En rando, ces gestes peuvent déclencher un feu de forêt sans que vous le sachiez

Sentier traversant une forêt brûlée après un incendie

Photo : Christian Palau, via Pexels.

Neuf départs de feu sur dix sont d’origine humaine, et la moitié vient d’une simple imprudence. Autrement dit: la plupart des incendies de cet été n’auraient pas dû exister. Voilà les gestes à bannir quand on marche, et celui qui peut vous sauver si ça part devant vous.

On a tendance à imaginer le feu de forêt comme une fatalité climatique. La sécheresse, le vent, la canicule. Ces facteurs comptent, mais ils n’allument rien. Il faut toujours une étincelle, et cette étincelle vient presque toujours de nous.

Neuf feux sur dix, c’est nous

Le chiffre vient de Météo-France et du ministère de la Transition écologique: 90 % des départs de feu sont d’origine humaine. La moitié d’entre eux découle d’imprudences ou de comportements dangereux. Le reste relève d’autres causes humaines, malveillance comprise, ce qui veut dire qu’on ne peut pas tout mettre sur le dos de la maladresse.

Autre donnée qui remet les idées en place: 80 % des feux se déclenchent à moins de 50 mètres des habitations. Le randonneur perdu au fond d’un vallon n’est donc pas le coupable type. Ça ne l’exonère de rien, mais ça situe le problème. Les gestes qui comptent sont ceux du quotidien, au départ du sentier, sur le parking, pendant la pause casse-croûte.

Et la pression monte. En 2024, la Météo des forêts avait signalé 48 journées avec au moins un département en danger élevé, et une seule en danger très élevé. En 2025, on est passé à 81 journées en orange et 13 en rouge. Treize fois plus de jours au niveau maximal en un an.

Les gestes à bannir quand on marche

Rien de sorcier dans cette liste. Ce sont les recommandations officielles du ministère, relayées par Météo-France et la FFRandonnée, traduites pour le sentier.

Ce que vous risquez:

Un mégot jeté au sol constitue une contravention de 4e classe, soit 135 € d’amende, majorable. Et si votre imprudence déclenche un incendie, on change complètement d’échelle: l’article 322-5 du code pénal prévoit jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende pour une destruction involontaire par incendie. Davantage encore si quelqu’un est blessé.

La Météo des forêts, à consulter la veille au soir

C’est l’outil que trop peu de randonneurs ont dans leurs réflexes, alors qu’il est gratuit et sans inscription. Depuis 2023, Météo-France publie chaque jour à 17h deux cartes du danger de feu, une pour le lendemain, une pour le surlendemain. L’échelle compte quatre niveaux par département: faible en vert, modéré en jaune, élevé en orange, très élevé en rouge. Le dispositif tourne du 28 mai au 30 septembre.

Attention au contresens, et il est fréquent. Cette carte ne prévoit pas les incendies, elle indique si les conditions météo favorisent un départ. Météo-France est catégorique là-dessus: un feu peut parfaitement se déclarer dans un département classé en vert, parce qu’il suffit d’une imprudence. Inversement, un département en rouge ne brûlera pas forcément.

Le rouge ne vous interdit rien non plus. Ce sont les arrêtés préfectoraux qui ferment les massifs, pas la Météo des forêts. Donc deux vérifications la veille: la carte de Météo-France pour le niveau de danger, le site de votre préfecture pour les restrictions d’accès.

Si un feu part devant vous

Là, chaque minute compte, et un réflexe très répandu est le mauvais.

Appelez immédiatement le 18, le 112, ou le 114 si vous êtes malentendant, en localisant le feu le plus précisément possible. Coordonnées GPS, nom du sentier, repère visible, tout ce que vous pouvez donner. Ne cherchez sous aucun prétexte à vous approcher du départ de feu, et quittez la zone en suivant les consignes des secours.

Et voici le point qui surprend beaucoup de monde: ne vous réfugiez pas dans votre voiture. C’est le réflexe naturel, et c’est une erreur. Un véhicule s’enflamme facilement. La consigne officielle est de se mettre à l’abri dans un bâtiment en dur. Un refuge, une maison, une bergerie. Pas un habitacle.

Rien de tout ça ne demande d’effort particulier. Consulter une carte la veille, repartir avec ses déchets, ne pas fumer sur le sentier. Ça tient en trois habitudes, et ça pèse plus lourd que n’importe quel discours sur le changement climatique. Neuf feux sur dix, c’est nous. Ça veut dire que neuf feux sur dix dépendent de nous.

Sources:

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