À 2 900 mètres, ce tunnel vieux de cinq siècles permet de traverser la montagne entre France et Italie

Randonneurs entrant dans un ancien tunnel piéton de haute montagne

Illustration générée du passage d’un tunnel historique en haute montagne, sans prétendre représenter exactement la Traversette.

À 2 912 mètres d’altitude, le tunnel de la Traversette, aussi appelé Pertuis du Viso, relie le Queyras au Piémont italien depuis le XVe siècle. Long de 75 mètres, ce passage creusé à la main est annoncé ouvert pour l’été 2026 et s’inscrit sur le Tour du Viso.

Un tunnel au cœur du haut-Guil

Le tunnel de la Traversette se trouve au bout du haut-Guil, sur le territoire d’Abriès-Ristolas. Il appartient à ces lieux qui se méritent à pied, loin d’un accès routier direct. À 2 912 mètres d’altitude, il relie le versant du Queyras aux sources du Pô et ouvre une direction vers le Piémont italien.

Le site est également connu sous le nom de Pertuis du Viso. Les deux appellations désignent le même passage. La première rappelle la Traversette et son col, tandis que la seconde souligne le lien avec le mont Viso, sommet qui domine cette partie de la frontière. Dans les deux cas, il s’agit d’une galerie aménagée dans la roche de haute montagne.

Son emplacement donne au lieu une dimension particulière. Le marcheur ne découvre pas seulement un ouvrage ancien, mais un point de passage entre deux territoires alpins. Le tunnel s’insère dans un paysage frontalier où les itinéraires du Queyras rencontrent ceux qui conduisent vers l’Italie.

Une galerie de 75 mètres creusée à la main

La Traversette mesure 75 mètres de long. Elle a été creusée à la main au XVe siècle, dans une roche située à une altitude remarquable. Le site officiel du Queyras la présente comme le plus ancien tunnel alpin percé à cette altitude. Cette caractéristique suffit à expliquer l’intérêt patrimonial porté à l’ouvrage.

La galerie n’a pas les dimensions d’un tunnel contemporain. Elle reste un passage étroit, marqué par son histoire et par les conditions de la montagne. Sa forme rappelle la fonction pour laquelle elle a été ouverte : permettre le passage d’un homme et d’un âne chargé, plutôt que celui de véhicules ou de convois modernes.

Le tunnel a aussi été reconnu Monument Historique. Cette reconnaissance souligne la valeur d’un ouvrage qui témoigne des échanges entre les vallées alpines. La Traversette conserve ainsi une place singulière dans le patrimoine du Queyras et dans l’histoire des passages entre la France et l’Italie.

L’ordre donné en 1479 par Ludovic II

L’histoire de la Traversette remonte à la fin du XVe siècle. En 1479, Ludovic II, marquis de Saluces, donne l’ordre de percer la montagne. Le percement commence en 1480. Ces deux dates permettent de situer précisément la naissance de la galerie et de mesurer son ancienneté.

À cette époque, le col de la Traversette constitue un itinéraire pour les convois muletiers. Les cent derniers mètres du col, du côté du Pô, sont décrits comme raides et exposés à des barres rocheuses ainsi qu’à un névé tardif. Le tunnel apporte une autre possibilité de franchissement dans cette zone difficile.

L’objectif est d’ouvrir une nouvelle voie commerciale entre le Queyras et le Piémont. Le passage s’inscrit donc dans l’histoire des circulations alpines. Muletiers, marchands et voyageurs disposent d’un itinéraire qui relie les deux versants par une galerie directement taillée dans la montagne.

Une ancienne voie commerciale du Queyras au Piémont

La Traversette raconte d’abord une histoire de liaison. Elle relie le Queyras au Piémont italien et rappelle le rôle des passages de montagne dans les échanges entre vallées. À l’époque de son percement, elle constitue une voie commerciale pensée pour faciliter la circulation au-delà du col.

Le commerce du sel apparaît aussi dans l’histoire du passage. La galerie reste surtout le témoignage d’une volonté d’établir une nouvelle voie commerciale entre les deux territoires, en reliant le Queyras au Piémont par un itinéraire aménagé dans la montagne.

La frontière n’est donc pas seulement une ligne sur une carte. Elle se lit dans cet itinéraire de pierre, qui part du haut-Guil et conduit vers les sources du Pô. La Traversette donne une forme concrète aux relations anciennes entre le Queyras et le Piémont.

Une reconstruction en 2014

La galerie a connu les effets du temps et des conditions de haute montagne. Elle a été maintes fois affectée par des éboulements. Malgré ces dégradations, le passage a été reconstruit en 2014, ce qui a permis de maintenir la Traversette dans les itinéraires de randonnée.

Cette reconstruction n’efface pas l’ancienneté du lieu. Elle permet au contraire de continuer à lire dans la roche l’histoire d’un percement entrepris au XVe siècle. Le tunnel associe ainsi une origine médiévale, une longue présence dans le paysage et une intervention plus récente destinée à préserver le passage.

