On entend souvent qu’un bon marcheur avance à 5 km/h.
C’est vrai sur une piste plate, sans sac, sans pause, sans cailloux et sans dénivelé.
Autrement dit : pas vraiment dans la majorité des randonnées.
En montagne, sur un sentier forestier, dans une descente technique ou avec un sac sur le dos, la bonne vitesse n’est pas celle qui impressionne sur une montre GPS. C’est celle que vous pouvez tenir longtemps sans exploser, sans perdre votre lucidité et sans transformer la sortie en contre-la-montre.
La réponse va rassurer beaucoup de monde : en randonnée, marcher “lentement” est souvent parfaitement normal.
Sur terrain facile, 4 à 5 km/h est déjà une bonne allure
Sur du plat roulant, une personne en bonne forme peut marcher autour de 4 à 5 km/h.
C’est l’allure classique que l’on retrouve dans beaucoup de calculs de durée : 5 kilomètres en une heure, parfois un peu moins si l’on tient compte du sac, des pauses et du terrain.
Mais ce repère ne doit pas devenir une obsession.
Si vous marchez à 3,5 km/h sur un chemin agréable, avec quelques arrêts photo et un sac de journée, vous n’êtes pas “mauvais”. Vous êtes simplement dans une vraie sortie, pas dans un test de marche urbaine.
En montée, la vitesse chute vite
Dès que le dénivelé arrive, la distance ne raconte plus toute l’histoire.
Un kilomètre à plat et un kilomètre avec 200 mètres de montée n’ont rien à voir. La foulée raccourcit, le souffle change, les mollets travaillent, et le sac se rappelle à vous.
Sur une montée régulière, il est fréquent de tomber autour de 2 à 3 km/h. Dans une pente raide ou technique, on peut descendre encore plus bas.
Et c’est normal.
Le bon repère en montée n’est pas la vitesse instantanée. C’est votre capacité à garder un rythme sans vous arrêter toutes les trois minutes.
La descente n’est pas toujours plus rapide
Beaucoup de débutants pensent qu’ils vont perdre du temps en montée et le récupérer en descente.
Sur une piste large, oui.
Sur un sentier caillouteux, humide, raciné ou raide, pas forcément. La descente demande de freiner, de choisir ses appuis, de ménager les genoux et de rester concentré. Certaines personnes descendent presque aussi lentement qu’elles montent, surtout si elles manquent d’habitude.
Là encore, ce n’est pas une faiblesse.
Une descente propre, sûre et régulière vaut mieux qu’une descente rapide qui finit par une cheville tordue.
Le piège des montres GPS
Les montres et applications donnent une allure très précise. Parfois trop précise.
Voir “2,8 km/h” peut donner l’impression d’être en retard, alors que vous êtes simplement sur un passage normal de randonnée. Le GPS ne voit pas toujours la technicité du terrain, la chaleur, le vent, la fatigue, le poids du sac ou les pauses nécessaires.
Il mesure un déplacement.
Il ne mesure pas la difficulté ressentie.
Utilisez-le comme un outil, pas comme un juge.
Une bonne vitesse, c’est celle qui permet de parler
Le test le plus simple reste le test de la conversation.
Si vous pouvez parler par phrases courtes sans être complètement essoufflé, vous êtes probablement dans une zone confortable pour durer. Si vous ne pouvez répondre que par oui ou non, vous êtes peut-être parti trop vite, surtout en début de randonnée.
Ce repère est particulièrement utile en groupe.
Le bon rythme n’est pas celui du plus rapide. C’est celui qui permet au groupe d’avancer longtemps sans casser les plus lents.
Les vrais repères utiles
Pour une randonnée classique, gardez ces ordres de grandeur :
- terrain plat facile : 4 à 5 km/h ;
- sentier vallonné : 3 à 4 km/h ;
- montée régulière : 2 à 3 km/h ;
- montée raide ou terrain technique : parfois moins de 2 km/h ;
- descente facile : 4 à 5 km/h ;
- descente technique : très variable, parfois lente.
Ces chiffres ne sont pas une note.
Ils servent surtout à mieux prévoir l’heure de retour, l’eau, la fatigue et les marges de sécurité.
Pourquoi marcher trop vite gâche souvent la sortie
Une randonnée n’est pas gagnée dans la première demi-heure.
Partir trop vite donne une sensation agréable au début : on avance, on double, on se sent fort. Puis le souffle devient court, les pauses se multiplient, la descente devient pénible et la fin de parcours se transforme en négociation mentale.
Le meilleur rythme est souvent celui qui semble presque trop facile au départ.
Si vous avez l’impression de pouvoir accélérer après une heure, c’est bon signe. Si vous êtes déjà en train de négocier avec vos jambes après 20 minutes, vous êtes probablement au-dessus de votre rythme utile.
À retenir
Une bonne vitesse de randonnée n’est pas une vitesse rapide.
C’est une allure régulière, adaptée au terrain, au groupe, au sac et à la météo. Sur le plat, 4 à 5 km/h peut être confortable. En montée, 2 à 3 km/h est déjà très correct. Sur terrain technique, aller plus lentement est parfois la meilleure décision.
Le vrai bon marcheur n’est pas celui qui affiche la plus belle moyenne.
C’est celui qui arrive encore lucide, stable et capable de profiter du paysage.
