À 19 ans, il se lance sur 900 km de GR10 pour traverser les Pyrénées en 50 jours

randonneur

À 19 ans, le Tarnais Even Moreau a commencé le 18 août une traversée des Pyrénées à pied, d’Hendaye à Banyuls-sur-Mer, en suivant le GR10. Il s’est fixé environ 900 kilomètres et une cinquantaine de jours pour vivre un rêve de montagne qui mûrit depuis l’enfance.

Un départ donné à Hendaye le 18 août

Le projet a été annoncé le 24 août 2026, alors que l’aventure avait déjà commencé quelques jours plus tôt. Even Moreau est parti d’Hendaye, sur la côte basque, le mardi 18 août, avec l’objectif de rejoindre Banyuls-sur-Mer en empruntant le GR10. Entre ces deux villes, le sentier suit la chaîne pyrénéenne du côté français et propose une traversée de près de 900 kilomètres.

Le calendrier annoncé est d’environ 50 jours. Ce chiffre donne la mesure de l’entreprise sans transformer le parcours en course contre la montre. Sur une itinérance aussi longue, la régularité compte autant que les moments spectaculaires. Les conditions de terrain, la météo et les aléas de la randonnée feront partie du voyage, comme pour toute traversée de montagne.

Le GR10, un itinéraire emblématique des Pyrénées

Le GR10 est un sentier de grande randonnée qui relie l’océan Atlantique à la Méditerranée par le versant français des Pyrénées. Son tracé commence traditionnellement à Hendaye et s’achève à Banyuls-sur-Mer. Il traverse ainsi des paysages très différents, depuis les reliefs basques proches de l’océan jusqu’aux secteurs plus élevés et plus minéraux de la chaîne, avant de gagner les Pyrénées-Orientales.

Comme les autres sentiers de grande randonnée balisés par la Fédération française de la randonnée pédestre et ses comités, il se repère notamment grâce au balisage blanc et rouge. Ce marquage facilite l’orientation, mais il ne remplace ni une carte, ni une préparation, ni une lecture attentive du terrain. Le GR10 n’est pas une promenade uniforme : ses portions changent de difficulté et d’ambiance au fil des départements et des vallées.

La distance souvent retenue pour la traversée se situe autour de 900 kilomètres, avec des variantes selon les découpages, les points de départ et d’arrivée ou les choix de parcours. C’est cette dimension à la fois nationale, sportive et paysagère qui a fait du GR10 une référence pour les amateurs de longue randonnée.

Un rêve de montagne né dans l’enfance

Even Moreau raconte avoir découvert la randonnée avec ses grands-parents à l’âge de six ans. La montagne n’est donc pas pour lui un décor choisi au hasard pour un défi ponctuel. Elle accompagne son histoire personnelle et explique la portée particulière donnée à cette traversée.

À 16 ans, il a repris les randonnées et a commencé à marcher davantage par lui-même. Depuis, il n’a pas cessé de pratiquer. Il indique marcher habituellement deux à trois fois par mois pendant l’été et environ une fois tous les trois mois en hiver. Certaines de ses ascensions l’ont conduit jusqu’à 3 000 mètres d’altitude.

Ces éléments permettent de comprendre la continuité de son projet, sans en faire un portrait de sportif professionnel. À 19 ans, il s’appuie d’abord sur une expérience construite progressivement, sur un attachement ancien aux reliefs et sur l’envie de donner une forme concrète à un rêve.

Une traversée qui demande de durer

Marcher 900 kilomètres en environ 50 jours ne consiste pas seulement à additionner des kilomètres. La difficulté tient aussi à la répétition : se lever, avancer, franchir des cols ou des passages accidentés, composer avec les écarts de température et recommencer le lendemain. Sur un itinéraire de montagne, le relief impose son rythme et peut rendre une journée très différente de la précédente.

Le GR10 alterne des passages plus accessibles et des sections exigeantes. Le randonneur rencontre des dénivelés, des sentiers parfois pierreux, des zones forestières, des estives et des secteurs de haute montagne. L’altitude maximale et la technicité ne sont pas identiques sur tout le tracé, ce qui oblige à rester attentif aux indications locales et à l’état des chemins.

Son plan est plus précis qu’une simple moyenne théorique : une cinquantaine d’étapes de 20 à 25 kilomètres, avec 1 200 à 1 500 mètres de dénivelé positif annoncés selon les journées. Il est parti avec sa tente, son duvet, son matelas et de la nourriture lyophilisée dans un sac donné pour 19 kilos. Trois ravitaillements sont anticipés aux environs des 250e, 500e et 750e kilomètres. Ce programme reste celui annoncé au départ et pourra évoluer selon la météo, le terrain ou la fatigue.

De l’océan aux reliefs de l’intérieur

Le départ d’Hendaye offre une image forte : la traversée commence au bord de l’Atlantique, puis s’éloigne progressivement du littoral pour entrer dans les paysages pyrénéens. Les premiers reliefs basques annoncent déjà le changement d’échelle. Au fil du parcours, le sentier gagne des vallées et des massifs où la sensation d’isolement peut devenir plus marquée.

