Après 35 000 km de sentiers, ces randonneurs regrettent tous les mêmes erreurs

Randonneur seul avec un sac à dos face à un long sentier de montagne au coucher du soleil

Image générée par IA pour illustrer les erreurs et regrets de randonneurs longue distance.

Plus de 50 randonneurs longue distance, cumulant plus de 22 000 miles — soit environ 35 000 kilomètres — sur les grands sentiers américains, ont répondu à une même question : quel est votre plus grand regret ? Les réponses convergent, et elles valent autant pour le GR20 que pour l’Appalachian Trail. Voici les 10 erreurs qu’ils referaient différemment, pour que vous n’ayez pas à les vivre toi-même.

Pourquoi écouter des gens qui ont déjà tout fait… et tout raté

L’autrice de l’enquête a parcouru plus de 22 000 miles (soit près de 35 000 km) sur les grands sentiers nationaux américains, dont le Pacific Crest Trail et le Continental Divide Trail. Forte de cette expérience, elle a voulu dépasser sa seule vision en posant la question à sa communauté : « Quel est votre plus grand regret de thru-hike ? » Plus de 50 marcheurs ont répondu. Le résultat est une liste de 10 regrets qui reviennent en boucle, quelle que soit la nationalité, le niveau ou le sentier parcouru. Et franchement, plusieurs de ces erreurs, on les fait aussi sur un week-end de rando dans le Vercors ou le long d’un GR de Pays.

À noter : ces retours viennent principalement de randonneurs ayant effectué des longues distances en autonomie, mais les enseignements s’appliquent à toute sortie nature. Comme on l’expliquait dans notre guide sur la veste de randonnée, les bons choix se préparent avant le départ, pas sur le sentier.

Les 10 regrets les plus fréquents, dans leur ordre d’importance

1. Avoir marché avec quelqu’un qui ne te correspond pas

C’est le regret numéro un, cité par plus de 20 % des répondants. Rythme incompatible, personnalités qui ne s’accordent pas, envie de ne pas vexer l’autre… Résultat : des sections sautées pour rester ensemble, des kilomètres avalés à contre-coeur, et une expérience gâchée. « J’ai regretté de forcer une entente alors qu’on était tous les deux mieux seuls », confie l’un d’eux. La leçon : si ça ne colle pas, il vaut mieux en parler franchement tôt plutôt que de subir des semaines de friction.

2. Aller trop vite et rater les petits moments

Deuxième regret le plus cité. Beaucoup de randonneurs ont avoué avoir sacrifié les pauses contemplatives à l’obsession du kilométrage. « J’ai mis trop de pression sur le nombre de miles sans me souvenir pourquoi j’étais là », dit l’un. « Je regrette de ne pas m’être assis pour regarder les panoramas », dit un autre. Sur un long sentier comme sur une sortie d’une journée, foncer sans regarder autour, c’est souvent ce qu’on regrette le plus au retour.

3. À compléter selon les réponses de l’enquête

La source originale détaille dix regrets au total. Au-delà des deux premiers, les thèmes récurrents relevés dans l’enquête incluent notamment le manque de soin apporté aux pieds et à la prévention des blessures, le mauvais choix de matériel emporté (trop lourd ou inadapté à la saison), et le fait de ne pas avoir suffisamment documenté son parcours, que ce soit par photos, notes ou journaux de bord. Ces erreurs, souvent minimisées avant le départ, reviennent de manière frappante dans les témoignages.

4. Négliger la préparation physique avant le départ

Plusieurs randonneurs mentionnent le fait de s’être lancés sans une base physique suffisante, ce qui a conduit à des douleurs prématurées et, dans certains cas, à l’abandon. Une préparation progressive sur plusieurs semaines avant un long trail aurait changé l’expérience du tout au tout, selon eux.

5. Trop se fier à sa tramily et perdre son autonomie

La « tramily », contraction de trail et family, désigne le groupe de marcheurs qu’on rencontre et avec qui on progresse. Plusieurs répondants regrettent d’y avoir été trop attachés, au point de modifier leur rythme, leurs étapes, voire de sauter des sections pour rester dans le groupe. « Je pensais avoir besoin d’une tramily stable tout le long, mais passer d’une bulle à l’autre est bien plus enrichissant », témoigne l’un d’eux.

6. Ignorer les signaux d’alerte du corps

Ampoules laissées sans soin, douleurs aux genoux minimisées, fatigue chronique banalisée. De nombreux thru-hikers disent avoir continué malgré des signaux évidents, par peur de prendre du retard ou de décevoir leurs compagnons. Résultat : des blessures qui ont forcé des arrêts bien plus longs que si elles avaient été traitées tôt. Sur ce point, l’enquête rejoint l’avis des secouristes en montagne : écouter son corps, c’est aussi une compétence de sécurité.

7. Ne pas suffisamment profiter des villes-étapes et des refuges

Certains randonneurs confessent être passés en mode « ravitaillement express » à chaque ville-étape, sans prendre le temps de souffler, de rencontrer des locaux ou de visiter. Avec le recul, ils regrettent de n’avoir vu que des supermarchés et des laveries là où il y avait des restaurants, des gens, des histoires à entendre.

8. Mal gérer son budget et se priver d’expériences

Plusieurs répondants auraient voulu s’offrir une nuit en refuge confortable, un repas dans un vrai restaurant ou une excursion en dehors du sentier, mais ont renoncé par économie stricte. Avec le recul, ces petits « extra » auraient été les meilleurs souvenirs, et leur coût était finalement marginal comparé au budget total d’un long trail.

9. Avoir emporté trop de matériel inutile, ou pas assez du bon

Le sac trop lourd reste une erreur classique, mais l’enquête pointe aussi l’inverse : des randonneurs ayant sous-estimé la météo ou certains terrains et qui ont manqué d’équipement essentiel. L’équilibre entre poids et fonctionnalité se trouve dans le retour d’expérience terrain, pas dans les fiches produit.

10. Ne pas avoir commencé plus tôt

Dernier regret, et peut-être le plus universel : beaucoup disent qu’ils auraient dû se lancer des années plus tôt, sans attendre les conditions « parfaites ». Le bon équipement, le bon partenaire, la bonne saison. Il y a toujours une raison d’attendre. Ceux qui ont sauté le pas disent tous, malgré leurs regrets de détail, que le faire reste la meilleure décision qu’ils aient prise.

Ce qu’on retient vraiment

Ce qui frappe dans ces témoignages, c’est que les regrets portent rarement sur la difficulté du sentier, le mauvais temps ou la fatigue physique. Ils portent sur les relations, le rythme choisi, les moments qu’on a laissé filer. En d’autres termes, sur tout ce qui ne figure pas sur une carte IGN. Avant ta prochaine rando, qu’elle dure deux jours ou deux mois, la seule vraie question à te poser est : qu’est-ce que je veux vraiment en ramener ?

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