Tenter le tour du Mont-Blanc, relier Munich à Venise à pied ou marcher jusqu’à Compostelle : l’Europe regorge de sentiers qui changent une vie. Voici 11 itinéraires, des Alpes aux fjords suédois, pour planifier votre prochaine grande aventure. Et avant de partir, pensez à consulter notre article sur la protection contre les tiques en rando, indispensable sur beaucoup de ces tracés.
Pourquoi l’Europe est un terrain de jeu rêvé pour les randonneurs
Les montagnes couvrent plus de 35 % du territoire de l’Union européenne et concernent 21 États membres. Ce chiffre à lui seul dit quelque chose : à quelques heures de train de chez vous, il existe des sentiers balisés qui traversent des vallées glaciaires, des landes nordiques, des garrigues méditérrannéennes ou des crêtes dolomitiques. La randonnée reste l’un des rares modes d’exploration qui permet de traverser ces espaces en y laissant le moins de traces possible. Voici les 11 itinéraires sélectionnés, du plus connu au plus confidentiel.
Les 11 itinéraires mythiques, un par un
1. Le GR TMB, le tour du Mont-Blanc (France, Italie, Suisse)
C’est le roi des treks alpins. Le massif culmine à 4 806 mètres, mais nul besoin d’être alpiniste pour en faire le tour complet : 215 kilomètres sur trois pays, souvent bouclés en 10 jours. La condition physique doit être solide, mais les familles peuvent n’en parcourir qu’une partie. Le val Ferret côté italien, les alpages savoyards, les glaciers vus depuis les cols suisses : chaque journée offre une lumière différente sur le même géant. La faune est généreuse (marmottes, bouquetins, tétras lyre) et la flore remarquable (gentiane des Alpes, sabot de Vénus, narcisse). Auberges, gîtes et refuges jalonnent le tracé, mais la réservation très en avance est impérative tant le sentier est fréquenté. Saison conseillée : juin à septembre.
2. De Munich à Venise (Allemagne, Autriche, Italie)
Relier deux des plus belles villes d’Europe à pied en 14 jours, c’est le programme de ce trek transalpin. Quelques tronçons se font en bus ou en train, mais l’essentiel se parcourt sur des sentiers de refuge en refuge. Les journées varient de 3 à 7 heures de marche selon les étapes. Le parcours traverse les châteaux de Bavière (dont le célèbre Neuschwanstein), les gorges de Partnach avec leurs ponts suspendus et leurs cascades, le Tyrol autrichien, puis les Dolomites italiennes avant de descendre vers la lagune. Une diversité de paysages difficile à égaler.
3. La Haute Route des Perdus (Espagne, France)
Ce sentier transfrontalier traverse les Pyrénées entre l’Espagne et la France en empruntant des cols et des vallées souvent méconnus des grands circuits. L’itinéraire porte bien son nom : on s’y sent seul au monde, dans un décor de cirques glaciaires et de lacs d’altitude. C’est une rando pour marcheurs expérimentés, capables de lire une carte et de s’orienter sur des terrains peu balisés.
4. Porto – Saint-Jacques-de-Compostelle (Portugal, Espagne)
Le Camino Português est l’une des variantes les plus accessibles et les plus belles du pèlerinage jacquaire. Au départ de Porto, il remonte vers Santiago de Compostela en longeant parfois l’Atlantique. Les paysages varient entre vignobles du Douro, bocage galicien et côtes battues par l’océan. Environ 280 kilomètres pour une dizaine de jours de marche. L’accueil dans les albergues est chaleureux et les rencontres font partie du voyage.
5. Le GR 20 en Corse (France)
Réputé comme l’un des sentiers de grande randonnée les plus exigeants d’Europe, le GR 20 traverse la Corse du nord (Calenzana) au sud (Conca) sur environ 180 kilomètres et 16 étapes. Le dénivelé cumulé est impressionnant, les passages rocheux nombreux, et certaines étapes nécessitent l’utilisation des mains. Mais les paysages de haute montagne corse, les bergeries, les lacs glaciaires et l’odeur du maquis justifient largement l’effort. A noter : une partie du tracé peut être affectée par des fermetures en cas d’incendie, comme nous le rappelions dans notre article sur les fermetures de sentiers liées aux incendies.
