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À 91 ans, il devient le randonneur le plus âgé à terminer ce sentier mythique (malgré 71 chutes)

Irvin THOMAS par Arnaud Houde
Publié le 1 septembre 2026
Lecture 6 min
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À 91 ans, Dale « Grey Beard » Sanders a terminé le 31 août 2026 la traversée de l’Appalachian Trail, en atteignant le mont Katahdin, dans le Maine. Parti un an plus tôt de Virginie-Occidentale, il a parcouru les 2 193 miles du sentier par sections, avec des pauses et dans un ordre discontinu.

Un dernier pas au sommet du Katahdin

Le 31 août 2026, Dale Sanders a posé le pied au mont Katahdin, point septentrional de l’Appalachian Trail. Ce sommet granitique du Maine marque traditionnellement la fin de la grande traversée des Appalaches lorsque l’on progresse du sud vers le nord. Pour le randonneur américain, cette arrivée clôt un parcours commencé près d’un an auparavant, le 6 septembre 2025, en Virginie-Occidentale.

L’image est forte, mais l’exploit ne tient pas à une marche continue de plusieurs mois. Sanders a avancé par tronçons, en revenant régulièrement à une vie plus ordinaire entre deux étapes. Cette organisation explique pourquoi sa traversée s’est étalée sur près d’un an tout en couvrant l’intégralité de l’itinéraire reconnu.

2 193 miles à travers les Appalaches

L’Appalachian Trail traverse quatorze États américains, de la Géorgie au Maine. Sa longueur de référence est d’environ 2 193 miles, soit près de 3 530 kilomètres. Le tracé cumule des changements de relief, des terrains rocailleux, des forêts épaisses et de longues portions où la météo peut modifier rapidement les conditions de progression.

Le sentier n’est pas une simple ligne régulière sur une carte. Les étapes peuvent être courtes ou très longues selon le relief, les accès routiers, les points de ravitaillement et la forme du jour. À cette échelle, parcourir chaque section demande surtout de la régularité, une organisation précise et la capacité à reprendre le fil du parcours après une interruption.

Une traversée reconnue même en plusieurs fois

Dans le vocabulaire de la randonnée américaine, un thru-hike désigne la traversée complète d’un grand sentier. L’Appalachian Trail Conservancy accepte qu’elle soit réalisée en plusieurs sections et dans un ordre qui n’est pas forcément continu, à condition de parcourir l’ensemble en moins d’un an. Cette formule est souvent appelée « flip-flop » ou randonnée par étapes.

Le parcours de Sanders correspond à cette définition : il a bien couvert toutes les sections, mais sans rester en permanence sur le sentier. Cette précision est importante pour comprendre son record. Il ne s’agit pas de comparer une marche continue avec une autre marche continue, mais de mesurer l’âge auquel un randonneur accomplit la traversée complète selon les règles admises par l’organisation qui suit le sentier.

À retenir : l’Appalachian Trail peut être traversé en continu ou par sections. La règle de l’Appalachian Trail Conservancy autorise les sections dans n’importe quel ordre, avec une limite d’un an pour compléter l’ensemble.

Le record qu’il avait déjà établi en 2017

Dale Sanders n’en était pas à sa première performance sur l’Appalachian Trail. En 2017, à 82 ans, il avait déjà établi le record du randonneur le plus âgé à terminer le sentier. Ce record a ensuite été dépassé en 2021 par M. J. « Sunny » Eberhart, qui avait achevé la traversée à 83 ans.

Le nouveau parcours de Sanders ne gomme donc pas l’histoire précédente. Il la prolonge. À 91 ans, il reprend le record avec neuf années de plus que lors de sa première traversée de référence, dans un contexte où la question n’est plus seulement de finir une longue randonnée, mais de continuer à se préparer et à gérer les imprévus à un âge avancé.

Des étapes adaptées à la réalité du terrain

Répartir un tel itinéraire sur des sections permet de choisir le moment et le rythme de chaque bloc. Un randonneur peut tenir compte des températures, des périodes de pluie, de la disponibilité d’un proche ou de l’état des sentiers. Cette souplesse ne rend pas le trajet facile : elle change la manière de gérer l’effort et la récupération.

Pour Sanders, le temps passé hors du sentier a fait partie de la méthode. Une pause n’est pas une parenthèse invisible dans un projet de cette ampleur. Elle oblige à retrouver ses repères, à vérifier le matériel, à reprendre un rythme de marche et à accepter que l’itinéraire avance moins vite que prévu. L’essentiel, dans son cas, était de relier toutes les portions jusqu’au nord du Maine.

