Randonneurs vs traileurs : une étude révèle qui est vraiment le mieux préparé en montagne

randonneur un peu beauf

87 % des randonneurs se croient bien préparés. Seuls 15 % le sont vraiment. C’est le constat brutal d’une étude publiée en mars 2026 dans Wilderness & Environmental Medicine, après 1 714 interviews au bord des sentiers du Rocky Mountain National Park.

Comme on le soulignait dans notre article sur ce qui arrive au corps quand on arrête de marcher, les habitudes qu’on ne questionne jamais sont souvent celles qui posent problème.

Une étude née d’un angle mort : les traileurs

John Lambert, l’auteur principal, a démarré ce travail après un échange avec des rangers du Rocky Mountain National Park. Leur constat : ils manquaient cruellement de données sur les coureurs de trail.

Que savent-ils du terrain ? Que portent-ils ? Comment réagissent-ils face à l’imprévu ?

Lambert a donc passé deux à quatre jours par semaine tout l’été 2024 à interroger les pratiquants à la sortie des sentiers.

Résultat : 712 groupes de randonneurs et 89 groupes de traileurs. Un déséquilibre assumé, qui reflète la réalité du terrain, et que Lambert lui-même reconnaît comme une limite de l’étude.

Ce qu’il cherchait à mesurer : la préparation réelle, définie comme avoir une hydratation suffisante, emporter les 10 essentiels de la randonnée, savoir s’orienter avec une carte physique ou numérique, et être capable de donner l’alerte ou d’assurer un premier secours.

Randonneurs vs traileurs : qui est vraiment le moins préparé ?

Les deux groupes se croient prêts, presque à égalité : 87,7 % des randonneurs et 88,2 % des traileurs s’estiment « adéquatement préparés ». Mais quand on applique les critères objectifs de l’étude, l’écart avec la réalité est saisissant.

Seuls 15,7 % des randonneurs et 25 % des traileurs satisfont réellement aux conditions de préparation définies.

Les traileurs, plus jeunes, passent globalement plus de jours par an sur les sentiers, mais partent plus souvent seuls et en petits groupes. Ils déclarent aussi davantage de blessures et de « quasi-accidents ». Plus d’un quart d’entre eux avoue s’écarter significativement des sentiers balisés, parfois pour couper les lacets, parfois pour explorer les zones alpines hors piste. S’y blesser, c’est prendre le risque de n’être trouvé par personne.

Les randonneurs, eux, passent plus souvent plusieurs jours consécutifs en montagne, restent sur les itinéraires balisés et sortent plus rarement seuls. Ce profil plus classique ne les met pourtant pas à l’abri d’une mauvaise préparation.

Ce que chaque groupe emporte, dans le détail

L’étude détaille point par point ce que les deux groupes portaient effectivement dans leur sac. Quelques tendances claires se dégagent.

Les randonneurs sont mieux équipés côté trousse de premiers secours, outils de navigation (carte, boussole) et survie de base : allume-feu, abri de secours, couverture de survie. Ce sont des fondamentaux que beaucoup de marcheurs chevronnés ont intégrés au fil des sorties.

Les traileurs, eux, ont une longueur d’avance sur les dispositifs GPS et les balises SOS. Ils gèrent aussi mieux les changements météo rapides, avec des couches supplémentaires adaptées à l’effort et aux conditions variables de haute montagne.

Point commun aux deux groupes : presque tous portaient un téléphone. Ce qui, pris seul, ne suffit pas. Le réseau est absent sur une grande partie des secteurs sauvages, et un smartphone à plat ou coincé sous la pluie ne remplace ni une carte IGN, ni un sifflet, ni une couverture de survie.

Les couches supplémentaires sont l’un des rares points où randonneurs et traileurs s’en sortent bien. C’est aussi l’un des éléments les plus faciles à glisser dans un sac. Pour le reste, la marge de progression est grande dans les deux camps.

Ce que ça change pour votre prochaine sortie

Lambert insiste sur deux réflexes simples qui réduisent drastiquement le risque. Premier point : prévenir quelqu’un. Environ un quart des randonneurs interrogés n’avaient indiqué leur itinéraire à personne avant de partir. Dire à un proche où vous allez, par quel chemin, et à quelle heure vous devriez rentrer, c’est gratuit et ça peut sauver des heures au moment d’un déclenchement de secours.

Deuxième point : revoir honnêtement ce que vous mettez dans votre sac. Pas pour alourdir inutilement votre charge, mais pour vérifier que vous cochez réellement les bases. Une trousse de premiers secours légère, une carte du secteur (même téléchargée hors ligne sur votre application), et de quoi signaler votre position si vous n’avez plus de réseau. Sur ce dernier point, notre article sur le réflexe à avoir sur votre iPhone avant de partir donne des pistes concrètes et rapides à mettre en place.

L’étude ne vise pas à culpabiliser, mais à corriger un biais très humain : on surestime ce qu’on sait faire, et on sous-estime ce que la montagne peut réserver. La bonne nouvelle, c’est que les ajustements à faire ne demandent ni matériel onéreux, ni formation longue. Juste un peu d’honnêteté sur ce qu’on porte vraiment.

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