Les accidents en montagne sont en hausse, et la saison estivale bat déjà son plein. Avant d’attaquer un sentier, quelques règles de base sur la sécurité, le bivouac et le respect de l’environnement peuvent faire toute la différence entre une belle journée et un mauvais souvenir. Comme on le rappelait dans notre article sur la méthode de 40 minutes par semaine, la préparation physique compte, mais la préparation sécurité compte tout autant.
Des accidents en hausse : pourquoi la montagne ne pardonne pas l’imprévu
Chaque été, les secours de montagne enregistrent une progression des interventions. La fréquentation des massifs alpins explose, notamment dans les zones du Dauphiné, de la Savoie et de la Haute-Savoie, et le profil des personnes secourues évolue : de plus en plus de randonneurs peu équipés, partis sans vérifier la météo ni prévenir un proche de leur itinéraire. Le PGHM et les unités de secours en montagne le répètent chaque saison : la majorité des interventions concerne des sorties banales qui ont dévié, et non des courses techniques.
La règle d’or reste simple : déposer son itinéraire précis (nom du sentier, heure de départ prévue, heure de retour estimée) auprès d’une personne restée en bas. Si tu n’es pas rentré à l’heure dite, elle appelle le 112. Cela ne coûte rien et ça sauve des vies.
Bivouac en montagne : ce qui est autorisé, ce qui ne l’est pas
Le bivouac en montagne est soumis à une réglementation souvent mal connue, et qui varie selon les massifs et les espaces protégés. Dans les parcs nationaux (Écrins, Vanoise, Mercantour), le bivouac est en principe interdit, sauf dans des zones spécifiquement autorisées et uniquement à plus d’une heure de marche des routes et des parkings. On parle de « zone cœur » où les règles sont les plus strictes.
En dehors des parcs nationaux, le bivouac reste toléré dans la plupart des situations, à condition de ne pas s’installer sur une propriété privée, de ne faire aucun feu (en particulier en période sèche, où les arrêtés préfectoraux peuvent l’interdire sur tout un département), et de ne laisser aucune trace. La tente ne doit être montée qu’à la nuit tombante et pliée au lever du jour, selon le principe du « no trace ». Aucun foyer, aucun déchet, aucun impact sur la végétation.
Environnement : les gestes qui protègent vraiment le milieu montagnard
La montagne supporte de moins en moins le passage de millions de randonneurs chaque année. Les pelouses d’altitude, les zones humides, les éboulis fragiles : chaque pas hors sentier peut détruire des décennies de reconstruction naturelle. La règle de base est de rester sur les sentiers balisés, même quand un raccourci semble évident. Les cairns sauvages (empilements de pierres non officiels) sont aussi à éviter, car ils perturbent les milieux et trompent les autres randonneurs.
Sur les déchets, l’équation est simple : tout ce qui monte redescend. Les fruits, les coques de noix, les épluchures de banane se dégradent très lentement en altitude et ne sont pas des déchets « naturels » dans cet écosystème. Prévois un petit sac hermétique dans ton sac pour tout ramener. Et les besoins naturels ? À au moins 70 mètres de tout cours d’eau, en creusant si possible un trou de quelques centimètres, et en remportant le papier toilette.
Pour les amateurs de longues sorties et de grands itinéraires balisés, notre article sur le GR de 198 km autour des volcans d’Auvergne détaille aussi ces bonnes pratiques dans le cadre d’un trek de plusieurs jours.
Météo et équipement : les deux points de départ non négociables
La météo en montagne change en quelques dizaines de minutes. Une randonnée qui commence sous le soleil peut se terminer sous une tempête de grêle à 2 500 mètres. Avant de partir, consulte une météo spécifique montagne (Météo-France propose un bulletin « montagne » par massif, disponible sur son site), et pas seulement la météo de la vallée. Un ciel dégagé en bas ne dit rien de ce qui se passe au-dessus de 1 800 mètres.
Sur l’équipement, quelques éléments ne se négocient pas, même pour une sortie courte : une couche imperméable (le coupe-vent léger tient dans une poche), de l’eau en quantité suffisante (1 litre par heure d’effort en été), une carte papier ou un GPS chargé (le téléphone se décharge vite en altitude et peut ne pas avoir de réseau), une couverture de survie, une lampe frontale et un fond de trousse de premiers secours. Les bâtons de marche, eux, ne sont pas un caprice : ils réduisent significativement la fatigue sur les descentes et stabilisent le pas sur terrain irrégulier.
