Elle a vu le monde entier : voici les 10 lacs à voir une fois dans sa vie selon cette journaliste

rando lacs

La Terre compte environ 117 millions de lacs selon les chercheurs d’Uppsala. Impossible de tous les visiter. La journaliste britannique Sarah Baxter, primée meilleure plume voyage en 2025, en a sélectionné dix qui valent à eux seuls une vie de voyageur. Du Lac Majeur aux portes de la Suisse au Lac Maligne au cœur des Rocheuses canadiennes, voici une liste à classer dans la rubrique « à faire avant 70 ans ».

1. Lac Majeur (Italie et Suisse) : pour le raffinement à l’italienne

Lac Majeur : 7 choses à ne pas manquer

Choisir entre les lacs italiens est un cas de conscience. Garde est le plus grand, Côme le plus glamour, mais Majeur tire son épingle du jeu en cochant le maximum de cases. À cheval sur l’Italie et la Suisse, il mélange ambiance méditerranéenne et toile de fond alpine grâce à son microclimat singulier. On y vient pour randonner sur les rives, pédaler sur les pistes cyclables, nager dans une eau qui tient la baignade jusqu’en octobre, et visiter les jardins baroques des îles Borromées. À combiner avec le voisin et plus discret Lac d’Orta.

Accès : depuis Paris ou la Suisse romande, comptez 5 à 6 heures en train via Milan ou direct par Brigue.

2. Lac de Constance (Allemagne, Autriche, Suisse) : pour le vélo

L’un des plus grands lacs d’Europe centrale, niché entre trois pays sur le cours du Rhin. Son principal atout : la piste cyclable qui en fait le tour complet, environ 270 km de quasi-plat et majoritairement hors route. La boucle enchaîne villes médiévales (Meersburg en cité de conte de fées, Stein am Rhein et ses façades à fresques, Lindau sur son île), villages viticoles bavarois, réserve naturelle du delta du Rhin et stations thermales. Trois à cinq jours de vélo selon le rythme, avec étapes en B&B.

Accès : Constance est à 3 heures de train depuis Zurich, 4 heures depuis Lyon.

3. Lac Saimaa (Finlande) : pour la gastronomie locale

La Finlande compte environ 188 000 lacs. Saimaa est le plus grand du pays, suffisamment vaste pour contenir 13 000 îles. On l’explore en ferry, en bateau à vapeur, en kayak ou à la nage sauvage, à l’affût du rare phoque annelé de Saimaa, endémique et en voie de disparition. Le secteur est aussi labellisé Région européenne de la gastronomie : baies sauvages, champignons forestiers, poissons d’eau douce, viandes d’élevage local. Réservez un cabanon en bois sur la rive pour goûter aux soirées blanches d’été et au calme absolu des forêts boréales.

4. Lac Malawi (Malawi, Tanzanie, Mozambique) : pour la plongée et le snorkeling

Neuvième plus grand lac du monde, bordé de plages de sable blanc et de collines verdoyantes. Sa singularité : une eau d’une clarté exceptionnelle abritant plus de 1000 espèces de poissons, dont les célèbres cichlidés multicolores. Le Parc national du Lac Malawi, à la pointe sud, protège cette biodiversité aquatique remarquable. David Livingstone l’avait surnommé « le lac des étoiles » pour le scintillement de sa surface au coucher du soleil. Combinable avec un safari dans la réserve voisine de Majete.

5. Tonlé Sap (Cambodge) : pour les villages flottants

Une bizarrerie hydrologique mondiale. À la saison des pluies, le Mékong gonfle au point d’inverser le cours de la rivière Tonlé Sap, faisant gonfler le lac jusqu’à cinq fois sa taille initiale. Les communautés locales vivent dans des villages bâtis sur l’eau, qui flottent ou se rehaussent au fil des crues. Le moment optimal pour la visite est octobre ou novembre, juste après la mousson, quand le lac est au maximum de son extension et que la vie villageoise bat son plein sur les pirogues. À explorer en bateau ou en kayak depuis Siem Reap.

6. Issyk-Kul (Kirghizistan) : pour le frisson asiatique

Perché à 1606 m d’altitude, entouré de forêts de pins, de plages désertes et de steppes semi-arides, dominé au sud par la chaîne enneigée du Tian Shan. Le lac ne gèle quasiment jamais, du fait de sa forte salinité, ce qui lui vaut son nom de « lac chaud » en kirghize. En été, l’eau atteint 25°C, idéale pour la nage et le stand-up paddle. La rive sud, plus calme, offre les meilleurs reflets de montagne sur l’eau au petit matin. Possibilité de boucler le tour du lac en 4×4 sur plusieurs jours, en dormant en yourte chez les nomades kirghizes.

