Non, le nouveau pantalon futuriste signé Arc’teryx n’est pas un simple gadget pour randonneurs paresseux.
Conçu en collaboration avec l’entreprise de mobilité Skip, le modèle baptisé MO/GO pourrait transformer l’accès à la montagne pour les personnes souffrant de limitations physiques.
Qu’est-ce que le pantalon exosquelette MO/GO ?
Derrière son apparence de simple pantalon de randonnée renforcé se cache une technologie impressionnante.
Intégrés à la fibre extérieure, des éléments en carbone et un petit moteur permettent d’assister les mouvements des jambes.
Résultat : jusqu’à 40 % d’effort en moins dans les montées et une sensation de légèreté équivalente à 13 kg en moins sur le dos. En descente, le système apporte un soutien supplémentaire aux genoux.
Le tout est alimenté par une batterie placée au niveau du bas du dos, offrant environ trois heures d’autonomie.
À l’œil nu, cela ressemble à deux attelles intégrées dans un pantalon technique, mais les sensations sur le terrain semblent radicalement différentes.
À qui s’adresse cette innovation ?
Si un randonneur en pleine forme peut théoriquement utiliser ce pantalon pour avaler un sommet plus vite, sa vocation première est toute autre : aider les personnes ayant des difficultés de mobilité à continuer d’explorer la montagne.
Fatigue liée à l’âge, blessure, faiblesse musculaire… les raisons sont nombreuses qui limitent l’accès aux sentiers.
« MO/GO est conçu pour toutes celles et ceux dont les capacités de mouvement sont restreintes, mais qui veulent rester actifs en montagne », explique Cam Stuart, responsable recherche et ingénierie chez Arc’teryx. Pour de nombreux testeurs, le dispositif a permis de retrouver confiance et plaisir : certains n’avaient pas pu randonner depuis des années à cause de douleurs aux genoux.
Un pas vers une montagne plus équitable
Les premiers retours sont enthousiastes : absence de douleur, regain d’énergie et surtout la possibilité de reprendre une activité aimée.
Pour des personnes blessées ou vieillissantes, cet outil peut avoir le même effet qu’un vélo électrique a eu pour des générations de cyclistes : repousser les limites et redonner accès aux paysages de montagne.
Au-delà de l’aspect pratique, c’est une question d’inclusion.
Rendre les sentiers accessibles à un plus grand nombre contribue à une montagne plus partagée et à une meilleure santé physique et mentale pour ceux qui en bénéficient.
Un prix élevé pour une technologie médicale
Reste une barrière majeure : le prix.
Actuellement en précommande, le pantalon MO/GO est affiché à 4 500 dollars. Un tarif dissuasif pour l’amateur de randonnée lambda, mais à mettre en perspective : il s’agit moins d’un vêtement de sport que d’un dispositif médical portable.
Pour ceux qui retrouvent la possibilité de marcher sans douleur, l’investissement peut représenter bien plus qu’un simple achat de matériel.
Encore au stade des débuts, cette technologie pourrait ouvrir la voie à une nouvelle génération d’équipements hybrides, entre textile technique et assistance biomécanique. Et qui sait ? Dans quelques années, ce type d’innovation pourrait devenir aussi courant que les vélos électriques aujourd’hui.





