Vous utilisez votre téléphone pour la trace GPS et les photos ? Vous passez à côté de l’essentiel. Points d’eau, toilettes, sentiers fermés, risque incendie, appel des secours avec position automatique : voici tout ce que votre smartphone sait faire sur les sentiers français, et que presque personne n’exploite.
Une précision d’abord, parce qu’elle compte : le téléphone ne remplace pas la préparation. Étudier son itinéraire à l’avance, suivre la météo plusieurs jours avant le départ, emporter une carte papier, tout cela reste indispensable. La batterie qui lâche à 2 400 m d’altitude ne prévient pas. Mais une fois ces bases posées, le smartphone devient un outil redoutable. Le média suisse Watson vient de recenser les usages les plus malins côté helvète. On a repris l’idée et transposé chaque fonction avec les outils disponibles en France. Prenez des notes.
Trouver de l’eau potable et des toilettes sur le parcours
En Suisse, l’application officielle Swisstopo affiche désormais fontaines et toilettes publiques directement sur la carte. En France, pas d’équivalent officiel, mais la parade existe : les applications basées sur OpenStreetMap, comme Organic Maps ou OsmAnd, affichent les fontaines d’eau potable et les toilettes publiques recensées par les contributeurs. Le maillage est étonnamment bon dans les zones de randonnée fréquentées, et les deux applications fonctionnent entièrement hors ligne. Sur une sortie longue par forte chaleur, savoir avant de partir où remplir sa gourde change tout.
Identifier ce qui vous entoure, sommets comme fleurs
Pointez votre téléphone vers une chaîne de montagnes et PeakFinder affiche le nom et l’altitude de chaque sommet. La fonction passe maintenant par l’appareil photo, ce qui la rend encore plus simple à utiliser. Vous obtenez aussi la distance qui vous sépare du sommet.
Pour ce qui pousse au bord du chemin, PlantNet fait le travail. Une photo, une comparaison, une identification. L’espèce exacte n’est pas toujours garantie, mais l’application retrouve presque systématiquement la famille botanique et fournit une fiche complète. Cocorico au passage : PlantNet est un projet de recherche français, porté notamment par l’Inria et le Cirad.
S’orienter et connaître l’état des sentiers
Côté cartographie, la France est bien lotie. L’application gratuite Cartes IGN donne accès aux fameuses cartes topographiques au 1:25 000, celles-là mêmes que vous achetiez en papier. Visorando complète bien l’arsenal avec ses dizaines de milliers d’itinéraires décrits et les retours récents des autres randonneurs, précieux pour savoir si un passage est boueux, effondré ou envahi.
Pour signaler un problème sur un sentier (balisage arraché, passage dangereux, dépôt sauvage), il existe un outil officiel que presque personne ne connaît : Suricate, la plateforme du ministère des Sports. Votre signalement part directement vers les gestionnaires du site. Dans les zones de pastoralisme des Alpes et des Pyrénées, renseignez-vous aussi auprès des maisons de parc sur la présence de chiens de protection des troupeaux : mieux vaut savoir comment se comporter avant de tomber sur un patou.
Avant tout pique-nique au réchaud ou barbecue, consultez la Météo des forêts de Météo-France. Cette carte quotidienne indique le niveau de danger d’incendie département par département, de juin à septembre.
Réussir ses photos, drones compris
Les plus belles images se prennent presque toujours au lever ou au coucher du soleil. Un site comme sonnenverlauf.de (interface disponible en français) donne pour n’importe quel point du globe les horaires complets, la trajectoire et la position du soleil dans le ciel, à n’importe quelle date. De quoi planifier une arrivée au sommet pile pour la lumière dorée.
Si vous volez en drone, un réflexe obligatoire : la carte des restrictions pour drones de loisir sur le Géoportail. Parcs nationaux, réserves naturelles, zones aéroportuaires : les interdictions sont nombreuses en montagne et les amendes bien réelles.
Rentrer sans marcher pour rien
Avant de boucler votre itinéraire, vérifiez les arrêts de bus et de TER proches de votre point d’arrivée sur SNCF Connect ou l’application de votre réseau régional. Une ligne de car qui passe au bout du sentier, c’est parfois une boucle transformée en traversée, bien plus intéressante. Dans les vallées reculées, certaines communautés de communes proposent du transport à la demande sur réservation : un coup de fil à l’office de tourisme avant le départ peut vous économiser des kilomètres de bitume.
Garder une trace, et prévoir le pire
Pour conserver un souvenir précis de la marche, l’application Relive enregistre distance et durée, puis reconstitue votre randonnée en trois dimensions. Vous pouvez y placer vos photos et vidéos exactement là où elles ont été prises. Le rendu est bluffant à partager.
Reste le plus important. Si vous prenez du retard sur une réservation en refuge, appelez les gardiens : ils sauront que vous allez bien et personne ne lancera de recherches inutiles. Prévenez aussi vos proches de votre position. Et pour les vrais coups durs, retenez ceci : en France, le 112 transmet automatiquement votre position précise aux secours grâce à la localisation mobile avancée (AML), intégrée à tous les smartphones récents. Pas besoin de savoir décrire où vous êtes. L’application EchoSOS, utilisable dans toute l’Europe, ajoute une fiche d’urgence avec vos médicaments et affiche le bon numéro de secours où que vous soyez. En montagne, c’est le PGHM ou le CRS de secours en montagne qui interviendra, toujours via le 112.
Quatorze usages, une seule règle : tout cela complète la préparation, rien ne la remplace. La carte papier reste dans le sac. Le téléphone, lui, reste chargé.
