Il y a encore dix ans, sortir des bâtons sur un sentier de trail vous valait un regard en coin. Aujourd’hui, même les traileurs confirmés les glissent dans leur sac sans complexe.
Ce revirement, Alexandre Derovere, PDG d’une boutique spécialisée basée à Cuers dans le Var, l’a vu se produire sous ses yeux, et il explique très concrètement pourquoi.
Si vous hésitez encore à franchir le pas, comme nous l’évoquions dans notre article sur la protection des genoux après 50 ans, les bâtons font partie des accessoires qui changent vraiment la donne sur le terrain.
D’un accessoire ringard à un outil central : comment le regard a changé
La phrase revient souvent au départ des courses ou sur les sentiers : « Comment ça, tu cours avec des bâtons ?! » Alexandre Derovere en a entendu des dizaines de variantes. « C’était limite tabou il y a dix ans, explique-t-il. C’était presque ringard d’en avoir. » Le tableau a radicalement changé.
Aujourd’hui, sa boutique spécialisée reçoit des appels de traileurs débutants comme confirmés, tous à la recherche du bon conseil sur le type de bâtons à choisir. Une démarche qui n’existait tout simplement pas quelques années auparavant.
Ce basculement s’explique en grande partie par l’essor du trail lui-même. Plus les distances s’allongent, plus le dénivelé s’accumule, plus les bâtons trouvent leur place naturellement dans l’équipement.
La logique est similaire à celle du bon choix de chaussures de randonnée : ce n’est pas un gadget, c’est une question d’efficacité et de confort sur la durée.
4 façons dont les bâtons transforment concrètement une sortie
1. Reposer le dos sur les longues distances
Sur une sortie de plusieurs heures, le haut du corps travaille aussi. Les bâtons permettent de redistribuer l’effort, de soulager les lombaires et de maintenir une posture plus droite. Sur un trail de montagne avec des heures de progression, ce soulagement n’est pas anecdotique.
2. Épargner les jambes en montée comme en descente
C’est l’argument le plus connu, mais le plus solide. En montée, les bâtons propulsent et réduisent la charge sur les quadriceps. En descente, ils absorbent une partie des chocs et protègent les genoux, particulièrement sur terrain irrégulier ou humide. Pour les randonneurs qui accumulent du dénivelé négatif, la différence en fin de journée est réelle.
3. Sécuriser les passages techniques
Sur une descente exposée, un terrain mouillé ou un passage sur rochers, les bâtons ajoutent deux points d’appui supplémentaires. Alexandre Derovere le formule clairement : « C’est un plus niveau sécurité quand on est dans une descente. On peut se protéger, ça évite les chutes. » Un argument qui vaut pour le randonneur de week-end autant que pour le trailer expérimenté.
4. Aller chercher plus de distance
C’est la comparaison qu’Alexandre Derovere retient le plus volontiers : « C’est un peu comme le vélo électrique. On a toujours l’impression que l’on triche, mais on va chercher derrière plus de distances. » Les bâtons ne remplacent pas l’effort, ils le répartissent mieux. Résultat : on repousse le moment où les jambes lâchent, on allonge les sorties, on explore plus loin.
L’équipement de trail : les bâtons s’inscrivent dans un ensemble cohérent
Sur les sentiers escarpés, chaque élément du matériel répond à une logique précise. Les chaussures de trail ont des crampons sous la semelle pour l’accroche.
Les sacs d’hydratation deviennent indispensables dès qu’une sortie dépasse une heure. Une frontale peut s’avérer utile en cas de sortie matinale ou tardive. Les bâtons s’inscrivent dans cette logique d’ensemble. Comme le résume Derovere : « Au-delà d’avoir de bonnes chaussettes ou de bonnes chaussures, le bâton vient accompagner l’ensemble de la pratique. »





