Il y a des trajectoires qui valent mieux qu’un long discours sur la progressivité. Celle d’Oprah Winfrey en fait partie. À 72 ans, elle a profondément modifié sa relation à l’activité physique, et la marche occupe une place centrale dans cette transformation. Le magazine PasseportSanté revient sur son parcours.
Ce qui rend son histoire intéressante n’est pas son niveau actuel. C’est son point de départ.
Le point de départ : une opération des deux genoux
Oprah Winfrey a subi une intervention aux deux genoux en 2021. Pendant sa convalescence, elle s’est fixé un objectif simple, formulé autrement que les résolutions habituelles : profiter pleinement de sa mobilité lorsqu’elle pourrait à nouveau bouger.
Elle raconte ensuite avoir procédé par étapes, et le détail est éloquent :
- des marches de cinq minutes au début ;
- une augmentation progressive de la distance ;
- un an plus tard, la capacité de parcourir plus de 10 miles, soit environ 16 kilomètres, en montagne.
C’est un écart considérable entre le point de départ et le résultat, et il s’est construit en douze mois. Pour une personne qui vient d’être opérée des deux genoux, la séquence a une importance qui dépasse l’anecdote : elle montre qu’un retour à un volume de marche significatif reste possible, à condition de ne pas brûler les étapes.
Le principe est exactement celui que nous détaillons dans notre protocole de progression sur trois semaines : une seule variable à la fois, et la régularité avant l’intensité. Pour une reprise après une longue interruption, les repères de dosage après 50 ans complètent utilement la démarche.
La marche est devenue autre chose qu’un exercice
Le deuxième élément du parcours est peut-être le plus intéressant pour qui cherche à tenir dans le temps. La marche n’est pas restée un outil de rééducation. Elle est devenue une habitude, puis un plaisir.
En 2025, Oprah Winfrey évoquait encore une randonnée réalisée la semaine précédente et décrivait la marche en forêt comme l’un des grands plaisirs de sa vie. La formulation compte : quand une activité cesse d’être une obligation de santé pour devenir une source de satisfaction, elle cesse d’être fragile.
C’est un mécanisme que nous avons détaillé à propos de la marche en forêt dans notre article sur les effets de la marche en milieu naturel. La forêt ajoute quelque chose à la marche elle-même, et ce quelque chose pèse dans la durée.
Début 2026 : la routine complète
Début 2026, elle explique faire de l’exercice quotidiennement et continuer à randonner. Deux précisions complètent le tableau.
La première est l’usage d’un gilet lesté d’environ 4,5 kg lors de certaines sorties. La seconde, plus importante, est qu’elle pratique en parallèle du renforcement musculaire.
Cette combinaison n’a rien d’un détail de célébrité en forme. Elle correspond à ce que recommandent les professionnels pour vieillir en conservant ses capacités : l’endurance seule ne suffit pas à préserver la force. Notre article sur la règle des 3-6-9 après 60 ans aborde cette question sous l’angle de la gestion de l’effort, et nos repères pour les randonneurs seniors rassemblent l’ensemble des points à surveiller.
Une réserve importante, que la source souligne elle-même : le gilet lesté n’est pas indispensable pour profiter des bénéfices de la marche, et il ne convient pas nécessairement à tout le monde, notamment en cas de douleurs articulaires. Il ne faut donc pas le lire comme une prescription. Pour quelqu’un qui sort d’une opération du genou, l’ajout de charge est même exactement le type d’initiative qui doit être validée par un professionnel avant d’être tentée.
Ce que ce parcours enseigne, concrètement
Trois enseignements se dégagent de son expérience, et aucun ne demande d’avoir été opéré des genoux.
- Commencer court n’est pas une concession. Cinq minutes, c’est un point de départ, pas un échec. La question utile n’est pas « combien je fais », mais « est-ce que je recommence demain ».
- Augmenter une variable à la fois. La progression qu’elle décrit porte sur la distance, pas sur la distance et la vitesse et la charge en même temps.
- Prévoir la suite après la rééducation. Le piège d’une reprise post-opératoire est l’arrêt une fois l’objectif de récupération atteint. Chez elle, la marche a été prolongée par une pratique choisie.
Sur le troisième point, une donnée simple aide à se situer : le fait de marcher régulièrement, même modestement, reste l’un des meilleurs prédicteurs de mobilité à long terme. Nos repères pour maîtriser la marche nordique en quatre semaines proposent un cadre structuré pour installer ce type de routine, et notre article sur randonner en solo après 60 ans traite de l’étape suivante, celle de la sortie en autonomie.
Pourquoi son exemple parle plus que les recommandations générales
Les conseils de progressivité sont répétés partout, et ils ont un défaut : ils restent abstraits. L’intérêt du parcours d’Oprah Winfrey est de rendre le principe visible, avec des dates et des chiffres.
Une opération en 2021. Des marches de cinq minutes. Seize kilomètres en montagne un an plus tard. Et, cinq ans après l’intervention, une pratique quotidienne mêlant randonnée et renforcement.
Ce n’est pas une méthode, et il ne faut pas la présenter comme telle : les circonstances individuelles, l’encadrement médical et la disponibilité jouent évidemment un rôle majeur. Mais c’est un cas concret qui illustre une règle utile. Se remettre à marcher après une opération n’a rien d’un exploit réservé à quelques-uns. Cela commence souvent par cinq minutes.
L’idée à retenir
Oprah Winfrey, 72 ans, a fait de la marche le centre de son activité physique après une opération des deux genoux en 2021. Elle a commencé par des sorties de cinq minutes, augmenté progressivement la distance, et atteint environ 16 kilomètres en montagne un an plus tard. En 2025, elle décrivait la marche en forêt comme l’un des grands plaisirs de sa vie. Début 2026, elle explique faire de l’exercice quotidiennement, randonner encore parfois avec un gilet lesté d’environ 4,5 kg, et pratiquer du renforcement musculaire en parallèle. À retenir : la progressivité fonctionne, la régularité compte plus que la performance, et l’ajout de charge après une opération doit passer par un avis professionnel.
Questions fréquentes
Combien de temps a-t-il fallu pour passer de 5 minutes à 16 km ?
Environ un an. Oprah Winfrey a commencé par de courtes marches de cinq minutes après son opération des genoux en 2021, puis a augmenté progressivement la distance jusqu’à parcourir plus de 10 miles, soit environ 16 kilomètres, en montagne.
Le gilet lesté est-il nécessaire ?
Non. La source précise explicitement qu’il n’est pas indispensable pour bénéficier des effets de la marche, et qu’il ne convient pas à tout le monde, en particulier en cas de douleurs articulaires. Après une opération, l’ajout de charge doit être discuté avec un professionnel.
Pourquoi associer marche et renforcement musculaire ?
Parce que l’endurance et la force sont deux qualités distinctes. La marche entretient le système cardiovasculaire et limite la sédentarité, mais elle ne suffit pas à préserver pleinement la masse et la force musculaires, qui sont déterminantes pour monter des escaliers ou se relever du sol.
Peut-on appliquer cette progression sans avoir été opéré ?
Oui, le principe est général : commencer à un volume confortable, augmenter une seule variable à la fois, et viser la régularité avant l’intensité. C’est la logique que nous appliquons dans nos programmes de reprise.
