la fatigue ou le découragement, prouvant à son entourage que la vitalité ne connaît pas d’âge limite lorsqu’on nourrit régulièrement corps et esprit.
Comment la préparation mentale et physique façonne-t-elle un tel exploit ?
Pas question ici de gravir une montagne sans réfléchir, surtout lorsqu’on approche les 90 ans. Pour réussir ce type de projet, l’état d’esprit compte autant que la forme du jour. Ginette choisit d’avancer à son rythme sans jamais brûler les étapes ni succomber à la pression du chrono familial ou du groupe. Son secret tient autant à une organisation minutieuse qu’à une vraie écoute de ses sensations.
Les pauses régulières font partie intégrante du plan. Toutes les heures, la troupe s’arrête quelques minutes pour se reposer, partager une anecdote et boire un peu d’eau. Cette méthode tranche avec la hâte habituelle observée chez certains groupes de randonneurs, soulignant l’importance de vivre l’ascension comme une aventure collective et accessible.
Lorsque plusieurs générations se retrouvent sur un sentier, la réussite du groupe dépend de l’adaptation réciproque. La patience se révèle vite primordiale, car chacun avance selon son niveau d’aisance et ses propres objectifs. Maintenir une atmosphère bienveillante permet, par la même occasion, de renforcer la complicité entre jeunes et aînés, transformant l’expérience en précieux souvenir partagé plutôt qu’en compétition.
Pensez également à rythmer la journée par des petites célébrations : immortaliser l’instant avec une photo au détour d’un belvédère, encourager les moins motivés lors de passages difficiles, ou encore prévoir une récompense gourmande au sommet pour couronner l’effort commun.
Au fil des années, la randonnée séduit nombre de personnes âgées grâce à sa polyvalence : contact avec la nature, exercice modéré compatible avec différents niveaux physiques et occasions multiples d’échanger loin des tracas quotidiens. L’activité propose aussi une réponse concrète aux enjeux liés à la santé, favorisant la prévention de certaines pathologies tout en stimulant le moral.
De nombreux spécialistes insistent d’ailleurs sur les bienfaits de la marche fréquente en extérieur : elle entretient l’équilibre, préserve la mobilité et maintient l’autonomie sur le long terme — des atouts majeurs pour profiter pleinement de la retraite et multiplier les projets ambitieux.
Des moments marquants au sommet : solidarité et fierté partagées
L’arrivée au sommet provoque toujours son lot d’émotions, quelle que soit la hauteur gravie. Dans le cas de Ginette, le passage du dernier éperon marque autant l’accomplissement d’un rêve que le début d’une fête improvisée. On débouche une bouteille de champagne, on prend le temps d’apprécier la vue, et chacun savoure ce sentiment rare de victoire collective.
Même si la montagne n’était pas un terrain familier pour tous les membres du groupe, cet effort commun change la donne. Les souvenirs forgés là-haut resteront ancrés, source future de motivation et d’anecdotes à transmettre. Et si l’on s’arrête quelques mètres avant le sommet, vertige oblige, la véritable réussite réside dans le chemin parcouru côte à côte.
Quelques conseils clés pour oser l’aventure en famille, même en vieillissant
Oubliez l’idée reçue selon laquelle la marche en montagne serait réservée aux experts ou aux vainqueurs de marathon. L’organisation et l’écoute de soi forment souvent la meilleure arme face aux défis naturels. Prévoir un itinéraire adapté, ralentir le rythme et varier les plaisirs suffisent à transformer chaque excursion en expérience épanouissante.
- Prendre le temps de choisir un sentier correspondant aux capacités de chacun
- Négocier des pauses régulières et ne pas hésiter à ajuster le timing en fonction de la météo ou du ressenti
- Prévoir des vêtements adaptés et suffisamment d’eau et d’encas pour garder la forme durant l’effort
- Faire preuve de souplesse : il vaut mieux renoncer temporairement à quelques dizaines de mètres que risquer le malaise
- Célébrer ensemble chaque petite avancée, pour activer l’enthousiasme collectif
Cet exemple démontre que la montagne rassemble, valorise l’individualité et invite à repousser, avec bon sens et sourire, les frontières de l’âge. Une belle façon d’inspirer d’autres familles à tenter l’aventure, que ce soit près de chez elles ou sur les plus hauts sommets alentours.






Bravo Ginette ! Quel bel exemple. J’aimerais en faire autant mais ma vision me pénalise surtout en descente. Mille mercis Ginette