71 chutes évoquées pendant le parcours

dale

Dans les récits rapportés par la presse américaine, Dale Sanders affirme être tombé 71 fois au cours de cette aventure. Il décrit plusieurs de ces chutes comme sérieuses. Le chiffre vient de son propre décompte et les articles publiés ne détaillent pas chaque incident ; il vaut donc mieux le lire comme un témoignage sur la difficulté du parcours que comme une mesure comparable entre randonneurs.

Les terrains de l’Appalachian Trail favorisent les faux pas : racines, pierres humides, dévers, boue et descentes irrégulières. Le risque n’est pas uniforme d’un État à l’autre ni d’une saison à l’autre. Évoquer ces chutes permet de rappeler la rudesse du sentier, sans transformer les blessures potentielles en preuve de courage ou en défi à reproduire.

Un passage à l’hôpital, finalement sans lésion grave

Sanders a également raconté un épisode marqué par un engourdissement au bras. Une courte hospitalisation a été nécessaire, et les examens ont finalement orienté vers un nerf pincé. Les sources disponibles ne présentent pas cet épisode comme une pathologie plus lourde. Il s’agit d’un élément de son parcours, pas d’un diagnostic généralisable aux autres marcheurs.

Ce passage rappelle la part d’incertitude d’une randonnée longue. Une douleur, une perte de sensibilité ou une chute ne se gèrent pas uniquement avec de la volonté. Dans un itinéraire isolé, la décision de s’arrêter, de consulter ou de modifier la suite du programme peut compter davantage que la distance prévue pour la journée.

Pourquoi le Katahdin reste un symbole

Le mont Katahdin n’est pas seulement le point d’arrivée géographique. Son sommet, dans le Baxter State Park, représente pour beaucoup de marcheurs la conclusion visuelle de l’Appalachian Trail. Après des mois de forêts et de reliefs successifs, la montée finale ouvre sur un paysage plus minéral et exigeant, avec une météo qui peut changer rapidement.

Atteindre ce sommet donne une forme concrète à un projet découpé en dizaines de séjours. La dernière étape ne résume pas tout ce qui l’a précédée : elle en est le repère final. Pour Sanders, le Katahdin vient ainsi refermer une aventure commencée loin du Maine et construite progressivement, section après section.

Un exploit qui parle aussi de préparation

À 91 ans, l’âge attire naturellement l’attention, mais l’histoire montre surtout le rôle de la préparation. Une traversée de 3 530 kilomètres suppose de connaître ses capacités, de prévoir les ravitaillements, de protéger ses pieds, de surveiller la météo et d’organiser les transports entre les sections. Elle suppose aussi de savoir renoncer à une journée ou à un tronçon lorsque les conditions ne sont pas réunies.

Le cas de Sanders ne constitue pas une consigne pour les autres randonneurs. Les corps, les antécédents et les environnements diffèrent. Une aventure de longue distance se prépare avec des objectifs réalistes et un suivi adapté à sa situation. Une blessure ou un symptôme inhabituel doit être pris au sérieux plutôt que présenté comme une étape normale du défi.

La traversée de Dale « Grey Beard » Sanders ajoute un nouveau repère à l’histoire de l’Appalachian Trail. Son premier record, en 2017, avait déjà montré qu’une grande traversée pouvait se concevoir bien au-delà des âges habituellement associés aux longues marches. Son arrivée au Katahdin en 2026 repousse encore cette limite symbolique.

Elle rappelle aussi que les records de randonnée ne se résument pas à une vitesse ou à une performance sportive. Ils parlent de durée, de constance et de capacité à reprendre un projet après des pauses. En atteignant le sommet à 91 ans, Sanders signe surtout une traversée complète, menée selon les règles du sentier et construite sur plusieurs saisons de marche.

Comprendre l’Appalachian Trail avant de rêver grand

L’Appalachian Trail fait partie des itinéraires qui donnent envie de regarder une carte autrement. Son ampleur peut impressionner, mais il existe plusieurs manières de le découvrir : une courte portion, une randonnée de quelques jours ou un projet réparti dans le temps. Le format choisi dépend du niveau, du calendrier, de la logistique et de la capacité à gérer les conditions rencontrées.

Pour mieux situer ce grand itinéraire, notre présentation du sentier des Appalaches revient sur son tracé, ses paysages et les repères utiles pour comprendre cette traversée hors norme. L’histoire de Sanders invite à la curiosité, mais elle rappelle aussi qu’un long parcours se construit avec prudence, étape après étape.

 

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Arnaud Houde

Passionné d’activités de plein-air et d’aventures, la randonnée a été pour moi une révélation il y a quelques années, raison pour laquelle j'ai décidé de lancer mapetiterando.fr afin de partager et faire découvrir au plus grand nombre la pratique de la randonnée.

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