La Traversette reste un ouvrage de montagne, soumis à un environnement qui peut en modifier l’accès. Son état invite à la prudence pendant la traversée. Le sol et la voûte ont été marqués par le gel, la neige, le vent et le poids des siècles, autant d’éléments qui font partie de l’expérience du lieu.

Une randonnée d’environ quatre heures depuis la Roche Écroulée

L’accès pédestre commence depuis la Roche Écroulée, au fond de la vallée du haut-Guil. Il faut compter environ quatre heures de marche pour rejoindre le tunnel depuis ce point. Cette durée donne un premier repère pour préparer la sortie et rappelle que la Traversette est une destination de randonnée, non un site accessible en voiture.

Le parcours conduit vers la Réserve nationale de Ristolas, dans le secteur du mont Viso. La marche fait partie intégrante de la découverte. L’approche permet de rejoindre progressivement un ouvrage installé à très haute altitude, dans un espace où le passage entre les versants se fait par une galerie historique.

La durée annoncée concerne l’accès depuis la Roche Écroulée. Elle constitue un repère pour préparer la sortie, dans un environnement de haute montagne où la marche fait partie intégrante de la découverte du tunnel.

Pourquoi prévoir une lampe frontale ?

La Traversette se franchit avec une lampe frontale. La frontale accompagne le marcheur dans une galerie creusée à l’intérieur de la montagne, où la lumière naturelle ne constitue pas le seul repère. Cet équipement fait partie des éléments à prévoir avant de partir vers le Pertuis du Viso.

Le passage est étroit et son sol peut être irrégulier. Les siècles, le gel, la neige et le vent ont marqué l’ouvrage. Une traversée attentive permet de respecter ce cadre ancien et de progresser sans précipitation dans un espace qui n’a pas été conçu pour la circulation moderne.

La frontale ne change pas la nature du lieu. Elle permet simplement de découvrir la galerie dans les conditions adaptées à un passage souterrain de haute montagne. Le marcheur retrouve alors les dimensions modestes d’un ouvrage conçu pour un homme et un âne chargé, à une époque où le franchissement des Alpes reposait sur les itinéraires muletiers.

À prévoir avant la sortie : une lampe frontale, une progression attentive dans le passage et le respect des règles de la Réserve nationale du Mont Viso. Les chiens y sont interdits et les randonneurs doivent rester sur les sentiers balisés.

Une ouverture annoncée pour l’été 2026

Le site officiel du Queyras annonce le tunnel ouvert pour l’été 2026. Cette information donne un repère de calendrier aux randonneurs qui souhaitent découvrir la Traversette.

La bonne préparation consiste à prendre en compte les indications annoncées pour la saison. Le tunnel se situe à 2 912 mètres et l’approche demande environ quatre heures depuis la Roche Écroulée. Ces repères situent clairement la randonnée et la nature du passage.

L’été 2026 constitue ainsi la période annoncée pour l’accès au passage. La Traversette conserve son caractère de monument de montagne : une galerie ancienne, étroite, située sur un itinéraire pédestre entre le Queyras et l’Italie.

Les règles de la Réserve nationale du Mont Viso

L’itinéraire vers le tunnel passe dans la Réserve nationale du Mont Viso, également présentée comme la Réserve nationale de Ristolas dans les sources. Cet espace accompagne la découverte de la Traversette et impose un cadre simple aux visiteurs.

Les randonneurs doivent rester sur les sentiers balisés. Cette règle fait partie des informations à connaître avant de partir. Elle permet de suivre les cheminements prévus pendant l’approche et de respecter le cadre de la réserve.

Les chiens sont interdits dans la Réserve. Cette interdiction doit être intégrée à la préparation de la randonnée. Elle concerne la présence dans l’espace protégé, et pas uniquement le moment où le marcheur entre dans la galerie.

Un passage du Tour du Viso

La Traversette est un passage clé du Tour du Viso. L’itinéraire donne au tunnel une place qui dépasse la simple visite d’un ouvrage ancien. Il relie une randonnée du Queyras à la direction de l’Italie et permet de franchir la montagne par l’intérieur.

Pour le marcheur, cette traversée réunit plusieurs repères : une altitude de 2 912 mètres, une galerie de 75 mètres, une histoire commencée avec l’ordre de 1479 et un percement engagé en 1480. La reconstruction de 2014 rappelle que le passage a continué à évoluer tout en conservant sa fonction dans les itinéraires pédestres.

Le Tour du Viso replace enfin le Pertuis du Viso dans un ensemble plus large de sentiers transfrontaliers. Pour prolonger cette idée de randonnée et découvrir d’autres passages remarquables, il est possible de consulter cette sélection de randonnées avec des ponts suspendus en Europe.

La Traversette mérite le détour pour cette combinaison rare entre patrimoine, altitude et itinérance. Son intérêt ne dépend pas d’un récit ajouté autour du site : il tient aux faits eux-mêmes, à la galerie creusée au XVe siècle, à la voie commerciale entre le Queyras et le Piémont et à la possibilité annoncée de la parcourir durant l’été 2026.

Sources

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