Dans l’Oberland bernois, à deux pas de Kandersteg, le lac d’Oeschinen surgit au détour d’un sentier comme une évidence : eaux turquoise, falaises vertigineuses, silence presque total. Un itinéraire accessible à la plupart des randonneurs, à condition de savoir par quel bout l’attaquer.
Si tu hésites encore sur ta prochaine destination alpine, les 7 parcs nationaux européens encore préservés des foules que nous avons recensés pourraient t’aider à choisir, mais Oeschinen mérite clairement sa place dans cette liste.
Un lac niché dans un cirque alpin classé au patrimoine mondial
Le lac d’Oeschinen se trouve dans le périmètre UNESCO des Alpes suisses Jungfrau-Aletsch, ce qui dit déjà beaucoup de la qualité du paysage environnant.
Perché en altitude au-dessus de Kandersteg, il est cerné de trois côtés par des parois rocheuses abruptes qui plongent presque directement dans l’eau. Selon la lumière du jour et l’avancement de la fonte des neiges, la surface oscille du bleu profond au turquoise lumineux. Des cascades saisonnières strivent les falaises et alimentent le lac, ajoutant une dimension sonore au tableau.
Ce qui frappe en premier, ce n’est pas seulement la couleur de l’eau. C’est l’espace.
Le cirque est immense, les crêtes dépassent les 2 700 mètres, et l’horizon fermé par la roche donne une sensation d’enclavement presque parfait, loin de tout bruit de vallée. Sur les rives herbeuses, quelques zones de pause permettent de s’asseoir face aux sommets pour déjeuner en altitude, ou simplement de laisser passer le temps.
Deux façons de monter, pour deux expériences différentes
Depuis Kandersteg, le point de départ se rejoint facilement en train depuis Berne ou Spiez, la gare étant à quelques centaines de mètres du départ des sentiers. Pour atteindre le lac, deux options s’offrent à toi.
La première passe par la télécabine de l’Oeschinensee, qui monte jusqu’à la station supérieure. Depuis là, une marche d’environ vingt minutes sur un chemin bien tracé et balisé suffit pour rejoindre les rives. C’est l’option familiale, praticable avec des enfants jeunes ou des personnes qui cherchent la balade tranquille plutôt que l’effort physique.
La seconde option consiste à monter intégralement à pied depuis Kandersteg. Le sentier gagne de l’altitude progressivement à travers prairies et pentes ouvertes, sans passage délicat. La montée prend environ 1h30 à 2h selon le rythme, avec un dénivelé positif de l’ordre de 600 mètres. C’est cette version qui donne tout son sens à l’arrivée : la surface du lac n’apparaît qu’en contrebas, au dernier moment, après un cheminement par étapes où la vallée s’ouvre et les sommets se rapprochent. L’apparition progressive fait partie du plaisir. Si tu travailles ta technique de montée, notre article sur le « pas français » pour soulager les mollets vaut le détour avant de partir.
Ce qu’on fait une fois au lac
Arrivé sur les rives, plusieurs itinéraires balisés permettent de prolonger la sortie selon ton niveau et tes envies. Les chemins qui longent les berges restent plats, parfaits pour une promenade lente en observant le reflet des parois dans l’eau. D’autres sentiers prennent de la hauteur vers des points de vue panoramiques sur l’ensemble du bassin : davantage de dénivelé, mais une perspective qui change complètement la lecture du paysage.
En été, lorsque la température le permet, la baignade est possible. L’eau reste fraîche, elle vient directement des neiges fondantes, mais certains s’y aventurent. Des barques sont disponibles à la location pour glisser silencieusement sur le lac, sans moteur, dans un calme assez rare.
L’hiver, le site se transforme : luge, promenades sur la neige, atmosphère tout à fait différente de la version estivale. Les falaises enneigées encadrent un lac souvent partiellement gelé, et la fréquentation chute brutalement, ce qui n’est pas pour déplaire à ceux qui cherchent la solitude.






