Rappel : 6 raisons pour lesquelles construire des cairns en randonnée est une très mauvaise idée

cairns en randonnée

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À l’origine construits pour orienter les randonneurs en milieu naturel, les cairns font aujourd’hui l’objet d’un engouement sans précédent, grandement encouragé par les réseaux sociaux.

Malheureusement, empiler quelques pierres les unes sur les autres est loin d’être anodin.

Ces amas de cailloux artificiels participent en effet à la dégradation de l’environnement et de sa fragile biodiversité.

Alors qu’aucun site touristique n’échappe à cette mode, il est grand temps de revenir à une pratique raisonnée du cairn. Voici pourquoi.

#1 Parce que construire des cairns partout brouille les repères

Les cairns n’ont pas vocation à « faire joli » dans la nature, loin de là. En montagne surtout, mais également dans d’autres zones naturelles, ces amas de pierres répondent à différentes utilités :

Vous l’aurez compris, construits n’importe où, les cairns perdent leur rôle de points de repère et peuvent alors induire les randonneurs en erreur.

Si c’était encore le cas il y a quelques années, aujourd’hui, croiser un empilement de pierres sur le bord de la route ne signifie pas forcément que vous vous trouvez sur le bon chemin.

#2 Parce que les cairns détruisent la biodiversité

Si la multiplication des cairns est un problème pour l’orientation des randonneurs, elle l’est encore davantage pour la biodiversité.

En effet, les cailloux de nos montagnes, forêts, plages et déserts servent de refuge à des milliers d’espèces, dont certaines menacées d’extinction.

Ainsi, se laisser tenter par la construction d’un cairn peut suffire à éteindre de minuscules et fragiles colonies jusqu’alors viables. 

En août 2022, le Parc national des Calanques interpellait les promeneurs sur cette pratique dans un communiqué intitulé « Stop aux cairns géants dans les Calanques ».

Dans cette région du territoire, quatre espèces sont directement impactées par l’effet de mode des cairns : la tarente de Maurétanie, le scorpion à pattes jaunes, l’émidactyle verruqueux et le cloporte. 

De la même façon, les cairns érigés dans les lits des rivières sont un véritable désastre pour l’écosystème aquatique.

Si la faune se voit retirer de potentiels abris dans le cours d’eau, le déplacement des cailloux impacte également la reproduction des espèces botaniques (crambe maritime, algues, etc.). 

Avec la multiplication des cairns, la préservation de la biodiversité, aussi fragile que précieuse, est donc en jeu.

#3 Parce que les cairns dégradent l’environnement

Troisième bonne raison de mettre fin à cette pratique : les sites confrontés à une construction effrénée de cairns font face à un phénomène d’érosion accéléré.

Un phénomène qui s’explique de plusieurs façons :

À certains endroits, les promeneurs en manque de pierres vont même jusqu’à creuser le sol pour en trouver.

C’est notamment ce qu’ont pu constater les conservateurs du Cap Fréhel, avec une destruction importante de la dune et de l’estran. 

Rappelons ici que le processus de formation d’un sol se compte en milliers d’années.

Or, remettre en place les pierres après les avoir déplacées ne suffit pas à réparer les dégâts causés sur l’environnement. Voilà donc une autre bonne raison de résister à la tentation de la construction.

#4 Parce que construire des cairns incite les autres randonneurs à faire de même

Ne mettez pas votre pierre à l’édifice !

La construction d’un cairn en elle-même n’est pas vraiment un problème. Comme nous avons pu le voir précédemment, cela peut même être d’une grande aide aux randonneurs égarés.

Cependant, un cairn dans le paysage sert bien souvent de déclencheur à la construction de dizaines d’autres, les promeneurs souhaitant ajouter leur pierre à l’édifice ou bâtir leur propre tour de pierre. Résultat : plusieurs dizaines de mètres cubes de roches peuvent être déplacés sur un même site, et ce en une seule saison. 

S’abstenir de construire un cairn dans un lieu encore vierge de tout empilement reste encore la meilleure façon de prévenir le phénomène. 

Cela sans compter l’engouement que connaissent ces petites constructions sur les réseaux sociaux.

À ce jour, les hashtaghs #rockbalancing et #rockstacking comptent plusieurs centaines de milliers de référencements rien que sur Instagram.

De beaux clichés qui cachent malheureusement une réalité bien moins belle.

Lire aussi : Des centaines de cairns détruits par les écogardes du Mont Ventoux, pour une bonne raison

#5 Parce que les cairns peuvent mettre en danger la vie petits randonneurs

Poussés par la volonté de faire « toujours plus », certains randonneurs n’hésitent pas à s’armer de patience et sortir les muscles pour ériger des cairns de la taille d’un être humain, voire d’un très grand être humain !

Ainsi, des cairns géants de plus de deux mètres de haut ont déjà été repérés dans le parc national des Calanques. 

Dans ce cas, le risque est réel de blesser un promeneur et notamment un enfant en cas d’écroulement de la construction.

#6 Parce que construire des cairns est tout simplement interdit dans les zones protégées

Enfin, si les arguments précédents ne vous ont pas encore totalement convaincus, sachez que la pratique est tout simplement interdite dans certaines zones du territoire, à savoir :

Certaines communes ont également publié des arrêtés interdisant la construction de cairns.

Ainsi, le village de Saint-Pierre-d’Oléron en Charente-Maritime a été le premier à voter leur interdiction en 2016 après avoir constaté les répercussions de la pratique sur l’environnement et la sécurité des marcheurs.

Les contrevenants s’exposent à une amende allant de 135 € à 1 500 € selon les régions et les sites concernés.

L’article L415-3 du Code de l’environnement prévoit même jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende sur les sites protégés en cas d’atteinte intentionnelle aux habitats naturels, à la biodiversité et/ou aux sites d’intérêt géologique.

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