Cette diversité est l’une des richesses du GR10. Le parcours traverse ou approche de nombreux territoires de montagne, avec des cultures locales, des villages, des cols et des panoramas qui évoluent au fil des jours. Il ne s’agit pas d’un itinéraire rectiligne posé sur une ligne de crête, mais d’un chemin qui compose avec la géographie des Pyrénées françaises.

À l’autre extrémité, Banyuls-sur-Mer marque le retour vers la Méditerranée. La longue marche prend alors la forme d’une traversée complète d’un massif, entre deux façades maritimes. Pour Even Moreau, cette continuité entre l’océan et la mer donne au défi une lisibilité particulière : partir d’un rivage et viser l’autre, en avançant à pied.

Le goût des rencontres au fil du chemin

Dans l’article consacré à son départ, Even Moreau évoque aussi les rencontres attendues au fil du parcours. Sur un sentier aussi connu, les échanges peuvent naître dans les villages, les hébergements, les points de ravitaillement ou simplement sur le chemin. Ils font partie de l’expérience humaine d’une itinérance, au même titre que les paysages.

Il est parti seul, mais espère justement multiplier les rencontres pendant la traversée. Il serait toutefois prématuré de les raconter comme si elles avaient déjà eu lieu : au moment de la publication du portrait, son aventure venait seulement de commencer.

Cette prudence n’enlève rien à l’intérêt du défi. Elle permet au contraire de suivre l’aventure pour ce qu’elle est : un projet personnel de longue durée, dont le récit se construira au fur et à mesure des kilomètres.

Un itinéraire balisé, mais pas sans préparation

Le balisage du GR10 constitue un repère précieux, mais une traversée complète suppose de préparer chaque partie du parcours. La montagne impose de tenir compte de la météo, des fermetures éventuelles, de la disponibilité des hébergements et des possibilités de ravitaillement. Ces données varient selon les secteurs et les saisons.

Pour un lecteur qui envisage une randonnée sur une portion du GR10, la bonne approche consiste à vérifier les informations auprès des organismes locaux, à consulter les cartes à jour et à adapter l’itinéraire à son niveau. Les offices de tourisme et les acteurs de la randonnée peuvent apporter des indications précieuses sur les conditions du moment. Les recommandations générales ne permettent pas de prévoir la situation exacte d’un passage plusieurs semaines à l’avance.

Le projet d’Even Moreau ne doit pas être présenté comme un mode d’emploi universel. Son âge, son expérience et ses choix ne constituent pas une garantie pour d’autres marcheurs. Chaque traversée se prépare selon sa condition physique, sa connaissance de la montagne, la saison et les ressources disponibles.

Repère pratique : le GR10 relie Hendaye à Banyuls-sur-Mer sur le versant français des Pyrénées, avec un balisage blanc et rouge. Avant de partir sur une portion, vérifiez la météo, l’état des sentiers, les accès, les possibilités de ravitaillement et les informations de l’office de tourisme local.

Un défi personnel plutôt qu’une promesse de performance

Even Moreau dit vivre à l’adrénaline et montre une forte impatience au départ. Cette énergie accompagne une démarche qui reste personnelle. Elle ne permet pas de connaître à l’avance le rythme retenu, les pauses nécessaires ou la date effective d’arrivée. Le plus intéressant sera de voir comment le jeune Tarnais vivra la durée, les changements de paysages et la répétition des efforts.

Le GR10 attire parce qu’il associe une destination claire et une succession de paysages. Son tracé permet de passer d’un univers maritime à un environnement de haute montagne, puis de retrouver l’influence méditerranéenne. Cette évolution se ressent autant dans le relief que dans les villages, la végétation et les usages du territoire.

Dans un autre registre, les longues distances peuvent aussi se découvrir sur des terrains moins montagneux, comme le montre ce parcours de 1 300 kilomètres le long de la Loire. Chaque itinéraire a ses contraintes, mais tous rappellent qu’une randonnée au long cours se construit dans la durée, étape après étape.

Le début d’une aventure à suivre

Au 24 août 2026, Even Moreau venait donc d’entamer une traversée annoncée sur environ 900 kilomètres et 50 jours. Le départ d’Hendaye était acquis, tout comme l’objectif de Banyuls-sur-Mer. Le reste appartenait encore au chemin et aux conditions rencontrées en route.

Son histoire rappelle qu’un grand projet peut commencer par une relation ancienne avec un paysage. Les premières randonnées avec ses grands-parents, reprises à l’adolescence puis régulières au fil des années, ont progressivement conduit à cette tentative. La montagne n’est pas seulement le cadre du défi : elle en est l’origine.

La suite devra être racontée avec les informations disponibles, sans imaginer le résultat avant l’heure. Qu’il s’agisse du rythme, des rencontres ou des difficultés, chaque élément prendra sa place au fil de la traversée. Pour l’instant, une certitude suffit : Even Moreau a quitté l’Atlantique et s’est engagé sur l’un des grands chemins des Pyrénées.

Sources

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