Cette rando secrète offre un face-à-face inoubliable avec les cerfs du Vercors

plateau ambel

1231 hectares d’estive, 15 kilomètres de sentiers balisés, 560 mètres de dénivelé positif.

Le Plateau d’Ambel, joyau naturel du Vercors drômois, offre bien plus que ces chiffres impressionnants.

Classé Espace Naturel Sensible, ce vaste territoire alpin conjugue patrimoine pastoral, mémoire de la Résistance et biodiversité exceptionnelle.

Au cœur du massif, entre forêts denses et alpages verdoyants, le randonneur découvre un microcosme où l’histoire des hommes se mêle à la beauté brute de la montagne.

Le mystérieux Scialet des Quatre Gorges et le panorama époustouflant de la Tête de la Dame ne sont que deux des trésors qui attendent l’aventurier sur ce plateau aux mille visages.

L’éveil du plateau, mise en jambes bucolique

Le périple débute au parking de l’Aubasse, point de départ idéal pour s’immerger dans l’atmosphère unique du Plateau d’Ambel.

Les premiers pas sur le sentier balisé GR révèlent déjà la diversité du paysage. Le chemin serpente entre les prairies alpines où paissent paisiblement les troupeaux, témoins vivants du pastoralisme encore actif dans la région.

Après 1,5 km de marche, le sentier s’élève doucement, offrant les premières vues dégagées sur l’étendue du plateau.

Le dénivelé reste modéré, permettant au randonneur de s’acclimater progressivement à l’altitude. À mi-chemin de cette première étape, un bosquet de hêtres centenaires offre un spot idéal pour une courte pause, à l’ombre de ces géants silencieux.

L’approche du refuge d’Ambel marque la fin de ce premier tronçon. Cette ancienne ferme en pierre, reconvertie en refuge non gardé, se dresse comme un phare au milieu des pâturages. Sa silhouette rustique annonce déjà les richesses patrimoniales qui jalonnent le parcours.

Le refuge d’Ambel : 500 ans d’histoire entre quatre murs

Le refuge d’Ambel, véritable pivot de la randonnée, mérite qu’on s’y attarde.

Cette bâtisse du XVIe siècle, témoin silencieux des siècles passés, offre un aperçu saisissant de l’architecture pastorale traditionnelle du Vercors. Ses murs épais en pierre locale et son toit en lauzes ont bravé les intempéries et les années, conservant intact le charme d’antan.

À l’intérieur, la grande salle commune, dominée par une imposante cheminée, invite au repos et à la convivialité. Les 19 couchages répartis sur trois étages permettent aux randonneurs de prolonger l’aventure sur plusieurs jours. Une fontaine à 10 mètres de l’entrée assure l’approvisionnement en eau fraîche, ressource précieuse en altitude.

Le refuge d’Ambel n’est pas qu’un simple abri. Il est aussi un livre d’histoire à ciel ouvert. Durant la Seconde Guerre mondiale, il servit de point stratégique à la Résistance, accueillant réunions secrètes et refugiés. Aujourd’hui, une plaque commémorative rappelle discrètement ce passé héroïque, invitant le randonneur à un moment de recueillement.

« Chaque pierre de ce refuge raconte une histoire. Des bergers aux résistants, en passant par les randonneurs d’aujourd’hui, Ambel a toujours été un havre de paix et de liberté au cœur de la montagne. »

Vers les hauteurs : 4 km d’ascension jusqu’à la Tête de la Dame

Quittant la quiétude du refuge d’Ambel, le sentier s’élève progressivement vers le point culminant de la randonnée : la Tête de la Dame.

Cette portion du parcours, longue de 4 km, offre un dénivelé plus marqué de 300 mètres. Le chemin, bien balisé, alterne entre sous-bois ombragés et clairières ensoleillées.

À mi-pente, le randonneur traverse une zone de lapiaz, formation calcaire typique du Vercors.

Ce paysage lunaire, sculpté par l’érosion, exige une attention particulière aux chevilles.

Des chaussures de randonnée montantes sont vivement recommandées pour négocier ce passage technique en toute sécurité.

L’ascension se poursuit, dévoilant peu à peu des panoramas de plus en plus vastes sur le massif environnant.

Les derniers hectomètres, plus raides, récompensent l’effort par une vue à couper le souffle depuis le sommet de la Tête de la Dame, à 1506 mètres d’altitude.

La Tête de la Dame : un balcon sur le Vercors à 1506 mètres

Atteindre le sommet de la Tête de la Dame, c’est toucher du doigt l’essence même du Vercors.

Ce belvédère naturel offre un panorama à 360 degrés sur le massif, dévoilant ses reliefs tourmentés et ses vallées profondes. Par temps clair, le regard porte jusqu’au Diois au sud et aux contreforts des Alpes à l’est.

Ce point culminant de la randonnée est l’endroit idéal pour une pause contemplative.

Un cairn imposant marque le sommet, invitant le randonneur à y ajouter sa pierre, geste symbolique perpétuant une tradition montagnarde séculaire. Les plus chanceux pourront observer le vol majestueux des aigles royaux qui nichent dans les falaises environnantes.

La Tête de la Dame n’est pas qu’un sommet géographique, elle est aussi un livre ouvert sur la géologie du Vercors.

Les affleurements calcaires racontent l’histoire marine de ce massif, formé il y a des millions d’années sous un océan tropical. C’est l’occasion de comprendre comment l’érosion a façonné ce paysage unique au fil des millénaires.

