Ce cirque isolé de La Réunion cache 140 km de sentiers à couper le souffle

cirque mafate

Pas de route, pas de voiture, pas de voisin bruyant : le cirque de Mafate, à La Réunion, ne s’atteint qu’à la force des jambes. Avec ses 140 kilomètres de sentiers balisés et ses îlets perchés dans un amphithéâtre de basalte, c’est l’un des rares endroits au monde où l’isolement n’est pas une contrainte mais une promesse. Si vous cherchez une destination qui fait vraiment décrocher, comme les meilleures destinations mondiales pour la rando que l’on évoquait récemment, Mafate mérite largement d’être dans la conversation.

Un cirque volcanique né de l’effondrement du Piton des Neiges

Le cirque de Mafate s’est formé il y a des millénaires, quand le flanc nord-ouest du Piton des Neiges, point culminant de l’océan Indien à 3 070 mètres, s’est effondré sous son propre poids. Le résultat est saisissant : un immense amphithéâtre naturel ceint de remparts qui tombent à pic, parfois plusieurs centaines de mètres d’un seul coup. Les rivières ont creusé des ravines profondes, les nuages s’accrochent aux crêtes en permanence, et la végétation change de visage à chaque virage de sentier, des forêts de tamarins aux zones plus arides balayées par le vent.

Ce qui rend Mafate unique en France, et même à l’échelle mondiale, c’est son accessibilité : zéro route goudronnée n’y pénètre. Pour entrer dans le cirque, il faut passer par les brèches, ces cols escarpés qui s’ouvrent dans les remparts. Les principales entrées sont le col des Bœufs, depuis le cirque de Salazie, et la brèche de Roche Plate depuis le Maïdo. Comptez en général plusieurs heures de marche juste pour franchir le seuil.

140 km de sentiers et des îlets qui racontent l’histoire du marronnage

L’histoire de Mafate est indissociable de celle du marronnage. Aux XVIIIe et XIXe siècles, des esclaves en fuite depuis les plantations côtières se réfugiaient dans ce dédale de ravines pour vivre libres, loin des colons. Les « marrons » ont bâti de petits villages d’altitude, les îlets, dont certains sont encore habités aujourd’hui. La Nouvelle, Roche Plate, Aurère, Ilet-à-Malheur : ces hameaux sans voiture ni supermarché gardent quelque chose d’une vie à part, rythmée par les saisons et les ravitaillements par hélicoptère.

C’est dans ce décor que s’étirent plus de 140 kilomètres de sentiers balisés, à parcourir sur plusieurs jours si l’on veut en faire le tour complet. Le GRR2 (Grande Randonnée de La Réunion) traverse le cirque et relie les différents îlets entre eux. Les niveaux de difficulté varient énormément : certains tronçons sont accessibles aux marcheurs bien chaussés avec une condition physique correcte, d’autres exigent une vraie expérience des sentiers techniques avec des dénivelés sérieux (souvent plus de 1 000 mètres de D+ par étape).

Repères pratiques : prévoir 3 à 5 jours pour un tour complet du cirque. Hébergement en gîtes d’étape dans les îlets (réservation obligatoire, places limitées). Pas de commerce en dehors des gîtes, emporter de quoi compléter les repas. Eau disponible dans les îlets mais traitement recommandé sur les sentiers. Balisage jaune du PR et balisage blanc-rouge du GRR2.

Quand y aller et comment préparer son entrée dans le cirque

La saison idéale pour randonner à Mafate s’étend d’avril à novembre, pendant l’hiver austral. L’été réunionnais (décembre à mars) correspond à la saison cyclonique : les pluies peuvent être violentes, les sentiers glissants et les ravines sujettes aux crues soudaines. En hiver austral, le ciel est plus clément, les températures agréables en altitude (entre 15 et 22 °C en journée), et les remparts se découpent avec une netteté saisissante.

Pour un premier séjour, l’entrée par le col des Bœufs depuis le village de La Plaine-des-Palmistes reste la plus fréquentée. Comptez environ 1h30 à 2h de descente pour rejoindre La Nouvelle, le village le plus accessible et le mieux équipé du cirque. C’est aussi un bon camp de base pour rayonner vers Aurère ou Roche Plate. Si vous n’avez jamais randonné dans une configuration aussi isolée, il vaut mieux partir avec un guide local qui connaît les conditions en temps réel, surtout si la météo est incertaine.

Côté préparation physique, les randonneurs qui enchaînent régulièrement des sorties avec du dénivelé, comme ceux qui s’entraînent sur des circuits exigeants en France, seront dans leur élément. Pour les autres, quelques mois de sorties régulières avec des D+ croissants permettent d’arriver dans de bonnes conditions.

Notez ce post
Quitter la version mobile