L’Europe regorge de parcs nationaux magnifiques, mais certains restent étonnamment à l’écart des grandes migrations de randonneurs. Si vous préparez un voyage rando sur le continent, les Highlands écossais ne sont pas le seul horizon possible : voici sept espaces protégés où les sentiers gardent encore un vrai goût de wilderness.
Pourquoi ces parcs sortent du lot ?
On a tendance à cocher toujours les mêmes cases : Dolomites en été, Pyrénées en août, Cinque Terre… jusqu’à la saturation.
Pourtant, Euronews a recensé une sélection de parcs nationaux européens qui combinent biodiversité remarquable, réseaux de sentiers développés et fréquentation encore raisonnable. Le critère principal : des espaces où la nature n’a pas encore cédé sous la pression touristique. Ce n’est pas un classement de popularité, c’est presque l’inverse.
Avant de chausser les chaussures, gardez en tête ce que nous rappelions dans notre article sur les dégâts invisibles des petits raccourcis hors sentier : dans ces zones sensibles, rester sur les tracés balisés n’est pas une contrainte administrative, c’est ce qui permet à ces parcs de rester beaux.
Les 7 parcs nationaux européens encore préservés
1. Parc national de Bialowieza (Pologne / Biélorussie)
Dernière forêt primaire des plaines européennes, Bialowieza est un cas à part. On y circule obligatoirement avec un guide agréé sur les zones strictement protégées, ce qui régule naturellement l’affluence. La faune y est exceptionnelle, avec notamment les derniers bisons européens en liberté. Un terrain de jeu pour les amateurs de randonnée forestière lente, où chaque kilomètre se mérite.
2. Parc national de Triglav (Slovénie)
Le seul parc national de Slovénie couvre une grande partie des Alpes juliennes. Le mont Triglav culmine à 2 864 m et reste un symbole national fort. Les sentiers y sont bien balisés, les refuges nombreux, et la fréquentation reste très inférieure à celle des Alpes françaises ou suisses voisines pour des paysages comparables. Idéal en juillet-août, avec un D+ conséquent sur les itinéraires sommitaux.
3. Parc national de Sarek (Suède)
Considéré comme l’un des derniers vrais espaces sauvages d’Europe, Sarek, en Laponie suédoise, n’a ni routes ni refuges gardés ni balisage au sens classique. On parle d’environ 2 000 km² de toundra, de glaciers et de vallées traversées par des rivières difficiles à guéer. Réservé aux randonneurs autonomes et expérimentés, avec un itinéraire type de 7 à 10 jours en trek multi-jours. La saison se limite à juillet-septembre.
4. Parc national de Paklenica (Croatie)
Moins connu que les îles dalmates, Paklenica se trouve au pied du massif du Velebit, au nord de la côte adriatique. Deux gorges spectaculaires, Velika Paklenica et Mala Paklenica, constituent les axes de randonnée principaux. Le réseau de sentiers couvre plus de 150 km, avec des dénivelés raisonnables pour une grande partie des itinéraires. Printemps et automne sont les meilleures saisons, l’été pouvant être chaud.
5. Parc national de Garajonay (Espagne, La Gomera)
Sur l’île de La Gomera, aux Canaries, Garajonay protège une forêt de laurisylve, vestige d’une végétation qui couvrait le pourtour méditerranéen il y a des millions d’années. Les sentiers serpentent sous une canopée permanente de brume et de mousse. L’ambiance est radicalement différente des autres parcs de cette liste : pas de sommets glacés, mais une profondeur végétale et une humidité qui donnent l’impression de randonner dans un autre temps.
6. Parc national de Peneda-Gerês (Portugal)
Seul parc national du Portugal, Peneda-Gerês jouxte la Galice espagnole au nord-ouest du pays. Les sentiers traversent des villages en granit, des forêts de chênes et des zones humides. C’est un territoire qui se parcourt sur plusieurs jours, avec des étapes entre villages ou en bivouac. La fréquentation reste modérée comparée aux grands classiques ibériques, et les prix des hébergements locaux suivent la même logique.
7. Parc national du Mercantour (France)
Le Mercantour ferme cette sélection, et il mérite clairement sa place parmi les espaces encore préservés. À cheval sur les Alpes-Maritimes et les Alpes-de-Haute-Provence, il offre des vallées comme celle des Merveilles avec ses gravures rupestres, des cols à plus de 2 500 m et une faune alpine dense (loups, chamois, bouquetins). Moins fréquenté que le massif du Mont-Blanc, mieux desservi que Sarek : un bon compromis pour une première grande rando itinérante.
Comment choisir selon votre niveau ?
Ces sept parcs ne s’adressent pas au même profil de randonneur. Sarek est clairement réservé aux autonomes aguerris, habitués au bivouac et à la navigation sans balisage. Paklenica ou Peneda-Gerês sont en revanche accessibles dès un niveau intermédiaire, avec des itinéraires à la journée bien documentés. Triglav et le Mercantour se situent entre les deux : des sentiers marqués, des refuges, mais des dénivelés qui demandent une vraie condition physique.
La logistique de départ mérite aussi réflexion : certains de ces parcs sont mal desservis par les transports en commun, et le covoiturage ou la location de voiture s’imposent souvent. Prévoir un hébergement à proximité du point de départ la veille permet d’attaquer tôt le matin, quand les sentiers sont encore frais et déserts.

