Trois heures de TGV depuis Paris Gare de Lyon, deux nuits en refuge non gardé, une pointe à 2 173 m et presque personne sur les sentiers.
Les Bauges font partie de ces massifs préalpins que la foule continue d’ignorer. Voici l’itinéraire complet, jour par jour, à caler aux ponts de mai 2026.
Pourquoi les Bauges pour une première itinérance ?
Entre Chambéry, Aix-les-Bains et Annecy, le Parc naturel régional du massif des Bauges coche trois cases qui font la différence pour un week-end prolongé : il compte 14 sommets à plus de 2 000 m, environ 500 km de sentiers balisés, et il reste accessible en train depuis Paris sans la galère des correspondances. Le point culminant, le Mont d’Arcalod, dépasse tout juste 2 217 m.
Pas de haute altitude, pas de glaciers, mais des crêtes, des forêts calcaires et des panoramas qui n’ont rien à envier aux Écrins.
Le bivouac est interdit dans la Réserve nationale de chasse et de faune sauvage, mais planter sa tente à proximité des refuges non gardés est toléré.
Et il vaut mieux en avoir une sous le bras : les 15 places du Charbon partent vite, surtout en fin de semaine.
L’accès depuis Paris, sans voiture
Départ Paris Gare de Lyon aux alentours de 6h45, arrivée à Chambéry-Challes-les-Eaux vers 9h35 (vérifiez la grille horaire au moment de réserver, elle bouge chaque service). De la gare, un taxi ou un covoiturage BlaBlaCar vous emmène au parking des Cornes, côté Doucy-en-Bauges. C’est le point de départ classique de l’itinérance.
Pour le retour, c’est le même principe à l’envers : taxi depuis le parking de Nant Fourchu (dernier parking autorisé à 996 m, côté Jarsy) jusqu’à Chambéry, puis TGV retour. Avec un peu de marge, vous êtes chez vous à Paris pour 21h.
Jour 1 : 8,5 km, 900 m D+ et forêt qui bascule dans le minéral
Départ au parking des Cornes, 4h30 de marche annoncées. La première partie grimpe dans une forêt épaisse, moussue, typique des Bauges.
Puis d’un coup le décor bascule : la roche prend le dessus, le calcaire structure la crête, et l’ambiance devient lunaire. Le genre de contraste qui fait qu’on sort l’appareil photo tous les 200 mètres.
Arrivée au refuge du Charbon, 1 660 m d’altitude, 15 places, non gardé et ouvert toute l’année. Le bivouac est autorisé à proximité immédiate.
Bonne nouvelle pour ceux qui débarquent après 18h et qui trouvent le dortoir plein. Pensez au filtre à eau : les sources sont rares sur le secteur.
Jour 2 : la combe d’Ire, le Pas de l’Ours et les parois de l’Arcalod
La journée la plus physique, avec 1 000 m de D+ pour 5h30 de marche. On descend d’abord dans la combe d’Ire, puis on attaque l’ascension vers le Pas de l’Ours (1 660 m).
C’est là que le massif montre son vrai visage : les parois vertigineuses de l’Arcalod se dressent au-dessus du sentier, et le point culminant du massif toise les randonneurs depuis ses 2 217 m.
Le bivouac du soir se fait au refuge de Bonverdan, 1 580 m, non gardé lui aussi. C’est un refuge plus discret que le Charbon, mais bien placé pour attaquer la Chaurionde au lever du jour. Réservation impossible, premier arrivé premier servi.
Bon à savoir :
Les deux refuges de cet itinéraire sont en gestion libre. Pas de gardien, pas d’eau ni de toilettes hors saison, et aucune réservation possible. Prévoyez tout en autonomie : lyophilisés, réchaud, gourde filtrante et une tente légère au cas où les couchages seraient pris.
Jour 3 : pointe de Chaurionde, 360° sur les Bauges et retour Paris
Départ à l’aube, sacs allégés (on peut les laisser au refuge ou les planquer près du col d’Orgeval pour faire l’aller-retour au sommet).
L’ascension de la pointe de Chaurionde à 2 173 m n’est pas technique, juste un peu raide sur la fin. Mais le panorama vaut chaque mètre de dénivelé : vue à 360° sur l’ensemble du massif, le lac d’Annecy au nord, le Mont Blanc à l’est, la Sambuy et les Aravis au fond, l’Arcalod juste en face.
La descente se fait ensuite vers le parking de Nant Fourchu par l’arête sud, sentier bien marqué même si non balisé à la montée. Comptez une demi-journée pour l’ensemble, taxi inclus jusqu’à Chambéry. Vous serez dans votre canapé à Paris avant 22h.
Ce qu’il faut emporter dans le sac
Aucun village sur le parcours, aucun refuge gardé avec ravitaillement. Partez avec trois jours de nourriture, un réchaud et du gaz. Carte IGN Top 25 n° 3432 OT (Massif des Bauges), indispensable. Gourde filtrante ou pastilles, les sources existent mais ne sont pas officiellement potables. Une tente légère en secours, même si vous visez les refuges.
Chaussures rando ou trail avec un peu d’accroche, les passages en forêt peuvent être boueux après la pluie et la face nord vers Bonverdan garde parfois des névés au printemps. Bâtons utiles sur les montées raides et les descentes sur herbe mouillée.
Point important : l’itinéraire traverse la Réserve nationale de chasse et de faune sauvage des Bauges. Sortie des sentiers balisés interdite, pas de bivouac sauvage en dehors des abords immédiats des refuges, chiens mal venus en période d’estive.
Les Bauges ne sont pas les Écrins, et c’est exactement pour ça que cette itinérance fonctionne sur un pont de mai.
Trois jours, deux nuits en cabane, un sommet à 2 173 m, et l’impression d’avoir pris trois semaines de vacances. À caler avant que tout le monde finisse par comprendre.