6. Tre Cime di Lavaredo (Italie)
Les trois pics dolomitiques des Tre Cime sont parmi les silhouettes les plus photographiées des Alpes. La boucle classique autour des trois aiguilles se fait à la journée (environ 10 kilomètres, 500 mètres de D+) depuis le refuge Auronzo, accessible en voiture. Accessible à des randonneurs réguliers sans être technicien, cet itinéraire offre des vues à couper le souffle sur les parois verticales des Dolomites, classées au Patrimoine mondial de l’UNESCO.
7. West Highland Way (Écosse)
Ce long chemin écossais relie Milngavie, au nord de Glasgow, à Fort William au pied du Ben Nevis, sur 154 kilomètres. Six à huit jours de marche à travers les Highlands : lochs, landes de bruyère, tourbières, vallées glaciaires. Le sentier est bien balisé et des hébergements réguliers permettent de ne pas porter de tente. L’Écosse n’est jamais aussi belle que sous une éclaircie entre deux averses.
8. Laugavegur (Islande)
Ce trek de 55 kilomètres dans les hautes terres islandaises, entre Landmannalaugar et Þórsmörk, se parcourt en 4 à 5 jours. Le paysage est lunaire : rhyolites multicolores, champs de lave, sources chaudes, glaciers. Les refuges sur le tracé permettent de se loger sans tente, mais la réservation est obligatoire bien en avance. Saison très courte : juillet-août. Le temps peut changer en quelques minutes, l’équipement imperméable est non négociable.
9. Le Kungsleden (Suède)
Le « chemin des rois » traverse la Laponie suédoise sur 440 kilomètres entre Abisko et Hemavan. On peut le parcourir en entier ou par sections. Les paysages de toundra, de fjälls (hauts plateaux arctiques) et de forêts de bouleaux sont d’une sérénité rare. En été, le soleil ne se couche pas : on marche à toute heure. Les cabanes de la STF (organisation suédoise de randonnée) permettent d’être hébergé tous les 10 à 20 kilomètres.
10. L’E1 : Grövelsjön – Svukuriset – Grövelsjön (Suède, Norvège)
L’E1 est l’un des Grands Itinéraires de randonnée européens. Ce tronçon entre la Suède et la Norvège longe la chaîne scandinave dans des zones très peu fréquentées. Pour les amateurs de solitude totale et de nature nordique vierge, c’est un circuit à part. La boucle revient à son point de départ à Grövelsjön, ce qui en fait une option logistique intéressante.
11. L’E3 : la traversée des Tatras (Slovaquie, Pologne)
Les Tatras forment la seule véritable chaîne de haute montagne des Carpates. Ce tronçon de l’E3 passe de Slovaquie en Pologne (ou l’inverse) à travers des crêtes dépassant les 2 000 mètres. Les paysages sont escarpés, la faune riche (lynx, chamois des Tatras, ours brun) et la fréquentation bien moindre que dans les Alpes. Pour les randonneurs en quête d’un horizon encore peu exploré par les touristes d’Europe de l’Ouest.
Quelques repères pratiques pour bien préparer ces treks
La majorité de ces itinéraires se pratique entre juin et septembre, avec des nuances selon la latitude : en Islande et en Laponie, la fenêtre se resserre à juillet-août. Pour les treks en refuges (TMB, GR 20, Laugavegur), les réservations doivent se faire plusieurs mois à l’avance. Emporter une carte IGN ou son équivalent local reste utile même avec un smartphone chargé de cartes offline. Et quelle que soit la destination, la gestion des tiques mérite une attention particulière dès que l’on marche en forêt ou en végétation haute.
Conseil pratique : Pour les grandes traversées en refuges (TMB, GR 20, Laugavegur), réservez vos nuits au minimum 3 à 6 mois à l’avance. Ces sentiers mythiques sont très fréquentés en haute saison et les places s’arrachent dès l’ouverture des réservations.
