Les tiques sont de plus en plus nombreuses sur les sentiers cet été, et certaines espèces réservent de mauvaises surprises bien au-delà de la maladie de Lyme. Avant d’enfiler vos chaussures pour votre prochaine sortie, voici ce que vous devez savoir, terrain à l’appui. Et si vous pensez à préparer chaque détail avant de partir en rando, la protection anti-tiques mérite une place en tête de liste.
Une activité en forte hausse cette année
Rachel Burkholder, épidémiologiste au Michigan Department of Health and Human Services, a mis le chiffre noir sur blanc : à la même période l’an dernier, elle avait reçu environ 700 photos de tiques soumises par des citoyens. Cette année, le compteur approche déjà les 1 000. « Je reçois de plus en plus de signalements du public », confirme-t-elle.
Ce n’est pas une surprise pour les habitués des sentiers boisés. Les tiques affectionnent les zones ombragées et humides, les sous-bois touffus, les herbes hautes en bordure de chemin. Autrement dit, exactement les endroits où vous aimez passer.
Deux espèces à connaître absolument
La tique à pattes noires (vectrice de la maladie de Lyme)
C’est la plus connue des randonneurs. Elle est présente partout dans la région des Grands Lacs, mais se concentre particulièrement en Péninsule Supérieure et sur les rivages du lac Michigan. Si vous randez dans ces zones, la vigilance s’impose dès le printemps.
La tique Lone Star (allergie à la viande rouge)
Moins connue, mais à surveiller de près. Récemment établie dans le comté de Berrien, cette espèce est porteuse du syndrome alpha-gal, qui peut provoquer une allergie à la viande rouge. Un effet secondaire pour le moins inattendu après une bonne sortie en forêt. Son implantation progresse, ce qui en fait une espèce émergente à suivre.
5 réflexes concrets pour se protéger sur le terrain
1. Utiliser un répulsif homologué EPA
Un spray anti-insectes approuvé par l’agence américaine de protection de l’environnement (équivalent de nos produits DEET ou icaridine en Europe) appliqué sur les vêtements et la peau exposée reste la première ligne de défense. À renouveler selon les indications du flacon, surtout par temps chaud.
2. S’inspecter de la tête aux pieds au retour
Les tiques s’installent préférentiellement dans les zones chaudes et poilues : aisselles, derrière les oreilles, pli de l’aine, derrière les genoux. Un check-up minutieux après chaque sortie, sur soi-même, les enfants et les animaux de compagnie, permet de détecter une tique avant qu’elle ait eu le temps de transmettre quoi que ce soit.
3. Retirer la tique avec une pince à épiler, pas avec les doigts
Sam Schwartz, un vététiste interviewé au Bald Mountain Recreation Area, sort ses pinces multifonctions. L’épidémiologiste Burkholder est formelle : la pince à épiler à bout fin reste l’outil le plus efficace. On saisit la tique au plus près de la peau, on tire doucement et verticalement, sans torsion.
4. Oublier les « astuces » de grand-mère
Dissolvant à ongles, vaseline, flamme de briquet… ces méthodes sont à proscrire. Burkholder l’explique clairement : forcer la tique à reculer d’elle-même augmente le risque qu’elle recrache son contenu dans la plaie, et donc de transmission de pathogènes. La fièvre des Rocheuses, souvent citée, n’est pour l’instant pas portée par les tiques locales, mais cela ne justifie pas de prendre des risques inutiles.
5. Signaler les tiques aux autorités sanitaires
Le système de photos citoyennes utilisé par le département de santé du Michigan permet de cartographier en temps réel la progression des espèces. Si vous trouvez une tique suspecte ou que vous identifiez une espèce inconnue, une photo envoyée aux services de santé locaux contribue directement à la surveillance épidémiologique. Un geste simple, utile pour toute la communauté des randonneurs.
Le bon état d’esprit sur le sentier
« On ne sait jamais quand ça sera la première fois. » Ce n’est pas une raison pour rester chez soi, mais pour partir mieux préparé. Les zones dégagées, les sentiers bien tracés et les vêtements couvrants (manches longues, chaussettes remontées) réduisent mécaniquement l’exposition. La prudence n’est pas incompatible avec le plaisir du trail.

