Entre la plage des Bonnettes et le Fort de la Colle Noire, le Pradet cache l’une des plus belles boucles côtières du Var : terres rouges de l’ère Primaire, Méditerranée à perte de vue et panorama jusqu’aux Calanques.
Si tu cherches un sentier qui sort du lot sur la côte varoise, c’est celui-là.
Et comme le rappelait notre article sur les grands sentiers côtiers, les chemins de bord de mer ont souvent bien plus à offrir qu’on ne l’imagine.
Le départ : plage des Bonnettes, attention à la houle
Gare-toi au parking de la Plage du Monaco, également appelé Parking de l’Acacia d’Argent. La portion du sentier du littoral entre Monaco et les Bonnettes étant interdite d’accès, il faut descendre à pied par la route jusqu’à la plage des Bonnettes, où la randonnée démarre vraiment.
Dès les premiers mètres, un escalier monte vers un chemin bordé de pins d’Alep, d’acacias, d’eucalyptus et de Barbes de Jupiter. On longe ensuite la mer de très près avant d’arriver à la plage de la Garonne, via un passage étroit au pied d’un mur. Attention à la houle à cet endroit : selon l’état de la mer, il faut se synchroniser avec les vagues pour rester les pieds secs.
Cette première portion est déjà très agréable. On marche au bord de l’eau, avec les monts Coudon, Faron et Gros Cerveau en toile de fond, les caps Sicié et Cépet au loin, et le bruit des vagues en fond sonore permanent. Le sentier du littoral continue ensuite vers les Oursinières, puis passe par une route, une sente et un tronçon goudronné jusqu’au Pas des Gardéens.
La section la plus spectaculaire : terres rouges et géologie étonnante
À partir du Pas des Gardéens, le sentier change de visage. C’est ici que la rando prend une toute autre dimension : marches taillées dans la roche, caillasse, blocs de grès rouge, chênes lièges. On domine la mer de 30, 50, voire 100 mètres par endroits, et la Presqu’île de Giens se dévoile progressivement.
Le tableau est saisissant : le bleu profond de la Méditerranée, le rouge intense des terres, le vert des pins, et selon la saison le jaune des coronilles ou le violet des lavandes-papillons.
Sur ce tronçon, ne manque pas la curiosité géologique appelée « le Clou d’Or ». À cet endroit précis, des conglomérats de l’ère Secondaire reposent directement sur des grès rouges de l’ère Primaire, avec une rupture tellement nette qu’on pourrait théoriquement glisser un clou à la limite entre les deux couches. Pas si fréquent de tenir l’histoire géologique entre les doigts.
Juste après, on arrive aux vestiges de la mine de cuivre du Cap Garonne : anciens bâtiments, wagonnets rouillés, cheminée, et un « sentier de découverte » balisé avec des tables d’orientation. Un détour à garder pour le retour, avec vue sur les caps Sicié et Cépet.
Le clou du spectacle : le Fort de la Colle Noire à 280 m
Après la mine, la rando montre ses dents. Une montée caillouteuse dans le maquis mène au Fort de la Colle Noire, à 280 mètres d’altitude. Le fort est entouré de douves, ce qui surprend toujours un peu à cette hauteur.
Depuis le sommet, le panorama est exceptionnel. Bien sûr, toute la rade de Toulon et les monts toulonnais s’étalent devant soi. Mais en regardant plus loin, vers le Bec de l’Aigle de La Ciotat, on distingue par temps clair l’île de Riou, l’île de Jarre, la Grande Candelle et le Mont Puget dans les Calanques. Un horizon qui couvre plusieurs dizaines de kilomètres de côte.
Pour que cette sortie se passe au mieux côté équipement, jette un oeil à ces 2 accessoires à moins de 20€ qui changent vraiment la vie sur les sentiers côtiers, surtout quand ça caillasse et que ça dénivelle.