7. Lac Titicaca (Pérou et Bolivie) : pour la culture indigène

3812 m d’altitude, le lac navigable le plus haut du monde. La couleur est presque irréelle, un bleu profond renforcé par la finesse de l’air andin. La mythologie inca raconte que le dieu-soleil a vu naître ses descendants depuis ses profondeurs, fondant l’Empire inca depuis ses rives. Le lac est parsemé d’îles et de péninsules habitées par des communautés indigènes qui maintiennent leurs traditions : tissage sur l’île de Taquile, vie en autonomie sur les îles flottantes de roseaux Uros, accueil en homestay dans le village peu visité de Luquina Chico. Acclimatation impérative avant la visite : l’altitude pique sec.

8. Lac Waikaremoana (Nouvelle-Zélande) : pour la randonnée

Un lac de l’Île du Nord, niché dans la forêt pluviale primaire de Te Urewera, qui en 2014 est devenu le premier écosystème au monde à se voir reconnaître les mêmes droits qu’une personne juridique. Les visiteurs sont appelés « manuhiri » et reçus avec un protocole respectueux des traditions maories. Pour vraiment voir le lac, parcourez les 47 km du Lake Waikaremoana Track, l’une des Great Walks officielles néo-zélandaises. La rando se déroule en 3 à 4 jours, démarre ou se termine par une traversée en water taxi, et culmine au sommet de Panekire Bluff avec une vue plongeante mémorable.

9. Lac Maligne (Canada) : pour la majesté des Rocheuses

Le Canada compte plus de deux millions de lacs. Lake Louise est le plus médiatisé, mais Maligne, perdu au cœur du Parc national de Jasper et découvert par les Occidentaux seulement en 1907, garde une dimension sauvage que les autres ont perdue. Aucune construction sur les rives. La route d’accès est l’un des meilleurs corridors d’observation de la faune des Rocheuses (ours, wapitis, caribous selon la saison). Depuis le hangar à bateaux, on rejoint en croisière ou en kayak Spirit Island, l’un des paysages les plus emblématiques du Canada.

10. Lac Huron (Canada et États-Unis) : pour les croisières au long cours

Le Lac Huron fait partie des cinq Grands Lacs nord-américains, ces réservoirs interconnectés tellement vastes qu’ils se comportent comme des mers intérieures. Eau d’un bleu profond, rivages peu développés, biosphère protégée, et surtout les 30 000 îles de la Baie Géorgienne, le plus grand archipel d’eau douce au monde. Granites roses, plages de sable, forêts denses, histoire des peuples Anishinabek. On peut y croiser des loutres, des orignaux, des aigles à tête blanche et des ours noirs. À explorer en croisière sur plusieurs jours ou par voilier loué à la semaine.

Le plus accessible depuis l’Europe francophone :

Si vous voulez cocher un lac de cette liste cette année sans organiser une expédition, les Lacs Majeur et de Constance sont à portée de train depuis Paris, Lyon ou Genève. Comptez un week-end long pour le premier (3 nuits), 4 à 5 jours pour boucler Constance à vélo.

Ce qu’il faut retenir de cette sélection

Aucune de ces dix destinations ne se « fait » en passage. Toutes demandent du temps : minimum un long week-end pour les plus proches, deux à trois semaines pour les plus lointains. Toutes aussi récompensent qui prend ce temps. Si vous deviez n’en retenir qu’un par catégorie, allez voir Constance pour le vélo, Maggiore pour la dolce vita, Titicaca pour le frisson spirituel, Maligne pour le silence des grandes étendues. Et gardez les autres comme objectifs des décennies à venir.

Le journalisme de voyage a tendance à empiler les superlatifs. La force de cette liste est de proposer dix lacs très différents, pas dix variantes du même paradis. À chacun de trouver le sien.

Sources :
  • Sarah Baxter, « The 10 lakes you must visit in your lifetime », The Telegraph (12 mai 2026)
  • Université d’Uppsala, recherche sur le recensement mondial des lacs (~117 millions)
  • UNESCO, sites du Lac Malawi, du Titicaca et de la biosphère de la Baie Géorgienne
Notez ce post
Quitter la version mobile