Le Scialet des Quatre Gorges : plongée dans les entrailles de la terre

La descente depuis la Tête de la Dame réserve une surprise de taille : le Scialet des Quatre Gorges.

Ce gouffre naturel, véritable curiosité géologique, s’ouvre comme une bouche béante dans le calcaire du plateau. Son diamètre impressionnant de plusieurs dizaines de mètres et sa profondeur vertigineuse en font un site incontournable de la randonnée.

L’approche du scialet demande une prudence accrue.

Le sentier, bien que sécurisé, longe le bord du gouffre, offrant des vues saisissantes sur cette cavité naturelle.

Un garde-corps permet de s’approcher en toute sécurité pour admirer ce chef-d’œuvre de la nature. Les jeux de lumière créés par le soleil dans les profondeurs du scialet offrent un spectacle fascinant, particulièrement photogénique en fin de journée.

Pour les spéléologues confirmés, le Scialet des Quatre Gorges est le point de départ d’un réseau souterrain complexe. Pour le randonneur, il reste un témoignage impressionnant de l’activité karstique qui a façonné le sous-sol du Vercors.

« Le Scialet des Quatre Gorges, c’est comme une fenêtre ouverte sur les mystères du sous-sol karstique. Chaque fois que je m’en approche, je ressens le même frisson que lors de ma première exploration il y a 30 ans. »

La traversée des alpages : 5 km au cœur du pastoralisme vivant

Après l’émotion du Scialet des Quatre Gorges, le sentier s’adoucit pour traverser les vastes alpages du Plateau d’Ambel. Cette portion de 5 km offre un dénivelé négatif progressif, permettant au randonneur de reprendre son souffle tout en s’imprégnant de l’ambiance pastorale.

Le chemin serpente entre les prairies d’altitude où paissent vaches et moutons durant la période estivale. Cette activité pastorale, millénaire, joue un rôle crucial dans le maintien de la biodiversité du plateau. Les troupeaux, en broutant, empêchent la fermeture du milieu et favorisent une flore variée et colorée.

À mi-parcours de cette traversée, le randonneur croise une cabane de berger traditionnelle. Ce petit abri en pierre, toujours utilisé pendant la transhumance, offre un aperçu authentique de la vie pastorale en altitude. C’est l’occasion de faire une halte et d’observer, avec des jumelles, la faune sauvage qui cohabite avec les troupeaux : marmottes, chamois et peut-être même un aigle royal en chasse.

Le royaume des cerfs : silence et observation dans les clairières

Les derniers kilomètres de la randonnée traversent une zone boisée entrecoupée de clairières, habitat privilégié des cerfs du Vercors.

Ce secteur, particulièrement sensible pendant la période du brame (de mi-septembre à mi-octobre), fait l’objet d’une attention particulière.

Des panneaux d’information rappellent les règles de bonne conduite pour ne pas perturber la faune.

Le silence est de mise, et le randonneur attentif pourra peut-être apercevoir un cerf majestueux ou une biche élégante en lisière de forêt. Les plus chanceux assisteront peut-être à une scène de brame, spectacle sonore impressionnant qui résonne dans les vallées.

Cette zone est également riche en biodiversité végétale. Le sous-bois abrite une multitude d’espèces, dont certaines orchidées rares et protégées. Il est crucial de rester sur le sentier balisé pour préserver ces trésors botaniques.

Retour au point de départ : 3 km de descente contemplative

Les trois derniers kilomètres de la randonnée offrent une descente douce vers le parking de l’Aubasse. Ce tronçon final est l’occasion de jeter un dernier regard sur les paysages traversés et de faire le bilan de cette journée riche en découvertes.

Le sentier, large et bien entretenu, permet une marche décontractée. Les vues s’ouvrent une dernière fois sur l’étendue du Plateau d’Ambel, révélant sous un angle différent les lieux parcourus. C’est le moment idéal pour capturer quelques dernières photos, la lumière de fin de journée sublimant les reliefs du Vercors.

À l’approche du parking, le randonneur retrouve progressivement les signes de civilisation. Les derniers mètres sont l’occasion de se remémorer les moments forts de la journée et de commencer à planifier, peut-être, un prochain séjour pour explorer d’autres facettes de ce plateau aux mille richesses.

Informations pratiques : préparer son aventure sur le Plateau d’Ambel

Accès et stationnement

Le point de départ de la randonnée se situe au parking de l’Aubasse, accessible depuis Font d’Urle. Depuis Pont-en-Royans, suivre la D518 vers Echevis, puis la D178 direction Vassieux-en-Vercors. Avant le village, prendre la D76 vers le Col de Carri, puis la D76b vers Font d’Urle. Le parking est gratuit et offre une capacité d’une trentaine de véhicules.

Période idéale

La randonnée est praticable de mai à octobre, selon l’enneigement. La période optimale se situe entre juin et septembre, alliant conditions météorologiques favorables et nature en pleine floraison. Pour observer le brame du cerf, privilégiez la seconde quinzaine de septembre.

Équipement recommandé

Réglementation et sécurité

Le Plateau d’Ambel étant un Espace Naturel Sensible, des règles strictes s’appliquent :

En cas d’urgence, composer le 112. Des écogardes sont présents sur le site pendant la période estivale et peuvent apporter assistance et information.

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