Ces gorges de 300 m offrent une randonnée spectaculaire dans les gorges en Autriche

LIECHTENSTEINKLAMM

À une heure et demie de Salzbourg, une fente de 300 m de profondeur s’enfonce dans la roche. Au fond, un torrent d’un vert irréel. Au milieu, un escalier en colimaçon vertigineux taillé dans la falaise après un éboulement. La Liechtensteinklamm a tout pour cocher la case « spectaculaire », à condition de venir tôt.

Une faille de 300 mètres taillée par un torrent émeraude

Exploring Liechtensteinklamm 🇦🇹 | Austria’s Most Powerful Gorge (4K Nature Documentary)

La Liechtensteinklamm est l’une des gorges les plus longues et les plus profondes des Alpes. Quatre kilomètres au total, dont environ un kilomètre rendu accessible aux randonneurs par un sentier sécurisé qui se faufile entre les parois.

Les murs s’élèvent jusqu’à 300 mètres au-dessus du lit de la Großarler Ache, dont l’eau prend cette teinte émeraude qu’on associe d’habitude aux lacs alpins de haute altitude.

Le décor coche toutes les cases du paysage de gorge : roche moussue, lumière qui descend en faisceaux obliques, vapeur d’eau qui parfois crée un arc-en-ciel près de la grande cascade. Le bruit du torrent couvre la conversation des autres visiteurs, ce qui ajoute paradoxalement au sentiment d’isolement.

L’« Hélice » : un escalier vertige construit après l’éboulement de 2020

C’est le point d’orgue de la visite et la photo qui circule sur les réseaux sociaux depuis 2021. L’Hélice est un escalier en colimaçon de 30 mètres de hauteur, en acier Corten, suspendu au-dessus du vide. L’acier Corten, ce métal qui se patine en orange-brun avec le temps, contraste avec la mousse verte des parois. L’effet visuel est saisissant.

L’ouvrage n’a rien de cosmétique. Il a été construit dans le cadre de travaux de réhabilitation après un éboulement majeur survenu en 2020, qui avait endommagé une portion du sentier historique. Les ingénieurs ont préféré un escalier suspendu en colimaçon plutôt qu’un sentier reconstruit le long de la paroi. Résultat : une descente impressionnante au fond de la gorge, avec une vue plongeante sur la rivière. Si vous craignez le vide, prévenez-vous : la structure est ajourée et on voit le sol défiler sous ses pieds.

Le conseil qui sauve la journée :

Venez le plus tôt possible le matin, dès 9 h à l’ouverture. En haute saison, les files d’attente à la caisse s’allongent et le parking se remplit avant 11 h. L’escalier en colimaçon, lui, finit par ressembler à un embouteillage de selfies en plein milieu de journée.

Le topo : 2,9 km, 265 m de dénivelé, 1 h 30 de marche

Sur le papier, c’est une balade modérée. La distance aller-retour fait 2,9 km, le dénivelé positif tourne autour de 265 m, et les randonneurs habituels bouclent la boucle en une heure et demie. Comptez deux heures avec les arrêts photos et un rythme tranquille.

Le sentier alterne plusieurs surfaces : gravier sur près d’un tiers du parcours, passerelles aménagées, marches métalliques sur les sections aériennes, tunnels percés à l’explosif dans la roche pour sécuriser le passage. La seule vraie montée se trouve au début, sur des escaliers métalliques, avant d’arriver à l’Hélice. Les retours d’expérience indiquent que la rando passe avec des enfants dès 3 ans, à condition d’être à l’aise avec le vide et les passerelles. Les chiens sont tolérés mais le terrain est exigeant pour eux : passerelles ajourées, escaliers en grille métallique, ça les freine.

Le point de retour est la plateforme d’observation au pied de la grande cascade, qui chute d’environ 49 mètres. On revient par le même itinéraire.

Pourquoi elle porte le nom d’une famille princière du Liechtenstein ?

La gorge ne s’appelle pas Liechtensteinklamm pour des raisons de géologie ou de lumière dans la pierre, contrairement à ce que la traduction littérale « gorge de la pierre claire » pourrait laisser croire. Beaucoup de visiteurs cherchent d’ailleurs « Lichtensteinklamm » sur les cartes : ce n’est pas le bon nom.

L’histoire vraie remonte à 1875. Les membres du Club Alpin du Pongau entreprennent de construire le premier sentier dans la gorge, alors connue sous le nom de Großarler Klamm. Faute de moyens pour terminer les travaux, ils sollicitent le prince Johann II de Liechtenstein, qui possédait un domaine de chasse dans la vallée de Grossarl, juste au-dessus. Le prince finance la fin du chantier. La gorge ouvre l’année suivante, en 1876, sous le nom de son mécène. Le toponyme a tenu un siècle et demi.

Infos pratiques : prix, horaires, accès

L’entrée est payante : 14 € pour les adultes, 8 € pour les enfants. La SalzburgerLand Card donne accès gratuit, ce qui peut être intéressant si vous enchaînez plusieurs sites de la région. La gorge est ouverte de mai à fin septembre tous les jours de 9 h à 18 h (dernière entrée à 18 h), et en octobre de 9 h à 16 h. Fermeture totale le reste de l’année, pour des raisons de sécurité liées au gel et aux chutes de pierres.

Côté accès, la gorge se trouve à Sankt Johann im Pongau, dans le Land de Salzbourg. Adresse exacte : Liechtensteinklammstraße 123, 5600 St. Johann im Pongau. En voiture, on rejoint le site par l’autoroute A10 puis la route B311. En transport en commun, le bus urbain de St. Johann dessert le quartier de Plankenau, d’où il reste 30 minutes de marche jusqu’à l’entrée. Cinq parkings sont disponibles près du site, avec un panneau d’affichage qui indique les places restantes. Le P1, le plus proche de l’entrée, se remplit en premier.

Si vous voulez sortir des sentiers les plus fréquentés

La Liechtensteinklamm est la plus visitée des gorges autrichiennes, mais le Salzburg en compte plusieurs autres qui valent largement le détour, souvent avec moins de monde. Trois alternatives à garder en tête : la Kitzlochklamm, plus sauvage et moins aménagée ; la Sigmund-Thun-Klamm près de Kaprun, plus courte mais photogénique ; la Lammerklamm dans la vallée de la Lammer, réputée pour ses formations rocheuses sculptées par l’eau. Aucune n’a l’escalier corten, mais toutes ont leur caractère.

Pour la Liechtensteinklamm seule, l’effort en vaut la peine, à un prix raisonnable et avec un parcours bien sécurisé. À condition, vraiment, d’éviter les heures de pointe.

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