Dix kilomètres, six sommets, et depuis le point culminant, quinze départements d’un seul regard. Le circuit des crêts du Pilat, au départ de la Jasserie, est l’un de ces parcours qui transforment une simple sortie du week-end en vrai dépaysement d’altitude. Si vous cherchez à comprendre pourquoi la marche en montagne fait autant de bien, c’est exactement le genre de sortie qui répond à la question.
Le point de départ : la Jasserie du Pilat
Le circuit débute à la Jasserie du Pilat, un repère connu des habitués du massif dans la Loire. C’est Frédéric Béal, de la Fédération française de la randonnée pédestre de la Loire, qui présente cet itinéraire comme l’un des emblématiques du secteur. Les sentiers sont bien balisés, ce qui rassure les randonneurs qui découvrent le Pilat pour la première fois. Comptez entre trois et quatre heures de marche pour boucler les 10 kilomètres. Le dénivelé reste raisonnable, mais de bonnes chaussures de randonnée sont clairement nécessaires au-delà de 1 300 mètres d’altitude, où les landes sont fragiles et le terrain plus engagé.
Frédéric Béal insiste sur un point souvent négligé : rester sur les sentiers balisés. Les troupeaux en estive fréquentent ces zones, et les landes d’altitude se régénèrent lentement. Un rappel utile avant de partir.
Les 6 crêts du circuit, sommet par sommet
C’est là que ce circuit prend toute sa saveur : il ne se contente pas d’un seul point de vue, il en enchaîne six, chacun avec sa personnalité propre.
Le Crêt de l’Œillon (1 364 m)
Premier grand sommet atteint depuis la Jasserie, après le passage par le collet de l’Œillon. On le repère facilement à son émetteur de télévision et à sa croix. Perché à 1 364 mètres, il offre une vue directe sur la vallée du Rhône et, par temps clair, la chaîne des Alpes se déploie à l’horizon. C’est souvent ici que les randonneurs font leur première pause pour mesurer l’étendue du panorama.
Le Crêt de Botte
Le sentier quitte l’Œillon pour rejoindre le Crêt de Botte, étape suivante de la boucle. La source ne précise pas son altitude exacte, mais il s’inscrit dans la continuité des crêtes et fait partie intégrante du fil du circuit.
Le Crêt du Rachat
Troisième sommet du parcours, le Crêt du Rachat s’intercale dans l’enchaînement des crêtes. Comme ses voisins, il s’inscrit dans un paysage de landes d’altitude qui donne au Pilat ce caractère sauvage, assez rare pour une montagne aussi accessible depuis Saint-Étienne ou Lyon.
Le Crêt de l’Étançon
Quatrième étape de la boucle. Le Crêt de l’Étançon fait partie des sommets qui jalonnent ce circuit sans être les plus médiatisés, mais qui contribuent à la qualité de l’expérience globale, avec des vues qui s’ouvrent progressivement sur les deux versants du massif.
Le Crêt de l’Arnica
Son nom évoque déjà la flore montagnarde du Pilat. Cinquième sommet de la boucle, le Crêt de l’Arnica se traverse dans un environnement de landes préservées. Un rappel que ce massif, classé parc naturel régional, abrite une végétation à protéger, notamment en altitude.
Le Crêt de la Chèvre
C’est le coup de cœur affiché de Frédéric Béal. Plus isolé que les autres, orienté plein sud, le Crêt de la Chèvre offre une vue dégagée sur les paysages ardéchois. « Je vous conseille vraiment de vous arrêter au Crêt de la Chèvre, vous aurez une superbe vue sur l’Ardèche qui est juste là voisine », dit-il. Un sommet qui mérite qu’on s’y attarde quelques minutes, hors des flux de randonneurs.
Le Crêt de la Perdrix, point culminant et final
Le circuit s’achève sur le Crêt de la Perdrix, point culminant du massif du Pilat à 1 432 mètres d’altitude. Depuis ce sommet, le panorama à 360 degrés est le plus large de tout l’itinéraire. Frédéric Béal le formule simplement : « De là-haut on dit qu’on peut voir une quinzaine de départements de France. » Que ce soit en fin d’hiver avec les Alpes enneigées en toile de fond ou en plein été sous un ciel dégagé, ce point de vue final justifie à lui seul les dix kilomètres parcourus.
Pour celles et ceux qui voudraient combiner cette sortie avec d’autres découvertes, les tendances de la randonnée mondiale montrent que les massifs de moyenne montagne comme le Pilat ont clairement le vent en poupe.




